Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Santé - Page 72

  • Le crâne de plastique

    Elle se fait implanter un crâne en plexiglas imprimé en 3D

    Une jeune patiente néerlandaise a bénéficié d'une prothèse très particulière: l'impression en 3D d'un crâne synthétique sur mesure, puisque réalisé à partir de son scanner.

    Une jeune femme de 22 ans souffrait d’un épaississement des os, notamment ceux du crâne. Ce phénomène a fini par compresser le cerveau et provoquer de vives douleurs et la cécité de la patiente.

    Les médecins du  centre médical universitaire d'Utrecht, aux Pays-Bas, ont alors décidé de lui venir en aide en lui implantant une prothèse de crâne réalisée avec une imprimante 3D, à partir de son scanner. Du sur mesure. "Il ne restait plus beaucoup de temps avant que les fonctions essentielles du cerveau ne soient endommagées et que la patiente ne décède", explique au "Figaro" le chirurgien ayant procédé à l'opération.

    L'usage d'une prothèse de crâne imprimée en 3D n'est pas une première mondiale, mais cet implant est le plus grand jamais posé.

    L'opération, qui a duré 23 heures, a été effectuée il y a 3 mois mais le centre médical ne voulait pas communiquer avant de connaître les résultats de l'intervention. C'est un succès total! Non seulement la jeune femme a recouvré la vue et ses maux de tête ont disparu, mais elle a aujourd'hui repris le travail!

     

    futurologie, santé, société, technique, sciences

     

     

     

     

     

     

     

  • Du rejet de la science et de ses conséquences

     

    Publié dans Sciences et technologies

    Le rejet de la science a des conséquences concrètes, tous les jours. En 2011, 15 000 cas de rougeole ont été recensés, en bonne part à cause du rejet de la vaccination.

    Par Th. Levent.

    Laboratoire à l'université de Cologne (Crédits Magnus Manske Licence Creative Commons)Comme chacun sait, la science et ses applications sont les pires ennemis du genre humain, ne parlons même pas des bêtes. Pour illustrer notre propos, prenons l’exemple de la médecine.

    Le vaccin papillomavirus humain (HPV), particulièrement le Gardasil®, serait un horrible poison si l’on en croit la presse après la plainte d’une jeune fille l’accusant d’être à l’origine d’une maladie neurologique dont elle est victime.

    Bien entendu, personne ne s’intéresse à l’avis de la Société de Pathologie Infectieuse de Langue française qui rappelle que : " Les données australiennes démontrent que la vaccination HPV des jeunes filles est efficace pour la prévention des lésions précancéreuses de l’utérus et des cancers de l’utérus. L’analyse de risque effectuée par l’European Center for Diseases Control démontre le bénéfice de cette vaccination en termes de santé publique et ne fait pas apparaître de sur-risque de complication neurologique inflammatoire par rapport à la population non-vaccinée, information confirmée par la Food and Drug Agency. Dans l’état actuel des connaissances, aucun lien de causalité n’a été établi entre une vaccination contre le virus HPV et la manifestation d’une maladie neurologique inflammatoire chronique ".

    Il faut dire que ces remarques émanent d’une société savante, autrement dit d’un groupe d’idiots utiles forcément à la solde des grands groupes pharmaceutiques… Cela rappelle furieusement l’analyse d’autre sociétés savantes vis-à-vis de la célèbre non-étude de Séralini, totalement infirmée dans un silence médiatique assourdissant.

    La défiance savamment entretenue envers la vaccination peut avoir un impact très concret. En 2011, 15 000 cas de rougeole ont été notifiés en 2011, 1 000 cas ont présenté une pneumopathie grave, 31 une complication neurologique et 10 sont décédés.
 Ceci est directement lié à une diminution de la couverture vaccinale.

    Dans l’affaire qui n’en est pas une du Gardasil®, les notions de biais, de facteurs confondants, de limites d’interprétation épidémiologiques… etc., sont largement effacées des écrans radar. Trop compliqué nous dit-on. Sauf que ces informations sont fondamentales pour ne pas gober n’importe quoi.

