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opinions

  • Gaspillage et propagande: les chaînes parlementaires

    Un débat utile s’est engagé au sujet de la mauvaise gestion et de la partialité de l’audiovisuel public. Mais le cas des chaînes parlementaires n’est pas évoqué. Certes l’enjeu financier et politique est moindre mais c’est un exemple intéressant de l’entre-soi de oligarchie de gauche et du centre, financé par les contribuables. LCP et Public Sénat cumulent moins de 1% d’audience et multiplient les émissions coûteuses et inutiles. Pire, leur ligne éditoriale est régulièrement accusée de partialité, comme en témoigne la polémique récente autour du documentaire pro-LFI " La Jeune Garde ". Il est temps de fusionner ces deux chaînes et de les recentrer sur leur seule mission légitime: la retransmission intégrale des travaux parlementaires.

    DES CHAINES QUI COUTENT CHER

    En 2000, l’État français se dotait de deux chaînes parlementaires, LCP (Assemblée nationale) et Public Sénat, avec pour mission officielle de "former les citoyens à la vie publique" et de diffuser les débats de nos Assemblées. Vingt-cinq ans plus tard, le bilan est catastrophique: 35,6 millions d’euros de budget annuel pour une audience inférieure à 1%.(1)

    Pourquoi un tel gaspillage? Parce que ces chaînes, exemptées de tout contrôle indépendant (ni l’Arcom, ni la Cour des comptes n’ont de pouvoir sur leur gestion ou leur programmation), ont dévié de leur mission première. Au lieu de se contenter de retransmettre les séances plénières et les commissions – ce pour quoi elles sont financées –, elles produisent des émissions coûteuses et élitistes ("Le Banquet", "Ici l’Europe", "Chaque voix compte") avec une faible audience.

    Un doublon absurde et une partialité assumée

    1. Deux chaînes pour faire la même chose: l’absurdité du système

    LCP et Public Sénat partagent le même canal (le 8 de la TNT) et diffusent les mêmes types de programmes: débats parlementaires, émissions politiques, documentaires. Pourquoi deux structures, deux rédactions, deux budgets? La réponse est simple: parce que l’Assemblée nationale et le Sénat tiennent chacune à leur pré carré – au mépris de l’intérêt général.

    1. Une ligne éditoriale du centre et de gauche

    Un pluralisme de façade

    Les parlementaires des deux bords sont invité mais pas les courants extérieurs: les débats opposent souvent LR, PS, LREM et LFI, mais les voix souverainistes (RN, Reconquête), eurosceptiques ou conservatrices sont rarement conviées, sauf pour servir de faire-valoir. Le cas le plus flagrant est Public Sénat, la Haute assemblée ne comprenant pas de sénateurs souverainistes.

    Dans les émissions sur l’Europe ("Ici l’Europe"), les intervenants sont majoritairement pro-UE (députés LR Renaissance, PS, Verts), avec une absence criante de critiques radicales de l’Union.

    DES SUJETS EVITES, DES ANGLES BIAISES

        L’insécurité: rarement traitée sous l’angle des victimes ou des solutions répressives. Les émissions préfèrent aborder la question sous l’angle sociologique ou " préventif ", avec des experts souvent issus de la gauche académique.

        L’islam politique: le sujet est soit ignoré, soit traité avec des intervenants minimisant les risques (ex: chercheurs proches du CCIF ou de collectifs pro-musulmans).

        Le déclin économique: les analyses se concentrent sur les " transitions " (écologique, numérique) et évitent les critiques sur la désindustrialisation ou la concurrence déloyale. Les économistes libéraux ou souverainistes sont quasi absents.

        La guerre en Ukraine: toujours abordée sous un angle russophobe.

    DES EXPERTS ET UNIVERSITAIRES TRES MAJORITAIREMENT DE GAUCHE ET DU CENTRE

        Profil type des invités:

            Économistes: Thomas Piketty, Daniel Cohen, ou des membres de l’OFCE (proche du PS).

            Sociologues/philosophes: Cynthia Fleury, Edgar Morin, ou des chercheurs liés à des groupes de réflexion comme Terra Nova ou la Fondation Jean -Jaurès, proches de la gauche.

            Juristes: militants droit-de-l’hommistes ou du droit européen, rarement des constitutionnalistes critiques envers Bruxelles.

