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société

  • Monnaie numérique: vers un monde sous contrôle

    On nous explique que la monnaie numérique est inévitable. Que le monde avance. Que le cash appartient au passé. Que tout devient plus simple quand tout devient digital. Plus rapide, plus propre, plus fluide. Un téléphone suffit. Une montre connectée suffit. Le billet devient archaïque. La pièce devient suspecte. Le liquide devient presque honteux.

    Mais derrière cette transition technologique se cache une mutation bien plus profonde qu’un simple changement de moyen de paiement. Ce qui est en train de disparaître, ce n’est pas seulement le cash. C’est l’anonymat économique.

    Aujourd’hui déjà, nous vivons dans une société saturée de données. Les caméras couvrent les centres-villes. Les plaques d’immatriculation sont scannées. Les smartphones tracent les déplacements. Les recherches internet sont archivées. Les réseaux sociaux profilent les comportements. La surveillance n’est plus une hypothèse. Elle est un fait.

    LA MONNAIE NUMERIQUE NE CREE PAS CETTE REALITE. ELLE L’ACHEVE.

    Un billet de 50 euros ne laisse pas d’empreinte numérique. Il passe de main en main sans serveur central, sans base de données, sans historique. Il ne dit rien sur vous. Il ne dit rien sur vos choix. Il ne permet aucun croisement algorithmique.

    Une monnaie numérique, elle, repose sur une infrastructure informatique. Chaque transaction implique un enregistrement. Même si l’on promet une confidentialité encadrée, même si l’on garantit une protection juridique, la trace existe. Et ce qui existe peut être exploité.

    On nous rassure. On parle d’"euro numérique". On parle d’innovation souveraine. On explique que la Banque centrale européenne travaille à un dispositif respectueux de la vie privée. Le discours officiel est mesuré. Il n’est pas ouvertement autoritaire. Il ne parle pas de contrôle. Il parle d’efficacité.

    Mais la question fondamentale n’est pas ce que les institutions promettent aujourd’hui. La question est ce que permet la technologie.

    REGARDONS LES FAITS RECENTS.

    Au Canada, en 2022, lors des manifestations des camionneurs contre les mesures sanitaires, le gouvernement a déclenché la Loi sur les mesures d’urgence. Résultat concret: gel de comptes bancaires. Des personnes ont vu leur accès à l’argent suspendu, parfois sans décision judiciaire individuelle. L’arme utilisée n’était pas militaire. Elle était financière. Couper l’accès aux fonds, c’est neutraliser une capacité d’action.

    Ce n’est pas un fantasme. C’est arrivé dans un pays occidental, démocratique, réputé stable.

    En Chine, le yuan numérique se déploie progressivement. Parallèlement, le système de crédit social classe les comportements. Officiellement, ces deux dispositifs ne sont pas fusionnés. Mais la logique technologique est claire: quand tout devient numérique, tout peut être interconnecté. Dépenses, déplacements, notation sociale. Le potentiel d’intégration existe.

    On peut balayer ces exemples en disant: " Ce n’est pas comparable ". Peut-être. Mais l’infrastructure, elle, est comparable. Une monnaie numérique centralisée offre un pouvoir d’observation inédit.

    ET PUIS IL Y A UNE NOTION PEU DISCUTEE PUBLIQUEMENT: LA MONNAIE PROGRAMMABLE.

    Une monnaie numérique peut, en théorie, être paramétrée. Elle peut comporter des restrictions. Une durée de validité. Une limitation à certains types de produits. Une interdiction géographique. Une allocation conditionnelle.

    On imagine facilement une aide sociale utilisable uniquement pour certains biens jugés “essentiels”. On imagine une prime écologique valable uniquement pour des achats labellisés. On imagine, dans un contexte de crise énergétique, des plafonds de consommation intégrés directement dans la monnaie.

    Techniquement, ce n’est pas impossible. Techniquement, c’est même relativement simple.

    La question n’est pas de savoir si ces mécanismes seront utilisés demain. La question est de comprendre qu’ils deviennent possibles.

    ET L’HISTOIRE MONTRE QUE LORSQU’UN OUTIL PUISSANT EXISTE, IL FINIT PAR ETRE EMPLOYE.

    Les défenseurs de la monnaie numérique avancent des arguments sérieux. Réduction des coûts de transaction. Inclusion financière. Lutte contre le blanchiment. Modernisation du système monétaire. Ces arguments ne sont pas absurdes. Ils sont rationnels.