    C’est donc sur l’ignorance et l’absence de culture scientifique, que jouent nombre de nostalgiques du " c’était mieux avant, la science c’est dangereux, on nous ment, le livre noir du scientisme est ouvert… ". Dézinguons avec application notre savoir-faire en biotechnologie, nanotechnologie et autres recherches sur la manière d’extraire au mieux les gaz de schiste par exemple. Jetons dans les poubelles de l’histoire les vaccins et antibiotiques, la chimie, les ondes hertziennes et les électrons qui ne sont pas verts au motif que tout ceci n’est pas très naturel et peut-être dangereux. La pusillanimité générale inhérente au principe de précaution constitutionnalisé défendu bec et ongle par nos visionnaires Verts tout particulièrement, commence à faire des ravages en gélifiant toute velléité de la moindre prise de risque. La sclérose administrative et psychologique est telle que de plus en plus de nos jeunes très bien formés en France en grande partie sur fonds publics, migrent vers des cieux plus riants, dynamiques et moins pleurnichards. Cela nous coûte la bagatelle de 10 milliards d’euros par an. Encore bravo s’exclament les pays accueillants qui finalement adorent la France.

    Il faut dire que rien n’est fait pour nous faire aimer et comprendre la science et son intérêt, à commencer par la formation scientifique de nos élites dirigeantes toutes ou presque sorties de l’ENA (des administrateurs) ou de HEC Paris (des commerciaux). Bref, tout sauf des créateurs et des chercheurs. Le Japon, l’Allemagne où la Chine n’hésitent pas à promouvoir des scientifiques au gouvernement. La France quant à elle, n’a pas de pétrole, mais possède des scientifiques de haut niveau qu’elle n’écoute pas, même en leur commandant des rapports tous plus instructifs et pragmatiques les uns que les autres (rapports Gallois, Lauvergeon… ) qui finissent tous dans les tiroirs. Un suicide à répétition.

    Deux rayons de soleil éclairent néanmoins cette fin d’année 2013 morose.

    Gilles-Éric Séralini va peut-être devoir passer à la caisse et rembourser les sponsors de la grande distribution qui avaient soutenus " en toute indépendance " l’inoubliable étude qui avait fait la Une du Nouvel Observateur (toujours en toute indépendance) sur la toxicité des OGM (tumeurs à tous les étages). La revue Food and Chemical Toxicology a retiré de sa publication cette étude, qui n’existe donc plus, après réexamen par un comité d’experts qui, de nouveau, confirme la nullité méthodologique des analyses statistiques[1]. Un minimum de recul, de connaissance et d’analyse scientifique journalistique n’aurait certainement pas nui au débat et à l’intelligence des lecteurs. Corinne Lepage, la Brigitte Bardot des chromosomes torturés, reste étrangement silencieuse pour une fois. Seul l’hebdomadaire Marianne a relayé cette information écolo-incompatible.

    Michel Serres, philosophe au savoir immense, persiste à s’émerveiller devant les mutations technologiques, celles de l’information en particulier[2]. Cela nous change du discours catastrophiste habituel des rabougris de l’innovation.

    Tout n’est peut-être pas perdu.

    1.Marianne, n°868 du 7 au 13 décembre 2013.

    2.Serres Michel, Petite poucette, Éditions Manifestes Le Pommier, 2013.

     

  • Tellement énorme que j'ai mis cette note sur mes deux blogs!!!

    Préservatifs bio

    Comment parvenir à "l’éco-orgasme", le plaisir écologiquement correct ? C’est ce que propose l’association Génération cobayes qui a lancé jeudi une campagne pour protéger nos hormones en évitant au maximum l’intrusion de substances chimiques dans l’intimité du couple.