        Absence de diversité: Peu de place pour les chercheurs souverainistes, libéraux ou conservateurs

    Le cas récent le plus flagrant de partialité est celui du documentaire "La Jeune Garde", diffusé en mars 2026 par Public Sénat. Ce film présentait des députés de La France insoumise (LFI) comme " remparts contre l’extrême droite. Quelques jours seulement après l’assassinat de Quentin Deranque. Public Sénat a instrumentalisé un fait divers tragique pour faire de la propagande politique – un comble pour une chaîne censée incarner la neutralité républicaine.

    Que faire? Trois réformes urgentes

    1. Fusionner LCP et Public Sénat

    Une seule chaîne parlementaire, avec un budget divisé par deux et recentré sur l’essentiel: la retransmission intégrale des séances plénières et des commissions.

    1. Mettre fin aux émissions de divertissement politique

    Supprimer purement et simplement les programmes comme "Le Banquet", "Ici l’Europe" ou "Chaque voix compte", qui coûtent cher et n’intéressent personne.

    REMPLACER PAR:

        La diffusion en direct et en différé des travaux de toutes les commissions parlementaires (où se fait l’essentiel du travail législatif).

        Des débats contradictoires, avec une représentation équitable de tous les courants politiques (y compris RN et Reconquête), et non plus seulement des invités de gauche et du centre.

    1. Soumettre la chaîne à un contrôle indépendant

    Aujourd’hui, ni l’Arcom ni la Cour des comptes n’ont de pouvoir sur LCP et Public Sénat. Il est temps d’y mettre fin:

        Placer la chaîne fusionnée sous le contrôle de l’Arcom, comme France Télévisions ou Radio France.

        Instaurer des audits réguliers de la Cour des comptes sur l’utilisation des fonds publics et la diversité des invités.

     

    Jean Lamolie

     

    1 BFM avait en 2024 un chiffre d’affaires de 76 M euros pour environ 2, 8% de part d’audience.

  • L’avis d’un officier de l’Infanterie de Marine sur l’état de nos armées

    Je suis toujours un peu gêné quand il faut parler de guerre. Je n’ai jamais risqué ma peau sur un quelconque théâtre d’opération, je ne suis donc pas le mieux placé pour en parler.

    Certes, chez les paras j’ai appris à jouer à la guerre mais ça ne fait pas de moi un guerrier. Disons que j’en sais un peu plus que Macron qui, lui, n’a même pas fait son service militaire, or je reste persuadé que quelques mois passés dans l’ambiance rugueuse et virile d’une unité parachutiste lui aurait fait un bien fou!

    Je suis adhérent de trois associations d’anciens militaires (appelés du contingent, d’active ou de réserve opérationnelle), c’est un monde que je connais… un peu, et dans lequel j’ai de nombreux camarades. À la lecture de mon article d’hier, un de mes amis d’enfance a aussitôt réagi.

    Michel Guittard, contrairement à moi, sait de quoi il parle: il a fait une carrière d’officier dans l’Infanterie de Marine, "La Colo", et, en bon "marsouin", il a baroudé dans les lieux les plus improbable d’Afrique. C’est avec son accord, que je vous livre sa réponse, sans en changer un mot:

    "Je souscris à 200% à ton analyse! J’ajouterai à tous tes arguments, que "Jupiter" parle de réarmer; de matériels innovants, etc. Mais dans ce domaine, les armées européennes n’achètent qu’américain, et donc la France ne dispose pas des fonds nécessaires à l’effort de réarmement, car elle ne vend plus! Notre effort est la moitié de celui de l’Allemagne, qui deviendra donc la première  puissance militaire européenne, si l’on ne tient pas compte de notre défense nucléaire!

    Et dans ce domaine, je ne crois pas à ses dernières déclarations sur la décision d’emploi résidant dans ses mains seules: comme pour le Mercosur, il se soumettra à Van der La Hyène et à l’Allemagne! Il a été dupé, et il nous dupe. De plus, sans aval des Américains, nous n’interviendrons pas. Et là, nous ne parlons que des matériels; mais évoquons un peu les effectifs, et les personnels.

    Pour ce qui est des effectifs, la LPM (1), nous tient: notre armée restera "échantillonaire"!

    Mais parlons des personnels, le point le plus grave: nous n’arrivons pas à recruter. Nous recrutons des "Français de papiers" plus que de souche, beaucoup sont musulmans et retors quant à certaines interventions, jusqu’à déserter! Ils ne seront jamais des Français "par le sang versé" et beaucoup ont d’ailleurs la double nationalité, et cela depuis des années!