    Mais ils reposent sur une vision: celle d’une société où la transparence totale est considérée comme un bien supérieur à l’anonymat.

    OR, L’ANONYMAT N’EST PAS UNE ANOMALIE. IL EST UNE PROTECTION.

    Pouvoir payer sans être tracé n’est pas un privilège de fraudeur. C’est une garantie pour le citoyen ordinaire. C’est la possibilité d’acheter un livre, de faire un don, de soutenir une cause, sans que ces actes soient archivés dans une base de données.

    Certains diront: "Si vous n’avez rien à vous reprocher, pourquoi craindre la traçabilité?". C’est un argument classique. Il inverse la charge. Il suppose que la surveillance est normale, et que la vie privée doit se justifier.

    CE RAISONNEMENT EST DANGEREUX.

     

    La liberté ne consiste pas à agir uniquement dans les limites de ce qui est observé et validé. Elle consiste à pouvoir agir sans demander l’autorisation implicite d’un système.

    Un monde sans cash n’est pas seulement un monde plus moderne. C’est un monde où chaque transaction devient un point de données. Où l’économie quotidienne se transforme en flux analysable. Où le comportement financier devient un indicateur parmi d’autres.

    On parle beaucoup de transition numérique. On parle peu de concentration du pouvoir.

    Une monnaie numérique émise par une banque centrale signifie que l’émetteur a une visibilité directe sur les flux. Même si l’accès aux données est juridiquement restreint, la centralisation technique existe. Et la centralisation crée toujours un déséquilibre.

    Dans un monde intégralement digital, l’exclusion financière peut devenir instantanée. Un simple blocage suffit. Une mise à jour logicielle suffit. Une décision administrative suffit.

    LE CASH, LUI, EST INSENSIBLE AUX MISES A JOUR.

    Il ne dépend pas d’un serveur. Il ne dépend pas d’une connexion. Il ne dépend pas d’un algorithme.

    On nous répète que le monde change. C’est vrai. Mais chaque progrès technique pose une question politique.

    Qui contrôle l’infrastructure?

    Qui définit les règles d’usage? Qui décide des exceptions?

    La monnaie numérique n’est pas en soi un instrument de tyrannie. Elle peut être conçue avec des garde-fous solides. Elle peut coexister avec le cash. Elle peut être limitée dans ses fonctions.

    MAIS LE PROBLEME EST LA: LA TENTATION SERA TOUJOURS D’ALLER PLUS LOIN.

    Plus d’efficacité. Plus de traçabilité. Plus de contrôle en temps réel. Plus de régulation automatisée.

    À chaque crise – sanitaire, climatique, sécuritaire – la pression pour utiliser pleinement les capacités techniques augmentera.

    Et un jour, la question ne sera plus: "Faut-il conserver le cash?".

    La question sera: "Pourquoi avez-vous besoin d’anonymat?".

    À ce moment-là, le débat sera déjà clos.

    CAR UNE FOIS QUE LE CASH AURA DISPARU, IL NE REVIENDRA PAS.

    Et avec lui aura disparu un espace discret mais fondamental de liberté.

    Un monde entièrement numérique n’est pas un monde dystopique par définition. Mais c’est un monde où la liberté dépend de paramètres informatiques.

    Et la liberté qui dépend d’un paramétrage n’est plus une liberté.

     

    Viguès Jérôme

  • Pour ceux qui croient au Père Noël:

    – En 1975, la France affichait le 5e niveau de vie au monde, derrière les États-Unis, la Suisse, le Luxembourg et la Suède. Aujourd’hui, elle se situe au 34e rang mondial, avec un niveau de vie inférieur de 7% à la moyenne européenne!

    – Chaque Français est dorénavant plus pauvre de 25% qu’un Danois ou de 15% qu’un Allemand. Et même de 0,5% plus pauvre qu’un Italien, alors que Duhamel ne semble pas avoir beaucoup d’estime pour Giorgia Meloni;

    – La pauvreté touche 10 millions de citoyens, avec 650 000 personnes supplémentaires qui basculent chaque année dans la précarité;

    – La dette des ménages atteint 60% du PIB;

    – La dette publique atteint 3 500 milliards;

    – Il convient d’y ajouter la part française des emprunts européens et de l’aide à l’Ukraine: 180 milliards;

    – Enfin ajoutons les 12.300 milliards d’engagements de retraite;

    – Total: 1.980 milliards d’endettement, soit 231.000 euros par citoyen, bébés compris. Ce qui donne une ardoise faramineuse de près d’un million d’euros de dettes pour une famille de quatre personnes. Mais la France ne va pas si mal!