    Après la gastro-bio, la cosméto-bio, voici venu le temps des capotes-bio. Elles pourraient être une solution à certains produits dangereux pour la santé. En cause : les perturbateurs endocriniens, ces substances qui sont " capables de modifier le fonctionnement hormonal et d’induire des effets néfastes ", rapporte l’AFP. Définies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme " des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme, pouvant interférer avec le fonctionnement du système endocrinien",  elles font souvent partie de la composition des préservatifs, lubrifiants et autres produits intimes. Bisphénol A, phtalates, parabènes envahissent le marché de l’intime sans que le consommateur ne le sache.

    Génération cobayes appellent donc les fabricants à plus de transparence sur la teneur de leur marchandise et la jeune génération à exclure ces ingrédients, conseillant notamment " les préservatifs en latex naturel et les lubrifiants à base d’eau ".

    Baisse de la fertilité

    L’exposition à ces perturbateurs endocriniens constituerait notamment "l’explication la plus vraisemblable" à la baisse de la fertilité observée en France ces dernières années, a réagi André Cicolella, toxicologue et président de l’association Réseau environnement santé. Entre un quart et un sixième des couples présentent aujourd’hui des difficultés à concevoir des enfants, c’est-à-dire qu’ils se heurtent à l’impossibilité de la conception pendant au moins un an.

     Également pointés du doigt pour expliquer la hausse du nombre de cancers "hormo-dépendants", principalement les cancers du sein et ceux de la prostate, ces substances ont de quoi inquiéter. Et pour que l’on puisse " tous continuer à se faire du bien sans se faire du mal ", Génération cobayes conseille aux couples qui intègrent la nourriture à leur sexualité, de "privilégier l’agriculture biologique et les produits sans additifs".

     

  • Nano pas tout bon dans le corgnolon!

    Nanotechnologies et nanoparticules dans l’alimentation humaine

    Les nanoparticules sont des particules de très petites tailles. Il existe des nanoparticules naturellement présentes dans notre environnement et dans l’alimentation.

    À ce jour, l’industrie alimentaire n’utilise pas de substances pour leurs propriétés particulières liées à leur dimension "nano". Il n’y a donc pas de type particulier d’aliments dans lesquels on peut trouver des nanoparticules.

    Cependant, certains ingrédients utilisés depuis longtemps se retrouvent qualifiés de "nanoparticule" du fait d’une évolution de la définition réglementaire. Ils sont sur le marché depuis des décennies, évalués, sans que des effets néfastes ne leur aient été attribués. La réglementation européenne prévoit une réévaluation à tout moment si des données nouvelles sont disponibles. Il est important de rappeler que le secteur alimentaire est l’un des plus contrôlés et des plus évalués, la sécurité des denrées étant un prérequis à toute mise sur le marché.

    Lors d'un vote en session plénière à Strasbourg le 12 mars dernier, les eurodéputés ont dit non à la définition proposée par l'exécutif européen relative aux nanomatériaux dans la chaîne alimentaire. Selon eux, cette définition exclue les aliments avec des additifs contenant des nanomatériaux, qui sont pourtant déjà commercialisés.

    La résolution précise que compte tenu des incertitudes actuelles sur la sécurité des aliments, il serait opportun de fixer une valeur seuil pour les nanoparticules utilisées dans les denrées alimentaires, par exemple 10%.

    Dans quels aliments trouve-t-on des " nanos " ?

    Il est difficile d’apporter une réponse catégorique à cette question du fait de l’absence d’un registre officiel et public. Par exemple, de la nanosilice est utilisée depuis plusieurs années comme additif antiagglomérant (par exemple dans le sel). Toutefois, il semble bien que les utilisations alimentaires soient pour l’instant très limitées.

    Mais les perspectives ne manquent pas… Grâce aux nanos, les industriels pourraient enrichir plus facilement les boissons en arômes ou substances à but nutritionnel. Traditionnellement insolubles dans l’eau, certaines vitamines, une fois "nanoencapsulées", pourraient être ajoutées à votre soda préféré sans en altérer l’aspect. D’autres applications sur la texture des aliments ou le masquage d’odeurs sont évoquées. Aux États-Unis, quelques produits alimentaires ayant impliqué des nanotechnologies sont disponiblessur le marché. Il s’agit principalement de suppléments diététiques.