    Ensuite, il faut former ces personnels pour servir les matériels, hors ceux-ci sont de plus en plus sophistiqués et donc nécessitent des formations plus pointues et plus longues que celle de jadis, pour servir un Famas (2), ou un LRAC (3)!

    Et enfin, il nous manque les casernes, les camps d’entraînement, qui ont été vendus parfois pour le franc symbolique, comme par exemple la base aéronavale de Fréjus, devenue une base de loisirs, ou moult casernes devenues des centres pour les réfugiés, souvent sans papier!

    Et dernier point, les armes, il faut les approvisionner, et là pour ce qui est des munitions, nous ne fabriquons plus ou presque, nous dépendons de la Chine, des USA…

    À cela, il faut ajouter, qu’avec la mondialisation, d’une part et notre diplomatie inexistante, d’autre part, sauf pour nous fâcher avec nos alliés, nous aurons le plus grand mal à nous procurer les matières premières nécessaires, aciers spéciaux, métaux des "terres rares", etc.

    Et encore un point: une armée, il faut pouvoir la déployer, hors là aussi nous sommes victimes des sanctions avec la Russie, du nouveau conflit en cours et de tous les alliés qui sont devenus nos très chers ennemis, comme l’Algérie. 

    La conséquence de tout cela est que le moral des troupes n’est pas bon, alors que jusque-là, elles étaient efficaces et reconnues pour un savoir-faire, malgré une rusticité bien plus grande que dans d’autres pays.

    Enfin et c’est indispensable pour qu’une armée soit vainqueur au champ de bataille, il faut qu’elle soit soutenue par un peuple, OR       , EN FRANCE IL Y A DEUX PEUPLES. Pire, celui des Français de souche est divisé, car complice du deuxième, comme la cinquième colonne de Mélenchon et ses racailles. Et l’autre peuple, c’est celui des immigrés anti-français.

    Alors, on peut s’attendre à des sabotages, comme cela a déjà existé par le passé avec nos communistes français, à des manifestations, à tous les freins possibles à l’Assemblée nationale, à des attitudes de repentance chaque fois qu’une Opex devra être menée, aux influenceurs des réseaux sociaux, et bien sûr, à l’extérieur, à la guerre de désinformation savamment menée par la Russie, les États-Unis… et relayée par nos médias, dans leur grande majorité!

    Macron peut aller se rhabiller, il pourra jouer comme un enfant dans le bac à sable, avec sa collection de "Dinky-toys" et ses petits soldats de plomb! Il n’est plus un Français qui rêve de grandeur, de conquête! En cinquante ans, on a fabriqué une France de bâtards, dévirilisés, hédonistes, repentants quant à notre Histoire, un peuple de dupes, un peuple de soumis!

    Nous sommes toi et moi, et ceux qui pensent encore comme nous, les derniers Mohicans!"

    Que vous dire de plus? Rien, tout est dit et bien dit! Si Michel Guittard est un ami qui m’est cher, c’est que nous partageons les mêmes valeurs mais aussi les mêmes colères.

     

    Éric de Verdelhan

     

    1)  LPM: Loi de Programmation Militaire

    2) Le Famas 5,56 ou " Clairon " a été le dernier fusil d’assaut français.

    3) LRAC: Lance Roquette Anti-Char

     

  • Comment on contrôle et on censure sournoisement, en Europe aujourd’hui…

    Dans une interview pour Breizh info, Paul Coleman, directeur exécutif d’ADF international, parle des menaces croissantes pesant en Europe sur la liberté d’expression et la liberté religieuse.

    Concernant la liberté d’expression, ne peuvent s’exprimer que les opinions dominantes et politiquement correctes. La montée de l’idéologie dominante, la criminalisation des convictions chrétiennes traditionnelles sont un danger pour la liberté.

    La liberté d’expression devient conditionnelle: une idée ne doit pas, pour être approuvée, entrer en conflit avec l’orthodoxie dominante.

    Coleman parle de totalitarisme culturel: les citoyens sont tenus d’obéir à la loi, et de plus, d’affirmer certaines croyances, sous peine de conséquences juridiques, professionnelles, et même d’exclusion sociale.

    Des parents en Europe perdent le droit d’éduquer leurs enfants, qui leur sont retirés. Dernier exemple en date, une famille anglo-australienne vivant en autarcie dans les bois en Italie s’est vue prendre ses trois enfants. On a le droit de vivre dans les bois, mais pas trop.

    Dès lors que l’État décide quelles croyances peuvent être exprimées et lesquelles ne le peuvent pas, nous dit Coleman, la véritable liberté disparaît très rapidement.

