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Savoir - Page 255

  • À quoi ressemblera un monde sans antibiotique ?

    Après 85 ans d’existence, les antibiotiques sont de moins en moins efficaces. À quoi ressembleront la médecine, l’agriculture et la vie quotidienne si nous les perdons complètement ? Ce texte qui tente de répondre à ces interrogations a été écrit par Maryn McKenna, en collaboration avec le Food & Environment Reporting Network, journal d’investigation bénévole. Il a été publié dans sa version anglaise sur Medium. En voici la traduction française.

    Juste un homme.

    Il y a quelques années, j’ai commencé à parcourir le web pour en apprendre un peu plus sur l’histoire de ma famille. Je me suis inscrite sur Ancestry.com, j’ai renseigné le peu de choses que je connaissais, et, très vite, j’ai été retrouvée par une cousine dont j’ignorais jusqu’ici l’existence, la petite-fille de la sœur aînée de mon grand-père. Nous avons commencé à échanger des documents : la copie d’un extrait de naissance, une photo d’un vieil album de mariage… Au bout de quelques mois, elle m’a envoyé quelque chose d’étrange.

    C’était un scan, en noir et blanc, d’un article découpé du journal Argus de Rockaway Beach, New York – désormais disparu. Sur le scan, l’encre était délavée, il y avait des trous et des irrégularités dus à l’usure du papier journal. L’article avait dû être plié et emporté partout pendant un bout de temps avant que quelqu’un le recolle et le mette de côté.

    Ma famille ne parlait jamais beaucoup du passé, et encore moins de Joe. Je savais qu’il avait été pompier à New York et qu’il était mort jeune, et que son décès avait frappé sa famille d’un chagrin dont elle ne s’était jamais remise. Je savais aussi qu’on avait appris à mon père, encore enfant, lorsque Joe était mort, à le prendre comme modèle. Je savais, enfin, que lorsque mon père avait fait sa Confirmation, quelques années plus tard, il avait choisi comme gardien spirituel le saint du nom de son oncle : saint Joseph, patron de la bonne mort.

    La révolution pénicilline

    On m’avait toujours dit que Joe était mort dans l’exercice de ses fonctions. Il n’avait pas été brûlé, mais blessé et coupé par la chute d’une lourde buse de tuyau en laiton. L’article m’a appris ce qu’il s’est passé ensuite. L’une de ses éraflures s’est infectée. Après quelques jours, il eut très mal à l’épaule ; deux jours plus tard, une fièvre se déclarait. Sa femme et le médecin de famille se relayèrent pendant deux semaines pour le sauver, puis hélèrent un taxi et le conduisirent, 15 miles plus loin, à l’hôpital de la ville où vivaient mes grands-parents. Il y resta une semaine, tremblant et frissonnant, maugréant à cause des hallucinations. Ses organes finirent par défaillir et il sombra dans le coma. Dans un élan désespéré pour le sauver, ses collègues de caserne firent la queue pour lui donner du sang. Peine perdue. Il mourut à 30 ans, en mars 1938.

    " Cinq ans après la mort de mon grand-oncle, la pénicilline changeait la médecine à jamais. Des infections qui, jusqu’alors, étaient synonymes d’une mort certaine purent, du jour au lendemain, être guéries en peu de temps. "

    Cette date n’est pas anodine. Cinq ans après la mort de mon grand-oncle, la pénicilline changeait la médecine à jamais. Des infections qui, jusqu’alors, étaient synonymes d’une mort certaine – qu’elles viennent des champs de bataille, d’accidents industriels, d’accouchements – purent, du jour au lendemain, être guéries en peu de temps. Quand j’ai lu pour la première fois le récit de la mort de Joe, j’ai pu imaginer ce que devait être la vie avant que les antibiotiques nous sauvent. Depuis quelques temps, cette histoire a pris un sens différent. Dans la mort de Joe, je vois ce que la vie pourrait devenir, dans le futur, si les antibiotiques venaient à disparaître.

    Les prédictions sur la mort de l’antibiotique ont émergé dès sa création. La pénicilline fut découverte en 1928 et administrée pour la première fois de manière non-expérimentale en 1943 sur les champs de batailles, sauvant rapidement des soldats sur le point de mourir. À peine deux ans plus tard, l’homme qui découvrit le médicament, Sir Alexander Fleming, prévenait déjà que les bénéfices pourraient être seulement temporaires.

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    Sir Alexander Fleming par Howard Coster.

     

    En acceptant le Prix Nobel de 1945, il dit : " Il n’est pas difficile de rendre les microbes résistants à la pénicilline en laboratoire, il suffit de les exposer à des concentrations trop faibles pour les tuer… Voilà le danger: un homme ignorant peut facilement sous-doser ses prises, et, en exposant les microbes à des quantités non-létales pour eux, rendre ces derniers plus résistants. "

    Fleming, en bon biologiste, savait que l’évolution était inévitable : tôt ou tard, la bactérie allait développer des défenses contre les composés que la toute jeune industrie pharmaceutique lui opposait. Ce qui le préoccupait, c’était la possibilité qu’un mauvais usage de la pénicilline accélère le processus. Chaque prescription inappropriée, à une dose insuffisante, aurait éliminé les bactéries les plus faibles tout en laissant les plus fortes survivre (c’est le principe des stimulateurs de croissance utilisés en agriculture, qui furent inventés quelques années après le discours de Fleming). Une bactérie peut muter en une petite vingtaine de minutes : chaque année, des dizaines de milliers de générations de bactéries allaient élaborer des stratégies de survie – de quoi dépasser rapidement les nouveaux médicaments, même puissants.