    Mais c’est sans doute avec des emballages " actifs et intelligents " que les nanos pourraient faire leur entrée dans nos cuisines. Des nanoparticules métalliques incluses dans l’emballage permettraient de capter l’oxygène ou de prévenir le développement de germes. De minuscules capteurs situés au contact de l’aliment pourraient détecter d’éventuels agents pathogènes… De quoi augmenter les durées de conservation et limiter les risques d’intoxication alimentaire.

    Parmi toutes ces innovations, il reviendra au consommateur de distinguer les avancées réelles et utiles des simples " gadgets " dont l’industrie est si friande.

    L’évaluation des risques

    Dans l’Union européenne, le Règlement " Novel Food " établit le cadre légal d’autorisation de toute une série de produits " exotiques " (plancton, larves d’insectes…), mais aussi des aliments produits grâce aux nouvelles technologies comme les nanos.

    Tout ingrédient sous la forme de nanomatériaux ou tout aliment issu d’un moyen de production utilisant des nanotechnologies devra donc faire l’objet d’une évaluation au niveau communautaire. Avant sa mise sur le marché, il devra prouver son innocuité (études de toxicité prouvant qu’il n’y a pas de danger pour le consommateur). Afin de garantir l’information du consommateur, les nano-ingrédient approuvés seront mentionnés sur l’étiquetage alimentaire.

    En ce qui concerne les emballages comprenant des nanomatériaux, l’Autorité européenne de sécurité des aliments sera chargée d’en évaluer la toxicité, comme pour toute nouvelle substance destinée à entrer en contact avec les denrées alimentaires.

    En raison de nombreuses zones d’ombre sur les propriétés des nanomatériaux et de leur effet sur la biologie et la santé humaine, la question des risques éventuels pour la santé et l’environnement reste posée. Ainsi, dans son rapport sur les nanotechnologies alimentaires, rendu public le 14 octobre 2008, l’Agence européenne de sécurité sanitaire des aliments pointait de nombreuses incertitudes tant en ce qui concerne la détection des nanoparticules dans l’alimentation que l’évaluation de leurs éventuels effets toxiques.

    La plus grande prudence et le choix

    La CLCV demande un affichage de la présence de nanotechnologies dans les produits de grande consommation. En ce qui concerne l’alimentation, compte tenu des incertitudes existant sur les conditions d’utilisation et le manque de données sur les conséquences sanitaires, l’utilisation des nanotechnologies paraît prématurée. Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) soutient qu’il " faut adapter le cadre législatif européen de manière à assurer une utilisation sûre des nanomatériaux, dans les produits de consommation en particulier, comme la nourriture et les cosmétiques ".

    De son côté, le Conseil national de l’alimentation, dans un avis du 19 juin 2009, recommande, concernant les composants et les aliments issus des nouvelles technologies, " qu’en cas d’absence de méthodologie d’évaluation des risques ou de données reconnues comme suffisamment fiables (ce qui est le cas aujourd’hui des nanomatériaux manufacturés), la mise sur le marché de toute denrée alimentaire, additif, arôme, enzyme, emballage et objet au contact des denrées alimentaires issu de ces nouvelles technologies, ne soit pas autorisée ".

    DÉJÀ DANS LES EMBALLAGES ET LES ADDITIFS ALIMENTAIRES

    Mais elles sont aussi, et de plus en plus, présentes dans le secteur alimentaire pour les innombrables propriétés qu'elles font miroiter – pour les emballages en particulier. Enfin, elles sont directement incorporées dans les aliments via les additifs alimentaires. La silice par exemple. Selon le ministère de l'agriculture, "des produits à l'échelle nanométrique sont utilisés depuis de nombreuses années enEurope et en France dans les aliments courants : la silice, autorisée au niveau européen depuis des années, est produite sous forme nano comme additif anti-agglomérant".