    Les lois sur les discours " haineux " sont de plus en plus larges et vagues, ce qui rend très facile la répression des opinions dissidentes, pour un oui ou pour un non. La haine est le nouveau concept à la mode. Qui permet tout. Ce n’est plus du droit, c’est de l’idéologie.

    Les lois antiracistes qui prétendent prévenir la violence visent en réalité à contrôler le discours, à censurer, voire à sanctionner ceux qui ne pensent pas correctement sur le vivre-ensemble, l’immigration, les agressions récurrentes, le (mauvais) rôle des juges…

    Les opinions chrétiennes traditionnelles sur le mariage, la sexualité, la nature humaine, le droit à la vie, l’euthanasie sont de plus en plus contestées voire considérées comme dangereuses. Ce qui est une violation des principes de liberté que l’Europe dit défendre.

    Les Églises rentrent dans une zone de turbulence où par exemple il leur devient interdit de critiquer l’homosexualité ou le changement de sexe. Le sentier des prédicateurs devient étroit et bordé d’épines.

     

    La loi européenne sur les services numériques est très préoccupante. Elle encourage une censure excessive. Les entreprises doivent retirer du contenu, sur des critères et des procédures peu clairs.

    Le désaccord pacifique doit pouvoir exister dans une démocratie. Sinon cette démocratie n’est pas libre, dit Coleman.

    Ajoutons que non seulement ces croyances politiquement correctes sont dictées par les gouvernements, les institutions, les influenceurs, les lobbys puissants, mais des individus, fidèles courroies de transmission du pouvoir sans s’en rendre compte, prennent aussi le relais, comme piqués par une mouche dès lors qu’un discours sort de la norme acceptée.

    Une personne animant un atelier a vu une responsable de l’association rarement présente, prendre la parole pour faire du Poutine "bashing". L’animatrice a rappelé que ce n’était nullement le thème et qu’elle n’acceptait pas de discours politique, surtout coercitif. Mais on ne peut pas toujours résister.

    Cette attitude est contagieuse: même sur Riposte Laïque, certains commentateurs se sentent missionnés pour contenir les auteurs dans ce qu’ils croient la bonne voie. Au besoin les noms d’oiseaux fusent et on se voit même traité de marxiste, d’antisémite et soupçonné de gôchisme  si on cesse de plaire! Mais sommes-nous là pour plaire?

    Par exemple si on critique l’intervention de Trump au Venezuela. La critique ne semble pas autorisée sur cette question, à droite.

    Pourquoi? On ne sait pas. Peut-être parce que Trump a beaucoup plu aux patriotes au départ et que ceux-ci, sans parfois même se l’avouer, ont du mal à accepter que Trump leur échappe.

    Dans cette ambiance, chacun se croit investi du devoir de contrôler son voisin, ses amis, sa famille, ses élèves, ses collègues de travail, ses salariés, etc.

    Où est passée la liberté? On se croirait sous Staline, lorsqu’un enfant, Pavel Morozov, a été transformé en héros pour avoir dénoncé ses parents, koulaks. Ses parents furent envoyés au goulag. La statue de Pavel érigée dans tous les parcs.

    La liberté d’expression et la liberté religieuse, donc la liberté tout court, sont donc en bien mauvaise posture aujourd’hui en Europe.

     

    Sophie Durand

  • Crise agricole, surtout choix politique

    Ce qui se passe dans l’agriculture française n’est pas un simple problème sanitaire, ce n’est pas une simple crise agricole, c’est un choix politique.

    Depuis des mois, des paysans voient leurs troupeaux détruits. Des vaches élevées pendant des années sont abattues. Des familles entières regardent disparaître leur travail, leur héritage leur vie. On leur dit, c’est pour la santé publique, c’est pour prévenir une maladie, c’est une mesure de précaution.

    Depuis quand protéger la santé consiste-t-il à ruiner ceux qui nourrissent le peuple? Dans l’histoire moderne, la maladie a souvent servi de justification pour imposer des décisions que le peuple n’aurait jamais acceptées autrement. Aujourd’hui, on utilise la peur, on utilise l’urgence, on utilise le mot sanitaire pour faire taire toute contestation. Mais derrière les chiffres, derrière les rapports, il y a des hommes, des femmes, des paysans qu’on sacrifie. On ne soigne pas un pays en détruisant ses racines. Une vache, ce sont des années de travail, un investissement lourd, une transmission familiale, une sécurité alimentaire.

