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  • Gaspillage et propagande: les chaînes parlementaires

    Un débat utile s’est engagé au sujet de la mauvaise gestion et de la partialité de l’audiovisuel public. Mais le cas des chaînes parlementaires n’est pas évoqué. Certes l’enjeu financier et politique est moindre mais c’est un exemple intéressant de l’entre-soi de oligarchie de gauche et du centre, financé par les contribuables. LCP et Public Sénat cumulent moins de 1% d’audience et multiplient les émissions coûteuses et inutiles. Pire, leur ligne éditoriale est régulièrement accusée de partialité, comme en témoigne la polémique récente autour du documentaire pro-LFI " La Jeune Garde ". Il est temps de fusionner ces deux chaînes et de les recentrer sur leur seule mission légitime: la retransmission intégrale des travaux parlementaires.

    DES CHAINES QUI COUTENT CHER

    En 2000, l’État français se dotait de deux chaînes parlementaires, LCP (Assemblée nationale) et Public Sénat, avec pour mission officielle de "former les citoyens à la vie publique" et de diffuser les débats de nos Assemblées. Vingt-cinq ans plus tard, le bilan est catastrophique: 35,6 millions d’euros de budget annuel pour une audience inférieure à 1%.(1)

    Pourquoi un tel gaspillage? Parce que ces chaînes, exemptées de tout contrôle indépendant (ni l’Arcom, ni la Cour des comptes n’ont de pouvoir sur leur gestion ou leur programmation), ont dévié de leur mission première. Au lieu de se contenter de retransmettre les séances plénières et les commissions – ce pour quoi elles sont financées –, elles produisent des émissions coûteuses et élitistes ("Le Banquet", "Ici l’Europe", "Chaque voix compte") avec une faible audience.

    Un doublon absurde et une partialité assumée

    1. Deux chaînes pour faire la même chose: l’absurdité du système

    LCP et Public Sénat partagent le même canal (le 8 de la TNT) et diffusent les mêmes types de programmes: débats parlementaires, émissions politiques, documentaires. Pourquoi deux structures, deux rédactions, deux budgets? La réponse est simple: parce que l’Assemblée nationale et le Sénat tiennent chacune à leur pré carré – au mépris de l’intérêt général.

    1. Une ligne éditoriale du centre et de gauche

    Un pluralisme de façade

    Les parlementaires des deux bords sont invité mais pas les courants extérieurs: les débats opposent souvent LR, PS, LREM et LFI, mais les voix souverainistes (RN, Reconquête), eurosceptiques ou conservatrices sont rarement conviées, sauf pour servir de faire-valoir. Le cas le plus flagrant est Public Sénat, la Haute assemblée ne comprenant pas de sénateurs souverainistes.

    Dans les émissions sur l’Europe ("Ici l’Europe"), les intervenants sont majoritairement pro-UE (députés LR Renaissance, PS, Verts), avec une absence criante de critiques radicales de l’Union.

    DES SUJETS EVITES, DES ANGLES BIAISES

        L’insécurité: rarement traitée sous l’angle des victimes ou des solutions répressives. Les émissions préfèrent aborder la question sous l’angle sociologique ou " préventif ", avec des experts souvent issus de la gauche académique.

        L’islam politique: le sujet est soit ignoré, soit traité avec des intervenants minimisant les risques (ex: chercheurs proches du CCIF ou de collectifs pro-musulmans).

        Le déclin économique: les analyses se concentrent sur les " transitions " (écologique, numérique) et évitent les critiques sur la désindustrialisation ou la concurrence déloyale. Les économistes libéraux ou souverainistes sont quasi absents.

        La guerre en Ukraine: toujours abordée sous un angle russophobe.

    DES EXPERTS ET UNIVERSITAIRES TRES MAJORITAIREMENT DE GAUCHE ET DU CENTRE

        Profil type des invités:

            Économistes: Thomas Piketty, Daniel Cohen, ou des membres de l’OFCE (proche du PS).

            Sociologues/philosophes: Cynthia Fleury, Edgar Morin, ou des chercheurs liés à des groupes de réflexion comme Terra Nova ou la Fondation Jean -Jaurès, proches de la gauche.

            Juristes: militants droit-de-l’hommistes ou du droit européen, rarement des constitutionnalistes critiques envers Bruxelles.

        Absence de diversité: Peu de place pour les chercheurs souverainistes, libéraux ou conservateurs

    Le cas récent le plus flagrant de partialité est celui du documentaire "La Jeune Garde", diffusé en mars 2026 par Public Sénat. Ce film présentait des députés de La France insoumise (LFI) comme " remparts contre l’extrême droite. Quelques jours seulement après l’assassinat de Quentin Deranque. Public Sénat a instrumentalisé un fait divers tragique pour faire de la propagande politique – un comble pour une chaîne censée incarner la neutralité républicaine.

    Que faire? Trois réformes urgentes

    1. Fusionner LCP et Public Sénat

    Une seule chaîne parlementaire, avec un budget divisé par deux et recentré sur l’essentiel: la retransmission intégrale des séances plénières et des commissions.

    1. Mettre fin aux émissions de divertissement politique

    Supprimer purement et simplement les programmes comme "Le Banquet", "Ici l’Europe" ou "Chaque voix compte", qui coûtent cher et n’intéressent personne.

    REMPLACER PAR:

        La diffusion en direct et en différé des travaux de toutes les commissions parlementaires (où se fait l’essentiel du travail législatif).

        Des débats contradictoires, avec une représentation équitable de tous les courants politiques (y compris RN et Reconquête), et non plus seulement des invités de gauche et du centre.

    1. Soumettre la chaîne à un contrôle indépendant

    Aujourd’hui, ni l’Arcom ni la Cour des comptes n’ont de pouvoir sur LCP et Public Sénat. Il est temps d’y mettre fin:

        Placer la chaîne fusionnée sous le contrôle de l’Arcom, comme France Télévisions ou Radio France.

        Instaurer des audits réguliers de la Cour des comptes sur l’utilisation des fonds publics et la diversité des invités.

     

    Jean Lamolie

     

    1 BFM avait en 2024 un chiffre d’affaires de 76 M euros pour environ 2, 8% de part d’audience.