    Or, cet ingrédient – noté E 551 sur les emballages, par exemple dans des sauces tomates et vinaigrées – n'est pas identifié comme "nano", notait l'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail, devenue Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) dans un rapport de 2008 (PDF). Car l'organisme européen en charge des additifs alimentaires considère qu'il n'est pas conçu comme un nanomatériau visant à obtenir des propriétés bien spécifiques, différentes de celles de son cousin aux particules plus grandes. D'après lui, d'ailleurs, "il n'y a pas d'additifs alimentaires produits par les nanotechnologies". Néanmoins, note l'Anses, "il fautsouligner que les agrégats et agglomérats de SAS [silices amorphes synthétiques] doivent être considérés comme des entités nano-structurées".

    En Europe, les nanomatériaux conçus intentionnellement pour l'industriealimentaire sont encore assez marginaux, et plutôt au stade de recherche & développement. Aux Etats-Unis par contre, une étude publiée par Environmental Science & Technology montre qu'ils ont déjà fait leur entrée dans les garde-manger : un Américain consommerait chaque jour des nanoparticules de dioxyde de titane, utilisées comme colorant blanc (E171) dans de nombreux dentifrices et aliments – en particulier les friandises, comme les chewing-gums Trident, les M&M's ou les Mentos. Du coup, les enfants y sont encore plus exposés.

    DANS QUELS ALIMENTS TROUVE-T-ON DES NANOPARTICULES ?

    Les industriels n'étant pas sommés, jusqu'ici, de déclarer les produits contenant des nanoparticules, l'information à ce sujet se fait rare et partielle. S'il existeplusieurs inventaires de ces produits dans le commerce, ils se fondent uniquement sur ce qu'affichent les entreprises – or, l'usage des nanotechnologies est de moins en moins brandi comme argument commercial – sans vérification possible.

    Néanmoins, l'inventaire le plus complet est celui du "Project on emerging nanotechnologies"  réalisé par le think tank Woodrow Wilson Institute. En 2011, il recensait 1 371 produits dans le monde, dont 367 en Europe. Près d'un sur dix concernait le secteur alimentaire : revêtement intérieur des bouteilles de bière Corona, eau pour femmes enceintes et bébés (de La Posta del Aguila), nombreux compléments alimentaires, vitamines et produits amaigrissants... En France – où l'inventaire se borne à des produits cosmétiques, comme le parfum Coco Mademoiselle de Chanel –, il existe une autre base de données de l'Anses, Nano3... qui n'est pas ouverte au public.

    Selon un rapport des Amis de la Terre – qui cite aussi de nombreux produits, de la vitamine E soluble de BASF au revêtement intérieur des réfrigérateurs LG Electronics – "beaucoup des plus grandes entreprises de l'industrie alimentaire, dont Nestlé, Unilever et Kraft, font des recherches en nanotechnologies pour la transformation et l'emballage des aliments". D'après l'association, BASF, Cadbury Schweppes, Danone, Mars Inc. ou encore Pepsico font aussi partie des principales firmes qui investissent dans la recherche sur ces nanomatériaux.

    DES APPLICATIONS VARIÉES

    Les nanoparticules sont à peu près bonnes à tout faire, pour des applications plus ou moins utiles. Dans les emballages alimentaires, elles peuvent servir à barrer la route aux UV, à imperméabiliser un contenant, mais aussi de filtre anti-microbien, d'agent anti-odeurs, de capteur d'humidité... Le nano-aluminium, par exemple, rend le papier aluminium plus réfléchissant et moins collant. De manière générale, noteun rapport de la Food and Agriculture Organization (FAO) et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), elles améliorent "la sûreté, la traçabilité et la durée de conservation des produits alimentaires".