    La prédiction de Fleming s’avéra correcte. Un staphylocoque résistant à la pénicilline émergea en 1940, alors que très peu de patients bénéficiaient déjà du remède. La tétracycline fut introduite en 1950, et une bactérie résistante à la tétracycline vit le jour en 1959. Alors que les antibiotiques devenaient plus accessibles, moins chers et plus utilisés, les bactéries développèrent des défenses de plus en plus vite. La méticilline arriva en 1960, la bactérie qui y résistait en 1962 ; la lévofloxacine arriva en 1996 et on nota les premiers cas résistants la même année ; Le linézolide en 2000 et la bactérie résistante en 2001, la daptomycine en 2003 et les premiers signes de résistance en 2004.

    Avec les antibiotiques perdant de leur utilité si rapidement — et donc n’amortissant pas leur coût de création, estimé à 1 milliard de dollars par médicament –, l’industrie pharmaceutique a perdu son enthousiasme pour en créer davantage. En 2004, il y avait seulement cinq nouveaux antibiotiques en développement, contre plus de cinq cents médicaments contre les maladies chroniques, pour lesquelles la résistance n’est pas un problème — et qui, contrairement aux antibiotiques, sont pris durant des années, pas pour quelques jours.

    " En septembre, le docteur Thomas Frieden, directeur du centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies, lançait un avertissement sans fard : " Si nous ne sommes pas prudent, nous serons bientôt dans une ère post-antibiotique. Pour certains patients et certains microbes, nous y sommes déjà. "

    Depuis, les microbes résistants ont encore augmenté en nombre, et, en partageant leur ADN les uns avec les autres, sont devenus encore plus durs à traiter avec les quelques médicaments qui restent. En 2009, et de nouveau cette année, les chercheurs en Europe et aux États-Unis ont sonné l’alarme à propos d’une forme inquiétante de résistance connue sous le nom de CRE, pour laquelle seul un antibiotique fonctionne encore.

    Les autorités sanitaires ont lutté pour convaincre le public qu’il y a une crise. En septembre, le docteur Thomas Frieden, directeur du centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies, lançait un avertissement sans fard : " Si nous ne sommes pas prudent, nous serons bientôt dans une ère post-antibiotique. Pour certains patients et certains microbes, nous y sommes déjà. " Le directeur médical en chef du Royaume-Uni, Dame Sally Davies , qui qualifie la résistance aux antibiotiques de menace aussi sérieuse que le terrorisme, a récemment publié un ouvrage dans lequel elle imagine ce qui pourrait se produire ensuite. Elle dresse le portrait d’un monde où la contagion est si dangereuse que n’importe qui, même avec des symptômes mineurs, serait mis en quarantaine jusqu’à ce qu’il guérisse ou meure. C’est une vision pessimiste, pensée pour choquer. Mais il se peut en fait que cela sous-estime ce que la perte des antibiotiques signifierait.

    En 2009, trois médecins new-yorkais ont soigné un homme de soixante-sept ans qui avait subi une intervention chirurgicale majeure et avait ensuite contracté une infection nosocomiale qui était pan-résistante, ce qui signifie qu’elle ne réagissait à aucun antibiotique. Il décéda quatorze jours plus tard. Quand ses médecins ont raconté son cas dans un journal médical quelques mois après, ils semblaient toujours sous le choc. " C’est une rareté pour un médecin dans le monde développé d’avoir un patient qui meurt d’une infection irrésistible pour laquelle il n’y a pas d’options thérapeutiques ", racontent-ils, appelant le décès de l’homme " le premier cas, dans notre expérience clinique, pour lequel nous n’avions pas de traitement efficace à offrir ".

    " Comme les infections deviennent maintenant plus dangereuses, l’industrie médicale sera encore moins disposée à prendre des risques. "

    Ils ne sont pas les seuls médecins à endurer ce manque d’options. Le docteur Brad Spellberg de l’école de Médecine David Geffen, de l’UCLA, a entretenu une telle colère face à inefficacité des antibiotiques qu’il en a écrit un livre. Aussi sinistre qu’ils puissent être, les décès en hôpital dus à des infections résistantes sont faciles à rationaliser : peut-être que ces personnes étaient juste âgées, déjà malades, différentes de nous d’une manière ou d’une autre. Mais des décès comme celui-ci sont en train de changer la médecine. Pour protéger leurs propres installations, les hôpitaux marquent les nouveaux patients qui pourraient porter des bactéries intraitables.

    La plupart de ces patients viennent de maisons de repos médicalisées et d’unités de soins intensifs à long terme (une alternative de soins intensif où celui qui a besoin d’un ventilateur pour des semaines ou des mois peut rester). Il y a tellement de patients dans ces institutions qui sont porteurs de ces bactéries hautement résistantes que les employés des hôpitaux les isolent quand ils arrivent et s’inquiètent du danger qu’ils posent aux autres. Comme les infections deviennent maintenant plus dangereuses, l’industrie médicale sera encore moins disposée à prendre des risques.