    Quand un gouvernement ordonne l’abattage massif, il ne détruit pas seulement des bêtes, il détruit des vies. Et après, on s’étonne du désespoir rural, des suicides agricoles, de la colère des campagnes. Mais qui crée cette situation? Le vrai danger n’est pas la vache. Le vrai danger n’est pas le paysan. Le vrai danger, c’est la concentration du pouvoir alimentaire. Quand les petits éleveurs disparaissent, qui reste? Les grandes structures, les circuits contrôlés, les décisions centralisées.

    Et comme la nourriture ne vient plus du champ voisin, mais d’un système lointain, opaque, le peuple perd sa souveraineté sans s’en rendre compte. Chaque fois qu’un État affaiblit volontairement ses producteurs locaux, cela mène toujours aux mêmes résultats: dépendance, inflation, contrôle. On commence par dire, c’est temporaire. Puis on dit, c’est nécessaire. Et un jour, le peuple se rend compte qu’il ne décide plus, ni de ce qu’il mange, ni de ce qu’il produit, ni de ce qu’il transmet à ses enfants.

    Les paysans français sont la colonne vertébrale de la nation. Une nation qui détruit ses paysans se détruit elle-même à petit feu.

    Pourquoi la destruction des vaches sous prétexte de maladie est-elle une erreur et surtout un précédent dangereux? À qui cette politique profite-t-elle réellement? Pourquoi les petits disparaissent-ils et les grands survivent-ils? Comment la peur sanitaire devient-elle un outil de domination?

    Aucun peuple libre n’accepte volontairement sa propre ruine. Comment fait-on pour lui faire accepter l’inacceptable? On utilise la peur. Quand un gouvernement veut imposer une décision brutale, il ne commence jamais par le débat, il commence par l’urgence. Il dit il faut agir vite. Il n’y a pas d’alternative. Celui qui pose des questions est irresponsable. Et le mot magique apparaît: maladie. À partir de ce moment-là, tout devient justifiable: l’abattage massif, la ruine économique, le silence imposé parce que la peur ferme la bouche et endort l’esprit critique.

    On nous dit c’est par précaution. Mais depuis quand la précaution signifie-t-elle détruire des troupeaux entiers? Indemniser mal ou tardivement, laisser des familles sans avenir?

    Une vraie politique sanitaire protège la santé, l’économie, la dignité humaine. Ici, on ne protège qu’une chose, le système. Quand un petit paysan est touché, la sanction est immédiate: abattage, fermeture, silence. Mais quand les grandes structures sont concernées, on parle de dérogation, on parle d’adaptation, on parle de solutions techniques. La maladie frappe tout le monde, mais la sanction ne frappe que les plus faibles. Ce n’est pas de la santé publique, c’est de la sélection économique.

    Le paysan indépendant est difficile à contrôler. Il produit localement, il vend localement, il pense librement. Alors, on ne l’attaque pas frontalement, on l’épuise, on le décourage, on le pousse à abandonner. L’abattage massif n’est pas qu’un acte sanitaire. C’est un message politique: vous êtes remplaçable. Dans ce système, le petit élevage est vu comme un problème, il est trop humain, trop enraciné, trop autonome. Alors on le sacrifie au nom du bien commun. Mais un bien commun qui détruit ceux qui nourrissent la nation, est-ce encore un bien commun?

    Partout où cette méthode a été appliquée, d’abord la peur, ensuite la destruction locale, puis la centralisation, le résultat a toujours été le même: dépendance alimentaire, explosion des prix, perte de souveraineté. C’est un fait historique.

    La santé ou le paysan, c’est un mensonge, c’est un faux choix. Un État sérieux peut protéger la santé sans détruire son agriculteur. Quand il ne le fait pas, c’est qu’il poursuit un autre objectif.

    À qui profite réellement la destruction de l’élevage local? Pourquoi les petits disparaissent-ils? Pourquoi les grandes structures gagnent-elles? Comment le contrôle alimentaire se met-il en place sans vote?

    Dans ce monde, quand certains perdent tout, d’autres gagnent. Chaque fois qu’un petit paysan ferme, qu’une ferme familiale disparaît, qu’un troupeau est abattu, le vide ne reste jamais longtemps. Il est rempli par des grandes structures, par des groupes industriels, par des circuits longs. La disparition du petit n’est pas une perte pour le système, c’est une opportunité.