    Au sein des aliments, leurs propriétés sont tout aussi variées. Elles peuventrenforcer les arômes ou les effets nutritionnels d'un aliment, et, selon les Amis de la Terre, réduire les graisses et les calories qu'il contient, augmenter le nombre de fibres, de protéines, ou encore de vitamines, changer sa couleur... "La réduction à l'échelle nanométrique des substances bioactives améliorerait aussi l'acceptation, l'absorption et la biodisponibilité dans l'organisme", notent la FAO et l'OMS.

    UNE INFORMATION RARE

    Malgré toutes ces promesses et cette "entrée silencieuse dans l'alimentation" des nanoparticules, les identifier et les recenser relève toujours du casse-tête. Dans un rapport de 2009, l'ex-Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments, fusionnée avec l'Afsset pour devenir l'Anses) constatait par exemple qu'il n'était "pas possible d'identifier les produits commercialisés relevant des nanotechnologies à partir de notifications ou d'autorisations existantes en l'état actuel de la réglementation dans le champ alimentaire". Et que, "considérant ces incertitudes, l'agence, de même que d'autres instances internationales, a conclu à l'impossibilité d'évaluer l'exposition du consommateur et les risques sanitaires liés à l'ingestion de nanoparticules".

    Face à ces lacunes, les initiatives se multiplient pour renforcer l'expertise dans ce domaine : mise en place d'un groupe de travail permanent à l'Anses en novembre,création d'une plateforme de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) en décembre... Avec parfois un succès mitigé pour gagner la confiance du public : en mai dernier, l'Allemagne annonçait le lancement d'une étude d'une ampleur sans précédent sur les dangers des nanoparticules sur la santé humaine, afin d'établir, si besoin est, des seuils maximaux d'exposition. Elle l'a confiée à la firme BASF, géant de la chimie, en pointe dans le secteur des nanotechnologies

    SOUPÇONS SUR LES RISQUES POUR LA SANTÉ HUMAINE

    La première question qui se pose est celle de l'infiltration, au fin fond de notre corps, des nanoparticules que l'on mange. Plusieurs études montrent qu'elles peuvent franchir les barrières de protection physiques, interférer sur le système immunitaire, pénétrer dans les vaisseaux sanguins, le système lymphatique et divers organes. Selon l'Afssa, "le foie et la rate seraient des organes cible, mais certaines nanoparticules sont retrouvées dans les reins, les poumons, la mœlle osseuse et le cerveau". En outre, la taille des nanoparticules est déterminante dans leurs pérégrinations à travers notre organisme, comme le montre une étude menée sur des souris et citée par l'OMS et la FAO : "Les plus petites particules [d'or] ont été retrouvées dans les reins, le foie, la rate, les poumons et le cerveau, alors que les plus grandes sont presque entièrement restées dans l'appareil digestif."

    La seconde question est celle de l'effet de ces nanoparticules sur notre santé. Question complexe, et jusqu'ici, pas entièrement résolue. En effet, selon Eric Gaffet, directeur de recherche au CNRS, "il est difficile de généraliser sur la toxicité des nanoparticules, car elle dépend de divers paramètres : leur taille, leur morphologie, leur composition chimique... Il suffit qu'un paramètre change pour que leur toxicité change."

    Du côté des nanoparticules de silice par exemple, l'Afsset cite des études montrant que, si elles ne semblent ni cancérogènes ni génotoxiques, elles produisent un effet sur nos cellules : "L'interférence avec [certains constituants cellulaires] peut mener à un dysfonctionnement de la division cellulaire et perturberle trafic cellulaire." Une autre étude publiée en 2012 dans Toxicological Sciences a testé l'effet du nano-argent in vitro et in vivo, injecté dans le sang de rats. Conclusion : les nanoparticules ont été retrouvées jusque dans le noyau des hépatocytes, des cellules du foie, et sont hautement cytotoxiques (altérant des cellules) dans cet organe vital. "Cette étude présente des preuves de la toxicité et du caractère inflammatoire potentiel des nanoparticules d'argent dans le foie, après ingestion.