    Ces calculs de risques s’étendent bien au-delà du fait d’admettre des patients possiblement contaminés d’une maison de repos médicalisée. Sans la protection offerte par les antibiotiques, des catégories entières de pratiques médicales seraient repensées. Beaucoup de traitements requièrent d’éliminer le système immunitaire, afin d’aider à éliminer le cancer ou pour permettre de garder un organe transplanté d’une façon viable.

    Cette suppression rend les patients inhabituellement vulnérables à l’infection. Les antibiotiques réduisent la menace : sans eux, la chimiothérapie ou le traitement par rayons seraient aussi dangereux que le cancer qu’ils cherchent à guérir. Le docteur Michael Bell, qui dirige un service de prévention des infections au CDC, m’a dit : " Nous nous occupons de ce risque pour le moment en chargeant les gens avec des antibiotiques avec un large spectre, parfois pendant des semaines. Mais si on ne peut plus faire ça, la décision de prendre en charge quelqu’un prend une autre dimension éthique. De même pour les transplantations. Et les brûlures graves sont fortement sensibles aux infections. La tâche de garder les gens en vie pour les unités de brûlés deviendrait très, très difficile. "

    La chirurgie en difficulté

    Les médecins pratiquent régulièrement des procédures qui comportent un risque d’infection extraordinaire si des antibiotiques ne sont pas utilisés. La plus courante de ces pratiques pourrait être n’importe quel traitement qui requiert la mise en place de portails dans le flux sanguin et qui donne aux bactéries une route directe au cœur ou au cerveau. Cette situation écarte donc la médecine avec soins intensifs, avec ses ventilateurs, ses cathéters et ports — mais aussi quelque chose d’aussi banal qu’une dialyse de reins, qui filtre mécaniquement le sang.

    " Ces bactéries sont bénignes dans leurs habitats habituels dans le corps, mais introduisez-les dans le sang, comme peut le faire la chirurgie, et les infections sont pratiquement garanties. "

    Prochain sur la liste : la chirurgie, spécialement sur des parties du corps qui abritent de larges populations de bactéries tel que l’intestin et l’appareil urinaire. Ces bactéries sont bénignes dans leurs habitats habituels dans le corps, mais introduisez-les dans le sang, comme peut le faire la chirurgie, et les infections sont pratiquement garanties. Et elles se transmettront aux appareils implantés, parce que les bactéries peuvent former des couches collantes d’infection sur la surface de l’appareil qui ne peuvent être détruites que par des antibiotiques.

    Le docteur Donald Fry, membre de l’Académie Américaine de Chirurgie, diplômé de médecine en 1972, déclare : " Au cours de ma vie professionnelle, j’ai été époustouflé de voir ce qu’on peut faire avec des prothèses en matériaux de synthèse : articulations, vaisseaux sanguins, valves cardiaques. Mais lors de ces opérations, l’infection représente une catastrophe. " Des économistes de la santé britanniques ont récemment calculé le coût de la résistance aux antibiotiques. Pour examiner la manière dont elle affecte les opérations, ils ont étudié son impact sur la pose de prothèses de hanches, une opération ordinaire chez les Baby Boomers. Ils ont estimé que, sans les antibiotiques, une personne sur six décèderait des suites de l’opération.

    Les antibiotiques sont administrés prophylactiquement avant des opérations lourdes telles que les interventions à cœur ouvert, de même qu’avant les opérations de routine comme les césariennes et les ablations de la prostate. Sans ces médicaments, les risques posés par ces opérations changeraient, de même que la propension des chirurgiens à les effectuer.

    " Vu l’occurrence de fautes professionnelles de nos jours, pensez-vous qu’un docteur voudra faire une greffe de moelle osseuse, sachant qu’il fait face à un très haut risque d’infection mortelle ? " interroge le docteur Louis Rice, titulaire de la chaire de médecine à l’université Brown. " De plus, les soins de santé sont, de nos jours, un système plutôt capitalistique : les gens font des opérations car elles sont rentables. Mais d’ici cinq ou dix ans, nous recevrons probablement une somme fixe pour nous occuper des patients. Et nous considérons alors que certaines opérations ne vaudront plus le risque d’être effectuées. "

    Les interventions médicales peuvent induire un risque important, mais nos vies quotidiennes sont relativement risquées elles aussi. Une des premières personnes à recevoir de la pénicilline de manière expérimentale était un policier britannique, Albert Alexander. Son corps était tellement infecté que son cuir chevelu suintait de pus, et il a fallu lui retirer un œil. L’origine de cette infection : une éraflure avec un bouton de rose. Du fait de la très faible quantité de pénicilline disponible à l’époque, Albert Alexander a montré des signes de rétablissement, mais mourut lorsque les antibiotiques vinrent à manquer.

    Avant les antibiotiques, cinq femmes sur mille décédaient lors de l’accouchement. Une personne sur neuf affligée d’une infection cutanée en décédait, même lorsqu’elle provenait d’une simple éraflure ou d’une piqûre d’insecte. Sur dix personnes souffrant de la pneumonie, trois en mourraient. Les otites provoquaient la surdité ; les maux de gorge étaient suivis de défaillances cardiaques ; dans un monde sans antibiotiques, feriez-vous le mariole avec des outils électriques ? Laisseriez-vous votre enfant grimper à un arbre ? Feriez vous un deuxième enfant ?

