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12/03/2017

Macron vend du vent, s’il était élu l’atterrissage serait dur, il ne pourrait pas gouverner !

Intéressantes analyses dans cet article d’Atlantico qui présente l’interview de deux sondeurs ayant annoncé un duel Marine-Macron au second tour. Il a l’avantage de souligner l’impossibilité de gouverner de Macron avec son programme… Surligné en bleu clair.

Par ailleurs nous sommes nombreux parmi les patriotes, du Sans-dent au politilogue, à parier sur une victoire de Marine à la Trump, au second tour, quoi qu’en disent les sondeurs.

5 millions de Français qui s’abstiennent habituellement et qui se rendent aux urnes ? C’est possible, c’est probable, ça change tout !

Voter Macron pour éviter le Pen ? Les clés pour vraiment comprendre le rapport de force

A partir du sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match sur les rapports de force électoraux à deux mois du second tour, voici les clés sociologiques, politiques, géographiques et idéologiques du possible affrontement Le Pen-Macron.

Vincent Tournier est maître de conférence de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble.

Frédéric Dabi est directeur général adjoint de l’Ifop et directeur du pôle Opinion et Stratégies d’entrepris

Atlantico : Vous avez publié récemment un sondage qui donnait Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour. Comment expliquer que ces deux candidats puissent à ce point dépasser ceux des partis traditionnels comme François Fillon et Benoît Hamon ?

Frédéric Dabi : Tout d’abord, il faut bien voir qu’il y a des logiques de vote similaires entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Si cette dernière profite d’un véritable désir d’alternative comparativement aux mandats de ces dernières décennies, c’est aussi le cas pour Emmanuel Macron qui prospère lui sur l’idée du ni-gauche ni-droite, du refus de la bipolarisation, et qui profite largement des difficultés des partis de gouvernements.

Pour autant la sociologie entre ces deux électorats est effectivement extrêmement différente, tous commes les objectifs de ces différents électeurs. Pour résumer le vote en faveur de Macron est celui du « oui » alors que le vote pour Marine Le Pen est celui du « non ». Le vote en faveur du Front National est important chez les ouvriers alors que « En Marche ! » touche un peu tout le monde mais particulièrement les cadres.

Au-delà de cet antagonisme, les deux candidats se battent pour conquérir la France du travail, celle qui prend le métro pour simplifier. C’est cet électorat qui avait permis à Nicolas Sarkozy de gagner en 2007, alors qu’il a plutôt rejoint le FN en 2012 et partiellement François Hollande. Et ni François Fillon ni Benoît Hamon ne performe au sein de ces catégories. Le premier est surtout présent chez les plus de 65 ans, alors que Benoit Hamon séduit les professions intellectuelles, et les populations urbaines. Aux élections locales d’ailleurs, la France du travail a largement voté pour le FN. C’est peut-être ce point qui sera important pour apprécier le résultat du second tour.

D’ailleurs lorsque l’on voit la progression de Marine Le pen dans les différentes régions de France, il est très intéressant de voir à quel point elle progresse dans des régions qui lui étaient jusque là interdite, comme en Bretagne (+12%) ou en Normandie (+11%).

depuis plus de 50 ans, les seconds tours opposent la droite avec la gauche, illustrant bien le clivage qui domine le pays sous la Ve République. En quoi un second tour qui opposerait Emmanuel Macron à Marine Le Pen serait une situation inédite et signifierait une véritable rupture idéologique pour la France ? Qu’est-ce que cela nous apprend sur les enjeux prioritaires aux yeux des Français ?

Vincent Tournier :  Si l’hypothèse d’un second tour Macron/Le Pen vient à se concrétiser, ce qui est à ce jour hautement plausible, ce serait effectivement une grande première. Certes, il y a déjà eu des élections où le second tour n’a pas conduit à un affrontement classique entre la gauche et la droite : c’était le cas en 1969 avec Poher et Pompidou, et c’était bien sûr le cas en 2002 avec Chirac et Le Pen.

 

Néanmoins, un second tour Macron/Le Pen serait totalement nouveau. Cela signifierait que, pour la première fois, aucune des deux principales forces politiques du pays n’a réussi à se qualifier, ce qui pourrait marquer le début d’une phase de profonde recomposition. Le revers pour le PS comme pour les Républicains serait d’autant plus terrible que tous les deux ont occupé le devant de la scène avec leurs primaires, dont les historiens diront peut-être qu’elles ont été la dernière tentative visant à sauver le navire.

Ceci étant, l’éventualité d’un duel Macron/Le Pen n’est pas totalement surprenante. Cela fait maintenant plusieurs années que les spécialistes de l’opinion publique voient émerger un nouveau clivage qui vient bouleverser les clivages traditionnels. Ce clivage est étroitement lié à la mondialisation, laquelle suscite désormais des réactions très antagonistes entre les pro et les anti, entre les gagnants et les perdants. La ligne de fracture oppose les partisans d’une ligne libérale-cosmopolite aux partisans d’une logique régalienne-nationaliste ; c’est un clivage qui recoupe aussi une fracture élite/peuple. Or, Emmanuel Macron et Marine Le Pen incarnent parfaitement les deux pôles de ce clivage. Dans une chronique particulièrement pertinente sur RTL en janvier dernier (https://www.youtube.com/watch?v=B9HBCqRR0vw), Eric Zemmour avait bien résumé ce point en disant que ces deux personnalités représentent un « clivage presque chimiquement pur ». En tout cas, il ne s’agit pas d’un clivage superficiel ou accidentel. On a au contraire affaire à quelque chose de très profond, qui va perdurer bien au-delà de l’élection présidentielle.

