mais chut !
À quelques jours d’intervalle, deux publications scientifiques ont une fois de plus mis à mal le narratif catastrophiste sur la planète. Deux nouveaux signaux faibles d’un retour à une science plus humble et moins militante.
Par Benoît Rittaud
Groenland, Amazonie. À eux-seuls, ces noms incarnent une bonne partie de cette mythologie de la disparition qui a envahi les discours sur notre planète. Pour le premier : la glace groenlandaise fond, accélérant aussi bien la montée des eaux que les perturbations dans les courants océaniques. Pour la seconde : l’Amazonie, « poumon de la planète », cède irrémédiablement du terrain devant l’exploitation intensive d’humains aussi court-termistes que peu scrupuleux.
Ces deux récits ont été habillés de science depuis que la fin du monde écologique imminente a été observée dans la boule de cristal de notre air du temps postmoderne. Heureusement la science, la vraie, n’a pas dit son dernier mot. La revue scientifique Nature nous apprend ainsi qu’il y a des raisons de penser que l’Amazonie ne se porte pas si mal que ça, du moins si on se donne la peine de l’observer pour de bon plutôt que de se contenter de projeter nos fantasmes sur des modèles informatiques. Selon les auteurs, qui ont rassemblé des données sur les 30 dernières années, les arbres y sont à la fois plus nombreux et plus larges, signe d’une belle vitalité générale. C’est notamment au CO2 qu’il faut dire merci, le gaz réchauffeur de planète se trouvant être aussi, tiens, tiens, le nutriment essentiel des plantes. Tout impact négatif du changement climatique, assurent les auteurs, a donc pour l’instant été annulé par l’augmentation des ressources disponibles. Une fois de plus il va falloir différer l’apocalypse.
UNE PURE MYTHOLOGIE MORALISATRICE ET MAQUILLEE DE SCIENCE
Quant à la fonte du Groenland, on a appris le 12 septembre dernier, toujours dans Nature, qu’elle n’a pas tant d’effet que ça sur le niveau de la mer. Tout simplement parce que l’eau liquide qui résulte d’une fonte reste bien souvent prisonnière des glaces environnantes, et aussi qu’elle peut regeler dans la foulée. Forts de leurs observations, les auteurs de l’étude ne prennent pas de gants pour souligner les excès des modèles informatiques par rapport à la réalité. On parle quand même d’une surestimation de l’ordre de 67 % !
Aucune de ces deux annonces n’a bien sûr fait la une des grands médias. Certains en ont certes parlé, avec un embarras palpable. La palme de la « gênance » revient sans doute à Ouest France : dans son article sur le Groenland qui aurait pu être écrit par une IA, il multiplie les mots inquiétants dans les intertitres, noyant progressivement l’information centrale de l’étude scientifique jusqu’à conclure carrément le propos sur les risques de submersion qui nous guettent pour très bientôt…
Contentons-nous d’en rire. Malgré l’inertie persistante, les articles scientifiques sont de plus en plus nombreux à prendre leurs distances de façon plus ou moins subtile vis-à-vis de l’alarmisme climatique. Ce dernier apparaît de plus en plus pour ce qu’il est : une pure mythologie moralisatrice et maquillée de science, qui ne résistera sans doute plus très longtemps aux coups de boutoir du réel.