     

     

  • No future

    Dans un rapport (en anglais) publié dimanche 9 mars, l'ONG internationale Save The Children décrit un système de santé syrien à l'agonie dont les enfants sont les premières victimes. Depuis le début du conflit en mars 2011, 1,2 millions de mineurs auraient trouvé refuge dans des pays frontaliers. En Syrie, 4,3 millions d'autres requerraient une aide humanitaire.

    Évoquant les limites de son enquête sur un terrain de guerre, Save The Children prévient qu'il est probable que la situation en Syrie soit bien pire que celle présentée dans son rapport...

    Des conditions de travail effroyables

    Décrivant des médecins qui opèrent dans des caves insalubres, l'ONG estime que 60% des hôpitaux et 38% des établissements de soins du pays ont été endommagés ou détruits. Avant le début du conflit, la Syrie disposait pourtant d'un système de santé "opérationnel" et "bien considéré".

    Un manque criant de locaux adaptés, mais aussi de personnel médical. À Alep, il ne resterait que 36 des 5000 médecins présents dans la ville au début du conflit. Citant l'OMS (Organisation mondiale de la santé), Save The Children estime à 2500 le nombre de praticiens nécessaires pour procurer des soins décents aux quelque deux millions d'habitants de la ville.

    Esseulés, les médecins qui subsistent en Syrie sont aussi sous-qualifiés pour procurer des soins d'urgence et pratiquer des actes chirurgicaux complexes. Une étude menée fin 2013 dans 45 hôpitaux publics indiquait ainsi que les médecins urgentistes suffisamment qualifiés ne représentaient que 0,3% du personnel.

    Des pénuries de médicaments

    Presque auto-suffisante avant le début du conflit, la Syrie a vu, indique l'ONG, sa production de médicaments chuter de 70% depuis 2011.

    "Nous avons recueilli des témoignages de médecins qui utilisent de vieux vêtements pour les bandages, et de patients qui choisissent d'être assommés à coups de barre de fer faute de pouvoir être anesthésiés."

    Citant le cas d'enfants d'Alep atteints de thalassémie (une forme d'anémie), l'ONG indique que les établissements de la ville ne disposent ni d'unité de transfusion, ni de systèmes réfrigérants pour le stockage des poches, ni même de matériel pour déterminer le groupe sanguin ou tester et dépister le sang.

    "Dans certains cas, les transfusions sanguines sont réalisées directement de personne à personne car il n'y a pas d'électricité", alerte le rapport.

    Des mises au monde dangereuses

    96% des femmes enceintes bénéficiaient d'une assistance médicale pour leur accouchement avant le début du conflit, indique Save The Children. Trois ans plus tard, une étude menée dans 121 sous-districts du pays montre que moins d'un quart d'entre eux offre un accès régulier à un service de natalité en état de fonctionnement.

    Confrontées à la pénurie d'ambulances et aux difficultés d'accès aux soins (manques moyens matériels et humain, barrages routiers...), les femmes enceintes seraient ainsi contraintes d'accoucher sans aide médicale ou de préférer un accouchement par césarienne dans les difficiles conditions décrites ci-dessus (43% des naissances par césarienne en 2013 contre 19% en 2011).

    Autre effet collatéral du conflit qui déchire la Syrie depuis trois ans, le manque de lait en poudre pour nourrissons. Dans un pays où la pratique de l’allaitement est limitée et où le régime contrôle la distribution du lait de substitution, Save The Children estime que 22% des décès de nouveau-nés pourraient être évités si les bébés étaient allaités dès les premières heures de leur vie.

    Des maladies qui progressent

    Selon Save The Children, toujours davantage d'enfants meurent en Syrie de maladies dont ils auraient pu guérir en temps normal (épilepsie, asthme, diabète, hypertension, insuffisance rénale...).

     

    Durant la première semaine de 2014, écrit Save The Children, 84 cas de rougeole ont été signalés chez des enfants de moins de cinq, dans sept des quatorze gouvernorats du pays. Un chiffre à comparer avec les 26 cas de rougeole signalés dans tout le pays en 2010, toutes tranches d'âges comprises.