Pour l’heure, la recomposition des clivages est d’autant plus troublante que, d’une certaine façon, elle se traduit par une inversion des postures républicaines : en assumant explicitement une politique de discrimination positive et de pluralisme culturel, et même si son programme vient temporiser ces déclarations, Emmanuel Macron laisse à Marine Le Pen le monopole des grandes valeurs telles que l’égalité, l’intégration et la nation. Cela risque de poser des problèmes après l’élection car on voit mal comment un tel programme, qui sera donc approuvé dans les urnes au nom de la défense des valeurs républicaines supposées menacées par le FN, pourrait être mis en œuvre sans provoquer de vives réactions. Même les artistes risquent de se voir malmenés car, si Macron est cohérent avec ses déclarations, il devrait remettre en cause les politiques culturelles destinées à soutenir la création artistique nationale. C’est sans doute pour rassurer sur ce point que, dans son programme, il s’est empressé de préciser qu’il ne baisserait pas d’un euro le budget du ministère de la culture. Il s’est toutefois gardé de dire quelle politique culturelle il comptait mener. Il serait intéressant que les journalistes l’interrogent sur ce point.

Dans le cas d’un tel second tour, comment pourrait se comporter l’électorat de droite ? Notamment concernant les électeurs de François Fillon ?

Vincent Tournier :  En fait, il n’y a guère de suspense : une partie des électeurs de Fillon iront vers l’abstention ou le vote FN, mais dans leur grande majorité, ils se reporteront sur Emmanuel Macron. Premièrement, le vote FN reste entouré d’un interdit puissant, même pour les électeurs de droite, comme on a pu le vérifier en 2015 lors des élections départementales et régionales, ce qui a été rappelé Jérôme Jaffré dans une note récente (http://www.fondapol.org/etude/jerome-jaffre-le-front-national-face-a-lobstacle-du-second-tour/). Deuxièmement, toute la force tactique d’Emmanuel Macron a justement été de se rendre à la fois gaucho-compatible et droito-compatible. Il envoie en effet des messages aux deux électorats, si bien que son électorat potentiel se recrute autant à gauche qu’à droite. De plus, son programme social-libéral sur la fiscalité ou la dépense publique va séduire beaucoup plus facilement les électeurs de Fillon que le programme social-régulateur de Marine Le Pen.

 Dans cette étude de l’IFOP, Emmanuel Macron remporterait le second tour face à Marine le Pen à 61% contre 39%, notamment grâce à un report de voix très fort de la gauche. N’est-ce pas une erreur « d’additionner » les votes de cette manière ? Ne faudrait-il pas d’avantage se pencher sur les moteurs des votes (Sociologiques, politiques, et idéologiques) ?

Vincent Tournier : Pour gagner une élection, il faut forcément agréger différents groupes sociaux, différents intérêts qui ne sont pas toujours compatibles. C’est tout particulièrement vrai en France où le scrutin à deux tours incite les candidats à valoriser leurs particularités au premier tour, tout en les obligeant à anticiper une dynamique de rassemblement pour le second tour.

Aujourd’hui, le problème concerne plutôt l’asymétrie dans cette capacité de rassemblement ou d’agrégation. Il est clair que Marine Le Pen et Emmanuel Macron ne partent pas à égalité. La première va faire le plein de ses voix au premier tour ; elle fera certainement un très bon score, disons entre 25 et 30%, notamment parce qu’elle séduit dans les milieux populaires. Elle peut envisager d’accroître sensiblement son score entre le premier et le second tour, ce qui fait une grosse différence par rapport à son père, lequel était resté scotché à 20%, mais elle ne pourra pas guère aller très loin. Emmanuel Macron va se trouver dans la situation inverse : comme il se situe au centre de gravité du pôle social-libéral, il va lui être assez facile d’élargir son assise. C’est ce que montre déjà la diversité des ralliements qu’il reçoit, depuis l’ancien maire communiste Patrick Braouzec jusqu’au libéral Alain Madelin, en passant par François Bayrou ou Daniel Cohn-Bendit.

De plus, Emmanuel Macron va disposer de solides relais dans les élites économiques et culturelles puisque, à la différence de Marine Le Pen, il fait de bons scores chez les cadres. Donc, pour lui, les vraies difficultés vont plutôt se poser après l’élection. Car une chose est de construire une majorité hétéroclite en faisant plaisir aux uns et aux autres, autre chose est de gouverner. Il y a aura forcément des choix à faire, ce qui va provoquer des déceptions. Ces déceptions seront d’autant plus vives que sa base électorale du premier tour risque quand même être relativement étroite, à moins qu’un engouement se produise dans les dernières semaines. De plus, on est dans un contexte assez particulier, avec des défis considérables qui sont posés sans que ceux-ci ne soient réellement discutés durant la campagne : la laïcité, la crise migratoire, le fondamentalisme religieux, l’avenir de l’Europe, les disparités territoriales, etc. Même le terrorisme est totalement absent des débats, comme si celui-ci avait été exorcisé ou refoulé. C’est peut-être ce qui fait la force d’Emmanuel Macron : au fond, en proposant un programme attrape-tout, il donne le sentiment de créer un consensus qui permet d’échapper au tragique de notre temps. Finalement, il vend une sorte de rêve auquel beaucoup ont envie de croire, faute de mieux.

http://www.atlantico.fr/decryptage/voter-macron-pour-evit...

 

Macron:……. celui qui sème le vent, récolte la tempête.

 

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