    – Partout en Europe, la richesse par habitant a augmenté sauf en France. Face à la crise de 2008, la crise Covid, la mondialisation ou la guerre en Ukraine, c’est la France qui a le moins bien résisté;

    – C’est la dette publique qui finance le social, car la croissance stagne à 1% tandis que la France ne fait plus d’enfants et que le solde net des naissances est négatif;

    – La France ne fabrique plus que 36% des biens manufacturés qu’elle consomme;

    – Ses parts de marché ont fondu à 2% dans le monde et 12% dans la zone euro;

    – La productivité s’est effondrée de 6% depuis 2019;

    – Seulement 4 Français sur 10 travaillent de 22 ans à 62 ans;

    – Au classement Pisa, les élèves français se situent au 26e rang sur 32. La France a perdu 13 places depuis l’an 2000

    – Le budget 2026 va taxer la production de 44 milliards d’impôts supplémentaires;

    – Les intérêts de la dette atteindront 100 milliards en 2029, soit trois points de PIB alors que la croissance reste scotchée à 1%. La spirale de la dette s’accélère;

    – La classe moyenne se voit déclassée comme jamais et des légions de diplômés et de talents fuient vers des pays plus prometteurs. La France se tiers-mondise à grande vitesse;

    – Depuis sa création, l’impôt sur la fortune a privé la France de 150 milliards de capital productif, de 1% de croissance et de 20 milliards de recettes fiscales par an;

    – Incapables de résister à la concurrence et aux normes intenables de Bruxelles, industrie et agriculture sont menacées de disparition;

     

    – Et que dire de l’impact de l’immigration de masse de déshérités sur l’économie et l’insécurité?

     

    À part cela, la France ne va pas si mal!

    (source chiffres: chronique de Nicolas Baverez dans le Figaro)

  • Censure du net:

    comment l’Union européenne prévoit d’agir sur des contenus légaux dits "borderline" anti-élite et anti-immigration

    L’Union européenne, par l’intermédiaire de l’EU Internet Forum (EUIF), a mis en place un cadre de travail spécifique concernant les contenus dits "borderline" en ligne, dans le contexte de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Ces contenus sont définis comme légaux au regard de la législation antiterroriste, mais considérés comme potentiellement nuisibles ou susceptibles de contribuer à des processus de radicalisation.

    Selon les documents de l’EUIF, le "borderline content" inclut notamment des combinaisons de désinformation, de théories du complot et de discours de haine. Plusieurs catégories sont identifiées comme récurrentes dans l’Union européenne, parmi lesquelles des narratifs anti-migrants, xénophobes, antisémites, anti-musulmans, anti-système, pro-Kremlin en lien avec l’agression russe contre l’Ukraine, ainsi que des contenus liés à l’éco-extrémisme, à l’anti-LGBTIQ, à l’antiféminisme et à la misogynie.

    Le document souligne également le rôle des systèmes de recommandation algorithmique dans la diffusion de contenus terroristes, extrémistes violents et " borderline ". Ces systèmes peuvent amplifier involontairement ces contenus ou être exploités par des acteurs malveillants, notamment par l’utilisation de mots-clés alternatifs ou de faux abonnés, contribuant à leur visibilité et à des dynamiques de radicalisation.

    L’EUIF identifie plusieurs difficultés, dont l’absence de seuils communs et de définitions harmonisées, le caractère évolutif des contenus concernés et le manque de lignes directrices claires émanant des régulateurs. Pour y répondre, l’EUIF a produit des outils non contraignants, dont un Handbook on Borderline Content publié en 2023 et 2024, des études sur l’amplification algorithmique et des travaux menés en coopération avec des acteurs du secteur. Ces orientations s’inscrivent dans une logique de coopération volontaire et ne créent pas d’obligations légales.

     

  • N'importe quoi!