    Un pays avec mille petits producteurs indépendants est difficile à contrôler. Un pays avec dix grands fournisseurs centralisés est facile à gérer, facile à réguler, facile à surveiller, facile à orienter. La centralisation alimentaire est un rêve de pouvoir.

    Quand la nourriture vient du pays, et plus encore du local, il y a un lien humain, on peut poser des questions, on peut comparer, on peut refuser. Quand la nourriture vient d’un système lointain, on n’a plus de choix, on a des étiquettes, des décisions prises ailleurs, des prix imposés. Moins de paysans, moins de liberté, plus de mal bouffe.

    On nous dit que les normes sont les mêmes pour tous. C’est faux. Les grandes structures ont des juristes, des services administratifs, elles arrachent le petit paysan à sa terre, à sa famille. Quand on empile les règles, on ne protège pas la santé, on élimine les plus fragiles. La crise sanitaire devient alors un accélérateur. Ce qui aurait pris dix ans se fait en quelques mois.

    Des troupeaux disparaissent, des dettes explosent, des vocations meurent. Et pendant ce temps, les grandes chaînes se renforcent, les importations augmentent, le pouvoir se concentre.

    Ce modèle a déjà existé ailleurs. On l’a vu en Afrique, en Amérique latine, en Europe de l’Est. Toujours le même scénario. Fragiliser le local, imposer des règles inadaptées, utiliser une crise, centraliser La France n’est pas une exception, elle est une étape. Quand les paysans disparaissent, le prix monte, la qualité baisse, le choix disparaît. Ce que nous perdons, nous ne pourrons plus le racheter.

    On nous dit c’est temporaire, c’est pour notre bien. Mais jamais on ne nous dit qui décide, qui contrôle, qui profite. Le silence est stratégique.

    Pourquoi un peuple qui ne nourrit plus lui-même devient-il dépendant? Comment la perte agricole mène-t-elle à la perte politique? Pourquoi ce combat dépasse-t-il la France?

    UN PEUPLE QUI NE CONTROLE PLUS SA NOURRITURE NE CONTROLE PLUS SON DESTIN.

    On parle souvent de souveraineté, politique, militaire, économique. Mais la première souveraineté, la plus fondamentale, c’est la souveraineté alimentaire. Avant de voter, avant de manifester, avant de parler, il faut manger. Celui qui contrôle la nourriture n’a pas besoin de contrôler le reste.

    Au cours de l’histoire, chaque pays qui a perdu sa capacité à nourrir son peuple a perdu sa capacité à décider librement, parce qu’un pays dépendant importe à n’importe quel prix, accepte n’importe quelle condition, subit n’importe quelle pression.

    La dépendance alimentaire est une arme silencieuse. L’élevage local, ce n’est pas du folklore rural, ce n’est pas du passé, c’est une sécurité, une stabilité, une indépendance.

    Quand on détruit les troupeaux, quand on décourage les éleveurs, quand on remplace le local par l’importé, on fragilise volontairement la nation. On nous dit, ne vous inquiétez pas, il y aura toujours à manger. Mais à quel prix? Avec quelle qualité? Sous quelles conditions?

    L’abondance contrôlée n’est pas la liberté. C’est une dépendance déguisée. En Afrique, on a fait abandonner les agricultures locales. On a promis la modernité, l’efficacité, le progrès. Résultats: importations massives, vulnérabilité, perte de contrôle. Ce que la France vit aujourd’hui, d’autres l’ont déjà vécu hier.

    Un pays qui protège ses paysans protège son peuple. La mission d’un État n’est pas de casser ceux qui produisent, de centraliser à l’extrême, de gouverner par la peur. Sa mission est de garantir l’équilibre, de protéger les plus exposés, de penser le long terme. Un État qui oublie cela prépare sa propre fragilité. On ne négocie pas le droit de produire, le droit de nourrir, le droit de transmettre. Quand un peuple accepte de perdre cela, il perd plus que des fermes, il perd son avenir.

    Quelles sont les conséquences concrètes pour les citoyens? Pourquoi les prix montent-ils? Pourquoi la qualité baisse-t-elle? Pourquoi tout cela n’est-il que le début?

    Quand les paysans disparaissent, quand les troupeaux sont abattus, quand la production locale recule, le prix ne monte pas par magie, il monte parce que l’offre diminue, la dépendance augmente, la concurrence disparaît. Moins de producteurs, plus de pouvoir pour ceux qui restent.

    Et ce pouvoir ne va pas aux citoyens.

