Ces gratte-papier qui décident du prénom de vos gosses
Appelez votre fille "Fraise" ou "Ananas" ces sympathiques prénoms seront refusés. Mais pas "Clafoutis" comme mademoiselle Courrèges, fille du célèbre couturier. Ni "Térébentine" sans le h déjà fumé, comme une des filles de l’ancienne ministre à la voix de crécelle Cécile Duflot. Accepté sans discuter.
Azor et Zorro sont refusés mais pas Zora
Certes, il y a des prénoms inacceptables. Des mabouls voulaient prénommer leur fille "Clitorine" ou "Vagina". D’autres trouvaient valorisant pour leur fils le joli nom de "Djihad" ou "Seif al islam", sabre de l’islam dont il n’est pas besoin de préciser l’usage. Le pire est que ces choix ne sont pas toujours ceux de mahométans fanatiques mais de koufars débiles parce que c’est tendance.
Il n’existe aucune liste officielle des prénoms interdits en France. Le bon goût est abandonné à l’arbitraire des gratte-papiers. Je suppose que ce serait une tâche herculéenne s’il fallait ajouter aux prénoms judéo-chrétiens ridicules ceux copiés dans les séries américaines, empruntés à la mythologie gréco-bouddhiste, exhumés des batailles du passé ou fabriqués par les parents parce que ça sonne bien à leurs oreilles.
Plus étonnant, il paraît qu’un enfant sur dix en France a un prénom qu’il est quasiment seul à porter. Cléophée, Améliane ou Eudoxie chez les filles. Élyx, Théozen ou Zadok pour les garçons.
Jusque dans les années 1990, les employés de mairie pouvaient refuser d’inscrire un prénom régional, inhabituel voire insolite selon leurs critères perso. Ou l’accepter à la tête du déclarant s’il était plus ou moins copain avec le maire. Ou parfois en fonction de "la petite pièce" qu’on lui glissait sous le comptoir". Pour acheter des jouets à tes enfants ".
L’article 57 du code civil mis à jour en août 2021 a réglementé ces pratiques mafieuses. Il dispose en ses alinéas 4 et 5: " Lorsqu’un prénoms seul ou associé aux autres prénoms ou au nom lui paraît contraires à l’intérêt de l’enfant (…) l’officier de l’état civil en avise sans délai le procureur de la République. Celui-ci peut saisir le juge aux affaires familiales.
Si le juge estime que le prénom n’est pas conforme à l’intérêt de l’enfant (…) il en ordonne la suppression sur les registres de l’état civil. Il attribue à l’enfant un autre prénom qu’il détermine lui-même à défaut d’un nouveau choix par les parents, conforme aux intérêts de l’enfant".
Mais personne ne dit sur quels critères le juge doit se baser pour décider d’un nouveau prénom. Quant à motiver sa décision dans l’intérêt de l’enfant, c’est vague… Vaut-il mieux l’appeler Rackham que Landru? Pimprenelle que Sauterelle? Je doute que le juge adopte la neutralité de l’Assistance Publique qui choisissait autrefois pour les enfants abandonnés le saint du jour de leur naissance ou de leur découverte, selon le calendrier chrétien.
Tout le monde sait qu’en France, il y a la Loi et l’application arbitraire qu’en font des bureaucrates qui compensent la médiocrité intrinsèque de leur pauvre vie par le plaisir d’emmerder les administrés.
Malgré une flopée de textes normatifs, il y a encore des petits fonctionnaires tout-puissants qui acceptent Léa Ricaud et Marc Cassin mais refusent d’inscrire les prénoms basques, bretons, corses, occitans ou tahitiens sous le prétexte "qu’ils ne sont pas français". C’est un abus de pouvoir manifeste!
Mais vu la longueur et le coût d’une procédure, surtout contre l’État, les parents laissent tomber.
Le résultat sera parfois un prénom d’usage reconnu par la pratique et qui peut figurer sous la formule consacrée: "Basile dit Ramuntcho". Pouvant traduire aussi un désaccord parental à l’origine sur le choix du prénom.