    " Aujourd’hui, si vous voulez être un bon hipster pur jus et vous faire faire un tatouage, vous ne mettez pas votre vie en danger " affirme Michael Bell. " Les injections de Botox, les liposuccion, induiraient un risque mortel. Même conduire jusqu’à votre lieu de travail ! On se repose sur les antibiotiques pour transformer un accident majeur en quelque chose de surmontable, et non pas en peine de mort. "

    La prédiction de Michael Bell reste une hypothèse, mais les infections résistant aux antibiotiques sont de plus en plus présentes dans la vie de tous les jours. Des dizaines d’athlètes universitaires et professionnels, tout récemment Lawrence Tynes des Buccanners de Tampa Bay, n’ont pu participer à des matchs, voire à des saisons entières à cause du SARM, un staphylocoque résistant aux antibiotiques. Des jeunes filles ont perdu leurs sourcils du fait d’une infection à cause de tatouages maquillage permanent. L’an dernier, trois membres d’une famille du Maryland — une vieille femme et ses deux enfants — ont succombé à une pneumonie résistante qui s’est déclarée après de simples cas de grippe.

    SARM, staphylocoque résistant.

    À l’université de Los Angeles (UCLA), Brad Spellberg a traité une femme atteinte de ce qui semblait être une simple infection des voies urinaires – mais qui a résisté à deux traitements aux antibiotiques. La femme était en choc septique, et l’infection avait détruit son épine dorsale. Un traitement de la dernière chance du dernier antibiotique non encore testé lui sauva la vie, mais elle a perdu l’usage de ses jambes. " Voici le danger qui nous menace : des personnes vivant des vies normales, et qui soudainement développent des infections quasi intraitables ".

    En 2009, Tom Dukes — un homme de cinquante-quatre ans adepte de roller et de body-building — a développé une diverticulose, un problème plutôt banal qui provoque la création de poches dans les parois intestinales. Il s’en occupait normalement, faisant attention à son alimentation et suivant l’évolution des symptômes, quand des brûlures d’intestin motivèrent son transfert aux urgences. Une des poches s’était déchirée et avait déversé des bactéries intestinales dans son abdomen — mais pour des raisons que personne ne parvint à expliquer, ces bactéries qui auraient dû n’être que des E. coli normales firent montre d’une remarquable résistance aux médicaments. Les chirurgiens procédèrent à l’ablation de vingt centimètres de colon. Au fil des mois, Dukes parvint à se rétablir grâce à l’aide d’antibiotiques de dernier recours administrés par intraveineuse. La douleur et la fatigue se sont cependant poursuivies sur plusieurs années après l’intervention chirurgicale. " Je vivais ma vie, une vie très saine. Je ne m’étais jamais douté que cela aurait pu m’arriver. "

    Dukes est persuadé, bien qu’il n’ait aucune preuve, que la bactérie qui se trouve dans ses intestins est résistante aux médicaments puisqu’il mangeait de la viande issue d’animaux quotidiennement nourris à base de substances antibiotiques. Ce ne serait pas surprenant : la plupart du bétail est élevé de cette façon aux États-Unis. À des degrés divers en fonction de leur taille et de leur âge, les bovins, les cochons et les poulets – et dans d’autres pays, les poissons et les crevettes – reçoivent des doses régulières d’antibiotiques pour accélérer leur croissance, augmenter leur poids, et les protéger des maladies. En termes de poids, 80 % des antibiotiques vendus chaque année aux États-Unis sont utilisés dans l’agriculture, principalement pour engraisser les animaux et les protéger de l’environnement dans lequel ils sont élevés.

    La résistance animale

    Une part de plus en plus importante de la recherche scientifique met en relation l’utilisation d’antibiotiques dans l’élevage des animaux et l’apparition de bactéries résistantes aux antibiotiques : dans les intestins mêmes des animaux, dans les engrais que les fermiers utilisent sur leurs récoltes ou gardent en réserve sur leur sol et aussi dans les maladies humaines. La bactérie résistante se transmet des animaux aux humains, par les eaux souterraines, la poussière, les mouches et la viande issue de ces animaux.

    Une étude annuelle sur la viande vendue au détail conduite par la Food and Drug Administration – faisant partie d’un projet plus large engageant le CDC et le département d’agriculture américain et s’intéressant aux animaux, à la viande et aux maladies humaines – identifie des organismes résistants chaque année. Dans son rapport de 2011, publié en février dernier, la FDA a trouvé (parmi d’autres résultats) que 65 % des poitrines de poulet et 44 % du bœuf haché portaient des bactéries résistantes à la tétracycline, et 11 % des côtelettes de porc portaient des bactéries résistantes à cinq classes de médicaments. Si vous ne la manipulez pas avec soin, la viande transporte ces bactéries dans votre cuisine, puis, si vous ne la cuisez pas suffisamment longtemps, dans votre corps – et des infections résistantes en résultent.

    " Le monde agricole et l’industrie pharmaceutique vétérinaire s’y sont opposés, prétextant que les antibiotiques agricoles n’avaient pas d’effet avéré sur la santé humaine. "

    Des chercheurs et des militants ont essayé pendant des années d’inciter la FDA à limiter l’utilisation abusive d’antibiotiques dans les fermes, généralement sans succès. Dans les années 1970, l’agence tenta de contrôler les méthodes agricoles en révoquant la permission d’utiliser la pénicilline et la tétracycline comme " accélérateurs de croissance " mais cette tentative n’a jamais abouti. Le monde agricole et l’industrie pharmaceutique vétérinaire s’y sont opposés, prétextant que les antibiotiques agricoles n’avaient pas d’effet avéré sur la santé humaine.