    Quand l’élevage est local, le citoyen peut choisir le producteur, la méthode, la traçabilité. Quand l’alimentation devient industrielle et centralisée, le choix disparaît, on mange ce qu’on nous donne, on fait confiance à des étiquettes, on s’habitue à une qualité qui baisse lentement jusqu’à ce que cela devienne la norme. La perte du paysan, c’est aussi la perte du goût, la perte de la diversité, la perte de la transparence.

    Un citoyen qui dépend d’un système centralisé pour se nourrir est un citoyen vulnérable, parce que demain, le prix peut doubler, le produit peut disparaître, la condition peut changer, et il n’y aura plus d’alternative locale.

    La dépendance alimentaire, c’est une sorte de captivité moderne. Quand les campagnes se vident, les villages disparaissent, les services ferment, la cohésion sociale s’effondre. Et ce vide se répercute sur les villes: pression sur le logement, déséquilibre économique, tensions sociales. La destruction rurale n’est jamais confinée à la campagne. Elle finit toujours par toucher tout le pays. Ce sont des paysans ruinés, des prix en hausse, une qualité en baisse.

    Quand les résultats contredisent les promesses, ce n’est plus une erreur, c’est un choix. Les paysans paient par leurs impôts le financement de politiques inefficaces, pour un panier chaque jour un peu plus cher.

    Pendant ce temps, les décisions continuent sans remise en question réelle. Le peuple paie, mais ne décide pas. Ce que nous voyons aujourd’hui n’est qu’un avant-goût. Si cette logique continue, la dépendance augmentera, les marges se concentreront, le citoyen perdra encore plus de contrôle. Ce qui est perdu aujourd’hui par les paysans sera gagné demain par BlackRock et Vanguard, et impossible à reconstruire demain.

    D’après Ibrahim Traoré, chef d’État du Burkina Faso.Jean Saunier

  • La fièvre étiqueteuse

    L'épidémie de qualificatifs stigmatisants se répand dans les médias. Manière discrète d'anathémiser les opinions dissidentes sans paraître sortir de la neutralité.

    Ce sont des mots qui se glissent, l’air de rien, dans un article, un éditorial, ou le propos liminaire d’un reportage, auxquels on ne prête pas nécessairement une attention consciente. On ne les remarque pas forcément si l’on n’a pas pris l’habitude mentale de pratiquer l’analyse textuelle, mais ils n’en installent pas moins un climat et peut-être d’ailleurs d’une manière d’autant plus efficace qu’elle est subliminale. Des adjectifs, souvent, qui se donnent l’apparence de la précision: qualifier quelque chose ou quelqu’un, n’est-ce pas aider le lecteur ou l’auditeur à cerner davantage son contour? Des mots qui se glissent au milieu d’un discours qui se veut neutre ou objectif, mais qui n’ont pourtant rien d’innocent. Ils étaient autrefois l’exception, ils sont devenus la règle, une pratique systématique et écrasante: dans les médias, ceux qui n’ont pas la chance d’appartenir au camp du Bien se voient systématiquement étiqueter d’un commentaire dévalorisant, d’un adjectif stigmatisant, d’un label infamant et leur discours est toujours introduit par quelque tournure dépréciative.

    Les exemples ne manquent pas. Avant qu’il se lance en politique, Éric Zemmour ne se voyait ainsi jamais qualifier de journaliste ou d’essayiste, mais, les bons jours, de “polémiste” et, les mauvais, de “polémiste maurrassien”. Lui et ceux qui comme lui bousculent le prêt-à-penser ne font pas des constats, ils “agitent des fantasmes”; ils ne sont jamais des lanceurs d’alerte, mais sont passés champions dans l’art de “surfer sur les peurs”.

    D’autres ont des idées, eux ont seulement des “phobies” ou des “obsessions”; au premier rang desquelles la “théorie raciste et complotiste du grand remplacement”: dans les colonnes du Monde, l’expression revient avec un tel systématisme, sans que jamais l’ordre des adjectifs soit même modifié, qu’on imagine qu’un informaticien maison a dû inventer un raccourci clavier pour éviter aux journalistes d’avoir à la taper mot à mot…

    Quand Marine Le Pen change de position, elle n’évolue pas, elle “se contredit”; mais lorsqu’elle ne varie pas, elle n’est pas conséquente, elle débite de “vieilles rengaines”.