    La croix celtique soumise à l’interprétation des juges rouges

    En mai 2022, lors d’un match à Lorient, un supporter du Stade de Reims déploie un drapeau comportant une croix celtique, symbole qui n’est pas interdit par la loi française; il vient pourtant d’être condamné à 4000 euros d’amende, interdit de stade pendant dix-huit mois, et sommé de verser 2000 euros à SOS Racisme.

    Cette décision ne repose pas sur le droit mais sur une construction idéologique dangereuse: incapable d’interdire un symbole légal, la justice invente un délit d’intention en s’abritant derrière la notion floue de "contexte".

    C’est une rupture assumée avec le sacro-saint " État de droit ", puisque la loi n’est plus la même selon l’opinion supposée de celui qui s’exprime. Les juges ne sanctionnent plus des faits objectifs, ils interprètent politiquement des gestes pour leur faire dire ce qu’ils veulent y voir. Cette jurisprudence est redoutable parce qu’elle est extensible à l’infini et qu’elle permet de transformer toute expression légale en infraction potentielle. Aujourd’hui un drapeau dans un stade, demain une opinion sur un plateau, après-demain une simple pensée jugée déviante.

    Le football n’est ici qu’un prétexte: le véritable objectif est d’imposer une police idéologique et d’intimider ceux qui refusent de se soumettre au dogme dominant, pendant que des associations militantes prospèrent sur la judiciarisation du débat politique.

    Thomas Joly

  • Salade de fruits, jolie, jolie.... (chanson)

    Ces gratte-papier qui décident du prénom de vos gosses

    Appelez votre fille "Fraise" ou "Ananas" ces sympathiques prénoms seront refusés. Mais pas "Clafoutis" comme mademoiselle Courrèges, fille du célèbre couturier. Ni "Térébentine" sans le h déjà fumé, comme une des filles de l’ancienne ministre à la voix de crécelle Cécile Duflot. Accepté sans discuter.

    Azor et Zorro sont refusés mais pas Zora

    Certes, il y a des prénoms inacceptables. Des mabouls voulaient prénommer leur fille "Clitorine" ou "Vagina". D’autres trouvaient valorisant pour leur fils le joli nom de "Djihad" ou "Seif al islam", sabre de l’islam dont il n’est pas besoin de préciser l’usage. Le pire est que ces choix ne sont pas toujours ceux de mahométans fanatiques mais de koufars débiles parce que c’est tendance.

    Il n’existe aucune liste officielle des prénoms interdits en France. Le bon goût est abandonné à l’arbitraire des gratte-papiers. Je suppose que ce serait une tâche herculéenne s’il fallait ajouter aux prénoms judéo-chrétiens ridicules ceux copiés dans les séries américaines, empruntés à la mythologie gréco-bouddhiste, exhumés des batailles du passé ou fabriqués par les parents parce que ça sonne bien à leurs oreilles.

    Plus étonnant, il paraît qu’un enfant sur dix en France a un prénom qu’il est quasiment seul à porter. Cléophée, Améliane ou Eudoxie chez les filles. Élyx, Théozen ou Zadok pour les garçons.

    Jusque dans les années 1990, les employés de mairie pouvaient refuser d’inscrire un prénom régional, inhabituel voire insolite selon leurs critères perso. Ou l’accepter à la tête du déclarant s’il était plus ou moins copain avec le maire. Ou parfois en fonction de "la petite pièce" qu’on lui glissait sous le comptoir". Pour acheter des jouets à tes enfants ".

    L’article 57 du code civil mis à jour en août 2021 a réglementé ces pratiques mafieuses. Il dispose en ses alinéas 4 et 5: " Lorsqu’un prénoms seul ou associé aux autres prénoms ou au nom lui paraît contraires à l’intérêt de l’enfant (…) l’officier de l’état civil en avise sans délai le procureur de la République. Celui-ci peut saisir le juge aux affaires familiales.

    Si le juge estime que le prénom n’est pas conforme à l’intérêt de l’enfant (…) il en ordonne la suppression sur les registres de l’état civil. Il attribue à l’enfant un autre prénom qu’il détermine lui-même à défaut d’un nouveau choix par les parents, conforme aux intérêts de l’enfant".

    Mais personne ne dit sur quels critères le juge doit se baser pour décider d’un nouveau prénom. Quant à motiver sa décision dans l’intérêt de l’enfant, c’est vague… Vaut-il mieux l’appeler Rackham que Landru? Pimprenelle que Sauterelle? Je doute que le juge adopte la neutralité de l’Assistance Publique qui choisissait autrefois pour les enfants abandonnés le saint du jour de leur naissance ou de leur découverte, selon le calendrier chrétien.