    Cependant, peu se sont demandés ce que les bactéries résistantes à plusieurs médicaments peuvent signifier pour la protection des animaux de ferme. Une ère post-antiobiotique menacerait l’agriculture, ainsi que la médecine. En plus des accélérateurs de croissance, les éleveurs de bétail utilisent des antibiotiques au cours d’une procédure intitulée " prévention et contrôle " administrant des doses régulières pour traiter et protéger des animaux, individuellement ou par troupeaux entiers. Si ces antibiotiques s’avéraient inefficaces, alors les animaux souffriraient : les maladies individuelles ne pourraient pas être traitées, et dans les conditions de surpeuplement dans lesquelles la plupart du bétail est élevé, la plupart des maladies se propageraient rapidement.

    Les vaches d’élevage, traitées aux antibiotiques, par Vaarok.

    De plus, si la suppression des antibiotiques oblige à changer les méthodes d’élevage, les fermiers en pâtiraientt aussi. D’autres méthodes visant à protéger les animaux des maladies – élargir les granges, diminuer le surpeuplement, et retarder le sevrage pour que le système immunitaire des animaux ait plus de temps pour se développer – sont coûteuses à mettre en place et les marges bénéficiaires de l’agriculture sont déjà minces. En 2002, les économistes du National Pork Producers Council ont estimé que le retrait des antibiotiques dans l’élevage de porc obligerait les fermiers à dépenser 4,50 $ de plus par cochon, un coût qui se répercuterait par la suite sur les consommateurs.

    H. Morgan Scott, un épidémiologiste vétérinaire de l’université de l’état du Kansas m’apprit comment les antibiotiques sont utilisés pour contrôler une maladie majeure affectant le bétail, le complexe respiratoire bovin. " Si un éleveur décide de sevrer ses veaux à l’automne et de les transporter, cela est risqué pour le veau, et une des choses qui permet à cette situation de perdurer est l’usage des antibiotiques. Si ces antibiotiques n’étaient pas disponibles, soit les gens paieraient un prix bien moins important pour ces mêmes veaux, soit l’éleveur les garderait probablement tout l’hiver " en payant des coûts supplémentaires pour les nourrir. C’est pourquoi, sans antibiotiques, ces fermiers seraient confrontés soit à des revenus plus bas, soit à des coûts plus élevés.

    L’élevage du bétail n’est pas le seul aspect de la production alimentaire qui compte sur les antibiotiques et qui serait menacé si ces médicaments venaient à devenir inefficaces. Ces médicaments sont administrés systématiquement sur des poissons et des crevettes d’élevage, surtout en Asie, afin de les protéger contre les bactéries qui se répandent dans les bassins d’élevage où les fruits de mers sont nourris : par conséquent, cette industrie souffre énormément des maladies liées à la résistance aux antibiotiques et se presse de trouver une alternative. Aux États-Unis, ces antibiotiques sont utilisés afin d’empêcher les maladies affectant les arbres fruitiers de se répandre, mais leur champ d’action est limité.

    En 2000, le " feu bactérien ", une infection capable de résister à la streptomycine, a failli détruire toutes les récoltes de pommes et de poires du Michigan. L’année dernière, cette même bactérie a fait son apparition dans certains vergers dans la partie nord de l’État de New York, l’un des plus importants producteurs de pommes, derrière celui du Michigan. " Nos producteurs n’ont jamais vu un problème d’une telle ampleur, et ils ne sont pas parés à affronter cela " nous explique Herb Aldwinckle, professeur en phytopathologie à l’Université de Cornell. " Notre analyse mène à penser qu’il ne reste qu’un seul antibiotique utile. "

    " En réalité, l’industrie pharmaceutique, la seule encore capable d’empêcher ce déluge, aura le devoir de se replonger dans un marché qu’elle juge peu enviable. "

    Dans des pays comme le Danemark, la Norvège ou encore les Pays-Bas, la réglementation gouvernementale des antibiotiques utilisés en médecine et en agriculture, a permis d’aider à maîtriser l’évolution rapide de la bactérie avant qu’elle ne devienne trop résistante. Mais aux États-Unis, il n’a jamais été question d’instituer de telles mesures, l’alternative libérale consistant à demander aux médecins et aux consommateurs d’utiliser les antibiotiques de manière conventionnelle, a été mise en application depuis plusieurs décennies, en vain. Comme cette lutte de longue haleine visait à réduire les antibiotiques utilisés en agriculture, le FDA (Food and Drug Administration – l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) compte prochainement établir de nouvelles règles concernant l’agriculture, une démarche qui sera dénommée " conseils pour l’industrie ", purement volontaire et en aucun cas une mesure législative.