    Les mêmes tendances auraient été observées concernant la polio et la méningite, deux maladies pour lesquelles il existe pourtant des vaccins. "Les enfants nés après 2010 n'ont pas été vaccinés depuis deux ans", indique Save The Children, évoquant de "lourdes restrictions" à l'accès aux vaccins.

    Toujours selon l'ONG, les cas de leishmaniose, une maladie transmise à l'homme par les mouches, qui affaiblit le système immunitaire et dévore la peau, connaîtraient une augmentation spectaculaire, passant de 3000 avant le conflit à 100.000 trois ans plus tard.

    Et la faim...

    A ces conditions de soins exécrables s'ajoute la faim. Selon un rapport publié lundi par Amnesty, le régime utilise désormais la faim comme "arme de guerre".

    Le rapport évoque surtout le siège du camp palestinien de Yarmouk, dans le sud de Damas, où selon Amnesty près de 200 personnes sont mortes de privations, dont 128 de faim. Au moins 60% des civils bloqués dans le camp souffrent de malnutrition, et les habitants n'ont plus mangé de fruits et de légumes depuis des mois.

    Parmi les morts, 18 étaient des enfants ou des bébés, et les hôpitaux manquent si cruellement du matériel le plus basique que beaucoup ont dû fermer, a également dénoncé Amnesty.

    Quelque 500.000 personnes, vivant dans des zones inaccessibles, ne reçoivent toujours pas l'aide alimentaire dont elles ont besoin, a par ailleurs indiqué lundi 10 mars à Genève un responsable du Programme alimentaire mondial (PAM).

     

  • Première mondiale en France

     

     Des chirurgiens français ont mis au point une méthode inédite pour le remplacement complet d'une valve cardiaque grâce à une chirurgie qui ne nécessite pas d'ouvrir le patient. La procédure permet d'améliorer considérablement la récupération post-opératoire.

    Une première mondiale qui ouvre la voie à des opérations beaucoup plus rapides et moins invasives. Des médecins du CHU de Saint-Etienne sont parvenus à un remplacement total d'une valve aortique sans ouvrir le torse du patient. Une valve aortique (également appelée valve cardiaque) est une partie du cœur qui permet au sang de bien circuler dans l'organe. Pour la remplacer, il fallait jusqu'à présent ouvrir le thorax des patients sur plusieurs centimètres et fracturer le sternum pour effectuer l’opération de vive vue.

    Cette nouvelle chirurgie a été réalisée par endoscopie, soit au moyen d’une sonde introduite par voie percutanée. Des micro-incisions de quelques millimètres ont été effectuées sur le thorax du patient pour permettre le passage d'instruments chirurgicaux, de la nouvelle valve et de fibres optiques pour guider le geste du chirurgien", explique dans le communiqué le Dr Marco Vola, chirurgien cardiaque au CHU de Saint-Etienne qui a mis au point la technique.

     Une opération déjà testée, jamais égalée

    À ce jour, cinq patients ont bénéficié de cette opération aux perspectives intéressantes : elle est moins invasive, évite des cicatrices importantes au patient, dure moins longtemps, cause moins de douleurs post-opératoires et permet une hospitalisation plus courte. Il s'agit pour l'instant d'une nouvelle technique réalisable sur des patients sélectionnés au compte-gouttes, et qui nécessite beaucoup d'entraînement pour l'équipe opératoire (chirurgiens, anesthésistes, cardiologues).

     Plusieurs interventions similaires ont déjà eu lieu ces dernières années. La nouvelle valve aortique était fixée au bout d'un cathéter lui-même acheminé jusqu'au cœur à travers une veine. Mais "la valve défectueuse n'est pas entièrement remplacée, elle est seulement écrasée par la nouvelle, ce qui peut dans certains cas produire des fuites", précise le Dr Vola qui n'exclue pas que cette chirurgie d’avenir soit prochainement étendue à un plus grand nombre de patients.