    Tout le monde sait qu’en France, il y a la Loi et l’application arbitraire qu’en font des bureaucrates qui compensent la médiocrité intrinsèque de leur pauvre vie par le plaisir d’emmerder les administrés.

     

    Malgré une flopée de textes normatifs, il y a encore des petits fonctionnaires tout-puissants qui acceptent Léa Ricaud et Marc Cassin mais refusent d’inscrire les prénoms basques, bretons, corses, occitans ou tahitiens sous le prétexte "qu’ils ne sont pas français". C’est un abus de pouvoir manifeste!

    Mais vu la longueur et le coût d’une procédure, surtout contre l’État, les parents laissent tomber.

    Le résultat sera parfois un prénom d’usage reconnu par la pratique et qui peut figurer sous la formule consacrée: "Basile dit Ramuntcho". Pouvant traduire aussi un désaccord parental à l’origine sur le choix du prénom.

    Des ronds de cuir conciliants acceptent parfois que le prénom qui leur déplaît soit associé à un autre plus passe-partout, ou écrit de telle manière que l’orthographe et la prononciation s’accordent à leurs normes. Ainsi en Océanie, Atiriano devient Adrien, Mateia Mathieu, Hiro Henri, Raimanu Raymond(e), Heilani Hélène, Tehéiura Thérèse, et Mairenaa Maryse.

    Préférence étrangère et islamique

    Allergiques à toute forme d’exotisme, sauf de nature coranique, les petits fonctionnaires métropolitains ont toujours accepté sans moufter les prénoms islamiques avec l’empressement des lâches. Et l’application besogneuse de la préférence étrangère s’ils sont de gauche.

    A-t-on jamais entendu un employé de mairie dire à une bâchée: "Désolé madame, on va remplacer Mohammed par Maurice, changer Alim en Alain, Eddine en Édouard, Leïla en Lisa et Monina en Monique". La bâchée rigolerait bien en claquant le museau de ce chien d’infidèle: "Fais ce que tu veux, le juge me donnera raison! Pour moi, c’est gratuit!"

    Éric Zemmour a été condamné par un tribunal pour une tribune dans laquelle il posait une question de bon sens. Pourquoi les nouveaux citoyens actuels ne donnent-ils pas des prénoms français ou européens à leurs enfants?

    Ce serait un bon moyen de favoriser leur intégration et de leur éviter de futures discriminations tout en donnant un gage de loyauté à leur nouvelle patrie. Les immigrés d’antan, il est vrai d’origine et de culture européenne, agissaient de la sorte sans qu’on le leur demande, tant cela semblait naturel. Le plus souvent, ils francisaient le prénom de leurs enfants. Italien, espagnol ou portugais, c’était relativement facile, racines latines obligent. Même des Polonais et des Yougos avec un choix plus limité appliquaient cette règle tacite.

    Les Juifs pratiquent ainsi depuis longtemps, même s’ils ajoutent souvent au prénom chrétien un prénom hébraïque. Les prénoms de l’ancien testament qu’affectionnent les protestants mettent tout le monde d’accord.

    Seuls les mahométans dès la Troisième République, alors peu nombreux, se cramponnaient aux prénoms coraniques. Parce que leur religion leur en fait obligation et que la ripoublique soi-disant laïque n’a jamais eu le cran de s’y opposer. Alors qu’elle refoulait férocement les Txomin et les Arantxa, les Ronan et les Maïwenn, les Lisandru et les Livia, les Breçs et les Garsenda. Basques, Bretons, Corses, Occitans, vous êtes moins français que des Bédouins ou des Zoulous!

    QUAND LA POLITIQUE S’EN MELE, ÇA PEUT REDISTRIBUER LES CARTES

    À partir des années 1975, avec le regain de la culture ma’ohie au Fenua, l’État craignant d’attiser les revendications indépendantistes donnait ordre de "conseiller" ses prénoms avec insistance sans rien imposer formellement. Mais l’administration n’a pas suivi partout les circulaires…

    Il y a quelques années, j’ai aidé une petite cousine à se faire élire tavana d’une île voisine. Huit mois avant le scrutin, personne ne lui accordait la moindre chance. Je lui ai dit "L’eau, la voirie, l’éclairage, l’assainissement, les ordures ménagères, toutes les listes font des promesses qui seront plus ou moins tenues. Il faut te démarquer. Propose une mesure inédite qui plaira à tout le monde. Dis que si tu deviens mairesse, ta première décision sera d’exiger qu’on accepte sans discuter l’inscription des prénoms ma’ohi".