    Arrêter le déluge

    En réalité, l’industrie pharmaceutique, la seule encore capable d’empêcher ce déluge, aura le devoir de se replonger dans un marché qu’elle juge peu enviable. Le besoin de nouveaux composants pourraient bien forcer le gouvernement fédéral à inciter les entreprises à développer ces médicaments, notamment par l’extension des brevets ou encore l’adaptation aux besoins de l’industrie pour les essais cliniques. Mais à chaque fois que la recherche sur les médicaments est relancée, l’apparition d’une nouvelle substance prend au moins dix ans, de sa conception à sa commercialisation. Étant donné l’inflexibilité du développement de cette bactérie, il n’y a pas de solution possible pour les années à venir, et encore moins de solution immuable. En attendant, l’industrie médicale ressort des vieilles techniques telles que la propreté irréprochable dans les hôpitaux, mais explore également de nouvelles pistes.

    Bactériophage, virus guérisseur.

    C’est le cas par exemple de la mise en œuvre de détections informatisées concernant les prescriptions des patients dans leurs dossiers médicaux, qui débouche sur des prises de décisions instantanées afin de s’assurer que les médicaments ne sont pas prescrits de manière abusive. La menace de l’arrivée de cette ère post-antibiotique inciterait même à reconsidérer les " phages ", ces assemblages de virus qui étaient le pilier des soins médicaux utilisés par l’Union Soviétique pendant la Guerre Froide. Jusque-là, le FDA les avait autorisés sur le marché américain uniquement pour garantir l’hygiène lors de la conception d’aliments industriels et non pas pour des soins médicaux.

    En attendant que quoi que ce soit de cela ne se réalise, la perspective d’une ère post-antibiotique doit être prise au sérieux. Les observateurs continuent à affirmer que cette tendance reste toujours peu probable. " Personne ne souhaiterait se retrouver dans une unité de soins intensifs, branché à un respirateur artificiel, tout ça à cause d’antibiotiques " affirme Rice de la Brown University, au Texas. " Une fois que c’est arrivé, en général, on préférerait vraiment l’oublier ", ajoute-t-il.

    Quand j’imagine comment pouvoir faire face à cet avenir éventuel, je prends le temps de relire la nécrologie de mon grand-oncle. Cet avis de décès abritait des traces d’un langage désuet, qui portait également le chagrin d’une petite ville. Le monde est rempli de personnes communes, et c’est principalement pour cela qu’aucun éditorial ne leur est consacré. Pourtant, parmi ces femmes et hommes du quotidien, dont aucun d’eux n’était réellement talentueux, aussi bien dans le domaine de la politique que du social, de la religion, de l’économie ou de quelconque spécialité de la sorte, il reste de temps en temps un petit nombre d’individus qui sortent du lot : ceux qui défendent des qualités immuables, celles qui sont du domaine du sacré.

    " Joe McKenna était ce genre d’homme. Il mourut dans la fleur de l’âge. "

    Joe McKenna était ce genre d’homme. Il mourut dans la fleur de l’âge. Joe n’était pas ce qu’on appelle " quelqu’un de talentueux ". Pourtant, peu d’hommes ne furent regrettés davantage par leurs voisins que ce jeune homme, à la chevelure rousse; et par " regretté“, je parle d’une désolation sincère et réelle.

    Je fis défiler le curseur de ma souris au-dessus de ce scan délabré, plié et froissé, ravagé par des années de maltraitance à être transporté ici et là. Je m’imaginais la grand-mère de mon cousin aplatir ce morceau de papier si fragile, comme si elle caressait délicatement le front de son frère ; puis de lire cet éloge de mon grand-oncle, qu’elle a sans doute dû apprendre par cœur, avant de le refermer. Je me souviens des quelques histoires que me racontait mon père, où comment le décès de Joe avait brisé notre famille: mon grand-père était devenu un personnage rempli d’amertume, ma grand-mère était, elle, devenue haineuse et distante.

    Je me suis imaginé à la place de Joe, la trentaine, fraîchement marié, admiré par ses semblables, fasciné par l’attrait de son boulot. Si seulement il avait su que quelques années plus tard, sa vie aurait pu être sauvé en quelques heures à peine. Je pense qu’il aurait adoré les antibiotiques, il les aurait vénérés même. Et notre manque de considération envers ces antibiotiques, ceux qui l’auraient sauvé, aurait été une réelle peine pour lui.

    http://ragemag.fr/a-quoi-ressemblera-monde-sans-antibiotiques-56706/

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    Ma grand-mère paternelle espagnole, venue en France en 1915, a eu 11 enfants… 5 garçons et 6 filles… de ces 6 filles, 5 sont décédées de ces maladies infantiles que l'on soigne aujourd'hui avec des antibiotiques. Ce sont les Américains qui nous ont amené la pénicilline juste après la guerre, ici, en Europe.

    En 1958, j'ai, personnellement fait ce que l'on appelait à l'époque, une “broncho-pneumonie double“. On m'a traité à la pénicilline… j'avais 8 ans… pour un enfant, ça valait le coup d'utiliser un antibiotique… ils étaient chers à l'époque… il n'y avait même pas d'ambulance à prendre la nuit… et, de toute façon, j'étais intransportable dixit le médecin… il a dit à mes parents que je ne passerai sans doute pas la nuit, cette nuit du 24 décembre 1958…. tu parle d'un Noël…

    le médecin avait cette habitude que ces maladies ne se guérissait jamais…

    la pénicilline, on ne l'a trouvait pas partout, en France….

    ce Flemming… ne l'oubliez jamais… il vous a déjà sauvé la vie, j'en suis sûre!

     

  • Pendant ce temps-là, en Chine....