    Si on les embrigade, les mots peuvent devenir la pire des prisons mentales

    Dans les colonnes du Monde ou de Libération, un catholique qui pousse la cohérence jusqu’à aller à la messe et à être en phase avec les positions du catéchisme de l’Église catholique n’est plus jamais qualifié comme un catho mais comme un “catho tradi”, n’eût-il même jamais mis les pieds à une messe en latin: s’il poussait le vice jusque-là, il basculerait alors dans la catégorie “intégriste”. Quant au label “extrême droite”, si quelqu’un avait eu l’heureuse idée d’en faire une marque déposée, il serait assurément aujourd’hui l’homme (ou la femme!) le plus riche du monde, tant il suffit pour s’en voir affublé d’être plus à droite que le rédacteur de l’article, danger auquel s’expose assez facilement celui qui sera mentionné par Libé, le Nouvel Obs ou l’Humanité…

    Des mots qui remplacent l’information par une évaluation morale, pour discréditer par avance tout ce qui s’écarte de la pensée dominante

    Ce sont des mots, donc, qui font mine d’informer, mais qui ne visent en réalité qu’à discréditer par avance les paroles (pardon, la “logorrhée”!) ou la pensée (oups, les “idées rances et nauséabondes”!) de ceux qu’il s’agit d’écarter du “cercle de la raison”, selon la pratique formule d’Alain Minc.

    Des mots, comme l’écrivait Ingrid Riocreux dans son essai la Langue des médias (L’Artilleur, 2016), " qui veulent dire méchant ", des mots qui substituent à l’objectivité de l’information " l’évaluation morale " du jugement. Elle y montrait entre autres choses que ce “parler journalistique”, parfois inconscient tant il relève du psittacisme, a vocation à devenir aussi, par contagion, celui des citoyens et, s’ils n’y prennent garde, à modeler leur perception des choses.

    Car c’est le but de toute novlangue: encadrer la pensée, introduire des automatismes qui empêchent de dire, et donc de penser, les choses autrement que ce que souhaite la pensée dominante. Les mots, s’ils sont l’outil précieux de notre liberté intellectuelle, peuvent devenir, si on les embrigade, la pire des prisons mentales.

    Laurent Dandrieu

  • Bientôt Noël, depuis 2000 ans…

    Comme chaque année à l’approche de Noël, la même polémique refait surface, portée par les déconstructeurs, les laïcards forcenés et intolérants, les effaceurs de mémoire et autres négationnistes anti-chrétiens.

    Comme chaque année, il est donc nécessaire de rappeler quelques évidences quant à nos traditions millénaires et à notre héritage civilisationnel.

    Si le fait religieux relève du domaine privé, Noël est de ces fêtes qui transcendent les clivages habituels et font partie du patrimoine culturel collectif.

    Que l’on soit croyant ou non, que l’on soit pratiquant ou non, nul ne peut, sauf à dessein malveillant, ignorer l’importance de l’influence de la chrétienté sur le développement de nos sociétés européennes.

    À ceux qui voudraient faire enlever nos sapins et nos crèches, à ceux qui s’offusquent des marques encore visibles de nos racines, je propose d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. À l’argumentaire pervers de la laïcité faite loi, j’oppose 1500 ans de traditions et de civilisation.

    Alain Peyrefitte en citant l’allocution du général De Gaulle du 5 mars 1959 nous renvoie à certaines notions fondamentales aujourd’hui passées sous silence: " Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoire! ".

    En cette période de grande déculturation et de destruction des repères traditionnels, il est devenu plus que jamais nécessaire de rappeler aux enfants que nous célébrons le 25 décembre la naissance du Christ, fils de Dieu, et non pas quelque dieu païen de la consommation de produits festifs ou de l’enrichissement de fabricants de jeux vidéos asiatiques.

    Noël est un appel au partage, à l’amour et à la fraternité, loin des notions mercantiles et matérialistes qui font notre bonheur immédiat et notre malheur à venir.

    Nous sommes des femmes et des hommes, avec nos cultures et nos traditions, nos croyances et nos valeurs avant d’être des consommateurs serviles, interchangeables et sans identité.

    À ceux qui nous ont déjà rejoints, nous adressons nos remerciements pour leur confiance et les assurons de notre amitié et de notre indéfectible volonté. À ceux qui sont encore observateurs et commentateurs, nous lançons l’appel à franchir le pas à l’occasion de cette nouvelle année qui s’annonce, à rejoindre Place d’Armes et à s’engager avec nous à œuvrer pour que la France retrouve les chemins de la grandeur, de la souveraineté et de la liberté.

    Joyeux Noël à toutes et à tous.

     

    Gérard HARDY

    Président de Place d’Armes