     

    Plus crédible que les sondages, on a "radio cocotiers" qui enregistre sur les marchés, dans les villages et aux quais des pécheurs l’opinion publique. Et la progression de la cousine était exponentielle. Du jamais vu! Des gens qu’elle ne connaissait pas lui donnaient l’accolade dans la rue. D’autres l’invitaient à déjeuner et se proposaient pour faire sa campagne. Preuve qu’il y avait bien une demande de la population.

    Quatre mois avant l’élection, le Tapura et le Tavini, les deux principaux partis lui ont proposé une place éligible sur leur liste avec un poste d’adjointe assuré.

    Je lui ai conseillé de refuser et de se battre en reine guerrière conformément à notre tradition familiale. Et elle a gagné.

    Christian Navis

     

    https://climatorealist.blogspot.com/

     

  • Climat: il fait froid parce qu’il fait chaud!

    La vague de froid actuelle aux États-Unis est l’occasion d’analyser les arguments donnés par la pensée climatique dominante qui justifie à peu près tout et son contraire.

    Par Benoît Rittaud

    Ces jours-ci, les États-Unis connaissent une très grosse vague de froid qui a déjà fait plusieurs dizaines de morts. Cela donne hélas l’occasion de rappeler que, contrairement à ce que le catéchisme dominant laisse croire, nous avons bien plus à craindre du froid que du chaud. La revue médicale britannique The Lancet a ainsi évalué en 2021 qu’en vingt ans le froid a tué quatre millions et demi de personnes dans le monde, c’est-à-dire dix fois plus que le chaud. Aucune disparité régionale n’inverse cette tendance lourde, l’Afrique subsaharienne ayant même un rapport aussi élevé que contre-intuitif dans le domaine (un million de morts de froids contre moins de vingt mille morts de chaud, avec il est vrai de grosses incertitudes sur les données).

    Si l’événement météorologique actuel n’avait pas cette dimension tragique, on aurait un peu de peine à s’empêcher de sourire en songeant combien le réchauffement climatique doit manquer aux Américains. Mais attention, car devant les inquisiteurs écologistes un humour de ce genre est mal vu – tout comme l’humour en général, d’ailleurs. Bien sûr, face aux esprits forts les sachants officiels disposent d’arguments définitifs, qui n’a rien à envier à ceux qui prétendaient démontrer jadis l’effet salvateur des saignées ou le mouvement du Soleil autour de la Terre.

    Utiliser tout et son contraire à l’appui de sa théorie, c’est vider cette théorie de toute substance.

    L’argument bon marché, c’est que le réchauffement global n’interdit pas les coups de froid ponctuels, statistiquement non-significatifs. C’est le fameux " ne confondez pas le climat avec la météo ", dont la principale caractéristique est de se carapater aussitôt que survient une canicule à commenter. L’argument plus subtil, c’est celui qui consiste à assumer le paradoxe et d’expliquer que le réchauffement climatique a pour effet de provoquer de vastes déplacements de masses d’air, qui, de temps en temps, peuvent apporter du froid polaire dans des régions de plus basses latitudes. On attend alors avec impatience qu’au prochain événement inverse nos climatologues assermentés concèdent, avec l’humilité qui sied aux scientifiques à l’honnêteté intellectuelle chevillée au corps, qu’un éventuel réchauffement ponctuel en Amérique du Nord contredirait le réchauffement climatique.

    En effet, il faut choisir: s’il fait froid parce qu’il fait chaud, alors il ne peut pas aussi faire chaud parce qu’il fait chaud. Sinon, l’idée même de chaud ou de froid perd tout son sens. Utiliser tout et son contraire à l’appui de sa théorie, c’est vider cette théorie de toute substance. C’est réduire la science à un élément de la société du spectacle, où ce qui compte n’est pas de comprendre mais d’utiliser à son profit, peu importe les moyens, tout événement susceptible de faire le buzz.