Des ronds de cuir conciliants acceptent parfois que le prénom qui leur déplaît soit associé à un autre plus passe-partout, ou écrit de telle manière que l’orthographe et la prononciation s’accordent à leurs normes. Ainsi en Océanie, Atiriano devient Adrien, Mateia Mathieu, Hiro Henri, Raimanu Raymond(e), Heilani Hélène, Tehéiura Thérèse, et Mairenaa Maryse.
Préférence étrangère et islamique
Allergiques à toute forme d’exotisme, sauf de nature coranique, les petits fonctionnaires métropolitains ont toujours accepté sans moufter les prénoms islamiques avec l’empressement des lâches. Et l’application besogneuse de la préférence étrangère s’ils sont de gauche.
A-t-on jamais entendu un employé de mairie dire à une bâchée: "Désolé madame, on va remplacer Mohammed par Maurice, changer Alim en Alain, Eddine en Édouard, Leïla en Lisa et Monina en Monique". La bâchée rigolerait bien en claquant le museau de ce chien d’infidèle: "Fais ce que tu veux, le juge me donnera raison! Pour moi, c’est gratuit!"
Éric Zemmour a été condamné par un tribunal pour une tribune dans laquelle il posait une question de bon sens. Pourquoi les nouveaux citoyens actuels ne donnent-ils pas des prénoms français ou européens à leurs enfants?
Ce serait un bon moyen de favoriser leur intégration et de leur éviter de futures discriminations tout en donnant un gage de loyauté à leur nouvelle patrie. Les immigrés d’antan, il est vrai d’origine et de culture européenne, agissaient de la sorte sans qu’on le leur demande, tant cela semblait naturel. Le plus souvent, ils francisaient le prénom de leurs enfants. Italien, espagnol ou portugais, c’était relativement facile, racines latines obligent. Même des Polonais et des Yougos avec un choix plus limité appliquaient cette règle tacite.
Les Juifs pratiquent ainsi depuis longtemps, même s’ils ajoutent souvent au prénom chrétien un prénom hébraïque. Les prénoms de l’ancien testament qu’affectionnent les protestants mettent tout le monde d’accord.
Seuls les mahométans dès la Troisième République, alors peu nombreux, se cramponnaient aux prénoms coraniques. Parce que leur religion leur en fait obligation et que la ripoublique soi-disant laïque n’a jamais eu le cran de s’y opposer. Alors qu’elle refoulait férocement les Txomin et les Arantxa, les Ronan et les Maïwenn, les Lisandru et les Livia, les Breçs et les Garsenda. Basques, Bretons, Corses, Occitans, vous êtes moins français que des Bédouins ou des Zoulous!
QUAND LA POLITIQUE S’EN MELE, ÇA PEUT REDISTRIBUER LES CARTES
À partir des années 1975, avec le regain de la culture ma’ohie au Fenua, l’État craignant d’attiser les revendications indépendantistes donnait ordre de "conseiller" ses prénoms avec insistance sans rien imposer formellement. Mais l’administration n’a pas suivi partout les circulaires…
Il y a quelques années, j’ai aidé une petite cousine à se faire élire tavana d’une île voisine. Huit mois avant le scrutin, personne ne lui accordait la moindre chance. Je lui ai dit "L’eau, la voirie, l’éclairage, l’assainissement, les ordures ménagères, toutes les listes font des promesses qui seront plus ou moins tenues. Il faut te démarquer. Propose une mesure inédite qui plaira à tout le monde. Dis que si tu deviens mairesse, ta première décision sera d’exiger qu’on accepte sans discuter l’inscription des prénoms ma’ohi".
Plus crédible que les sondages, on a "radio cocotiers" qui enregistre sur les marchés, dans les villages et aux quais des pécheurs l’opinion publique. Et la progression de la cousine était exponentielle. Du jamais vu! Des gens qu’elle ne connaissait pas lui donnaient l’accolade dans la rue. D’autres l’invitaient à déjeuner et se proposaient pour faire sa campagne. Preuve qu’il y avait bien une demande de la population.
Quatre mois avant l’élection, le Tapura et le Tavini, les deux principaux partis lui ont proposé une place éligible sur leur liste avec un poste d’adjointe assuré.
Je lui ai conseillé de refuser et de se battre en reine guerrière conformément à notre tradition familiale. Et elle a gagné.
Christian Navis
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