    Politique technologique

    Retour sur les dix événements scientifiques chinois phares de l'année 2013

    Pour la vingtième année consécutive, l'Académie des sciences de Chine (CAS) et l'Académie d'ingénierie de Chine (CAE) ont sélectionné les 10 meilleures avancées scientifiques chinoises qui ont marqué l'année 2013 :

    1) L'atterrissage en douceur de Chang'e-3 sur la Lune

    La Chine a lancé le 2 décembre 2013 la sonde lunaire Chang'e 3 depuis le centre de Xichang dans le Sichuan. Une partie de la sonde a effectué un alunissage en douceur le 14 décembre pour déposer un petit véhicule d'exploration (rover, dénommé Yutu, "lapin de jade"), lequel a une durée de vie nominale de trois mois. La sonde et le rover ont tous deux été développés par la China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC), avec un coût de développement qui serait de l'ordre de 1,4 milliard de yuans (environ 170 millions d'euros).

     Avec Chang'e 3 la Chine est devenue le troisième pays à effectuer un alunissage en douceur, après l'Union soviétique (Luna-9 en février 1966) et les Etats-Unis (Surveyor-1 en avril 1966).

     

    2) Le lancement réussi du vaisseau spatial Shenzhou X

    Le 11 juin 2013, la Chine a lancé avec succès sa cinquième mission spatiale habitée, Shenzhou X. L'équipage de la mission, composé de trois taïkonautes (deux hommes et une femme), a décollé du centre de lancement de Jiuquan, propulsé par une fusée de type Longue Marche 2F. Pendant cette mission de 15 jours, la plus longue mission habitée réalisée par la Chine, les taïkonautes ont réalisé deux arrimages de leur vaisseau au module Tiangong-I, laboratoire spatial dans lequel ils ont séjourné 12 jours pour réaliser des expériences médicales, des travaux de maintenance, des tests techniques, et des tests d'arrimage manuel. C'est également depuis le module Tiangong-I que les taïkonautes ont donné à des lycéens un cours sur les principes de base de la physique, retransmis à la télévision.

     

    3) La première observation expérimentale de l'effet Hall quantique

    Les scientifiques chinois ont fait la toute première observation expérimentale d'un phénomène connu sous le nom de l'effet Hall quantique (Quantum Anomalous Hall, effet QAH), une découverte qui pourrait accélérer la révolution informatique et le développement d'équipements électroniques de faibles puissances. Cette découverte permettrait de réduire la consommation d'énergie inutile découlant de collisions irrégulières d'électrons et ainsi de construire un supercalculateur de la taille d'une tablette.

     

    4) La découverte de l'origine de la grippe aviaire H7N9 et les importants progrès faits dans l'étude de la transmission inter-espèces de la grippe aviaire H5N1

    La Chine a connu une émergence de grippe aviaire H7N9 à partir de février 2013, qui a provoqué plus de 130 cas d'infection. D'après des scientifiques de l'université de Fudan à Shanghai, le virus de la grippe aviaire H7N9 proviendrait d'oiseaux sauvages de l'Est de la Chine. Grâce au séquençage génétique, ils auraient découvert que le sous-type NA du N9 trouverait son origine dans le lac Hongze dans la province du Jiangsu. Par ailleurs, les scientifiques chinois ont découvert qu'un sous-type du virus H7N9 pouvait se lier à un récepteur humain. Un article publié dans la revue Science en date du 23 mai 2013 par le centre de recherche commune sur la grippe (State Key Laboratory of infectious diseases de Shantou), rapporte que la souche H7N9 infecte les voies respiratoires supérieures des furets et des porcs, et se propage par contact direct. La transmission de mammifère infecté à mammifère sain est exclue, ce qui suggère que les cas humains d'infection à virus H7N9 sont très probablement causés par contact direct avec des oiseaux infectés ou leurs déjections.

     

    5) Tianhe-2 à la première place des supercalculateurs les plus puissants du monde

    En juin 2013, la Chine a pris la première place mondiale des supercalculateurs avec Tianhe-2, devant les Etats-Unis et le Japon. La liste du Top 500 des supercalculateurs classe deux fois par an, en juin et en novembre, les supercalculateurs les plus puissants du monde. Depuis le tout premier supercalculateur Yinhe-I construit en 1983, c'est la deuxième fois que la Chine assemble le supercalculateur le plus puissant du monde. Tianhe-1A avait remporté le titre en novembre 2010, avant d'être détrôné par l'ordinateur japonais K six mois plus tard.

     Construit en 15 mois par l'université nationale de technologie de la défense (UNTD) à Changsha (province du Hunan), Tianhe-2 possède une capacité de calculs 11 fois supérieurs à son prédécesseur Tianhe-1A.

     

    6) Le développement du matériau le plus léger du monde

    Une équipe de recherche chinoise de l'université du Zhejiang près de Shanghai a développé le matériau nanoporeux le plus léger du monde qui présenterait notamment des qualités remarquables pour le traitement des pollutions aux hydrocarbures.

     Le professeur GAO Chao et son équipe de recherche sur les nano-polymères du département de sciences et d'ingénierie des polymères auraient en effet développé un aérogel de graphène d'une densité de 0,16 mg par centimètre cube, soit un sixième de celle de l'air. Selon les tests effectués par l'équipe de recherche, l'aérogel serait en mesure d'absorber rapidement les composés organiques. Ainsi, 1 gramme d'aérogel pourrait absorber 68,8 grammes de matières organiques par seconde. De fait, l'aérogel de carbone pourrait être appelé à jouer un rôle important dans le traitement des pollutions et la purification de l'eau et de l'air.

     

    7) Le développement d'un dispositif diode laser à rayonnement ultraviolet profond unique au monde

    Une diode laser à rayonnement ultraviolet profond, développé par l'Académie des sciences de Chine (CAS), a passé les premiers tests de fonctionnement, faisant de la Chine le premier pays en possession d'un tel instrument. Le dispositif utilise un cristal de difluoroborate de béryllium potassium (KBBF), cristal non-linéaire permettant de convertir la lumière d'un laser en rayons ultraviolets profonds, de longueur d'onde inférieure à 200 nm propice à l'étude de la surface des supraconducteurs. L'équipe de chercheurs entre actuellement dans la seconde phase du projet qui consiste à développer, grâce à un programme du ministère chinois des finances, six autres dispositifs de diode laser à rayonnement ultraviolet profond.

     

    8) Spectroscopie Raman à ultra-haute résolution

    Des chercheurs de l'université de science et technologie de Chine (USTC) sont parvenus à atteindre la plus grande résolution possible à ce jour par spectroscopie Raman. D'une valeur inférieure à 1nm, cette résolution pourrait permettre la caractérisation chimique d'une seule molécule.

     

    9) La construction d'un générateur d'énergie nucléaire avec la plus grande capacité du monde

    Avec ces deux réacteurs EPR d'une capacité installée de 1 750 MW, soit la puissance par unité la plus élevée au monde, la centrale nucléaire de Taishan est en cours de construction dans le sud de la province du Guangdong. De technologie française, cette centrale nucléaire est construite et sera exploitée par la Taishan Nuclear Power Joint Venture Co (TNPJVC), une joint-venture créée en 2008 entre la China General Nuclear Power Holding Corporation (CGNPC à 51%), Electricité de France (EDF à 30%) et, depuis 2012, l'électricien du Guangdong Yuedian (19%).

     

    10) Le premier ordinateur mimétique au monde

     

    En s'appuyant sur de nouveaux concepts informatiques basés sur la bionique, les sciences cognitives et des nouvelles technologies de l'information, des scientifiques chinois de l'Académie d'ingénierie de Chine (CAE) ont développé le premier ordinateur au monde à configuration variable dynamique capable de s'adapter aux différents besoins des utilisateurs.

  • Des muscles artificiels à base de filets de pêche

    Des muscles artificiels à base de filets de pêche

    Des chercheurs de l’université de Dallas-Texas, aux États-Unis ont mis au point un muscle artificiel, cent fois plus puissant qu'un muscle humain, à base de... filet de pêche et de fil à coudre.

    Des chercheurs de l’université de Dallas-Texas, aux États-Unis ont mis au point un muscle artificiel, cent fois plus puissant qu'un muscle humain, à base de... filet de pêche et de fil à coudre.

    L'invention. Vos objets du quotidien peuvent avoir des vertus insoupçonnés. Des chercheurs de l’université de Dallas-Texas, aux États-Unis ont mis au point un muscle artificiel, cent fois plus puissant qu'un muscle humain, à base de... filet de pêche et de fil à coudre. Leur invention, présentée vendredi dans la revue Science, permet notamment au muscle de fonctionner à l’énergie thermique, à la lumière ou même avec du carburant.

    Des muscles surpuissants. Précisément, les muscles sont fabriqués à base de polymère, matériaux très résistants présents dans les filets de pêche et le fil à coudre. Et ils peuvent soulever 100 fois plus de poids qu’un muscle humain.

    "Les applications possibles pour ces muscles polymères sont multiples. Aujourd’hui, les robots humanoïdes les plus avancés, les membres prosthétiques et les exosquelettes portables sont limités par des moteurs et des systèmes hydrauliques, dont la taille et le poids restreignent la dextérité, forcent la génération et la capacité de travail", explique le Dr Ray Baughman, à l'origine de la trouvaille.

  • 10 avancées médicales de 2013 !

    10 avancées médicales de 2013 !  

    Même si LA nouveauté de l'année est la première implantation d'un coeur artificiel définitif, 2013 a apporté son lot d'avancées significatives. Rétrospective.

    Par Anne Jeanblanc - Point.fr

    1 - La première implantation mondiale d'un larynx artificiel a été réalisée en France en juin 2012, mais n'a été dévoilée qu'en octobre dernier. Elle donne aux malades atteints d'un cancer de la gorge l'espoir d'éviter une trachéotomie et donc de vivre presque normalement. Cette prothèse a été mise au point au CHU de Strasbourg.

    2 - Un stimulateur cardiaque dépourvu de sonde a été implanté pour la première fois chez un malade français en novembre dernier au CHU de Grenoble ; dix fois plus petit qu'un pacemaker classique, il est amené dans le coeur par un cathéter qui emprunte les vaisseaux sanguins, à partir de la veine fémorale.

    3 - Actuellement, 80 % des femmes atteintes d'un cancer du col de l'utérus vivent dans des pays en développement, le frottis, qui en permet le dépistage, étant trop coûteux. Une méthode bon marché vient d'être validée: si, une minute après l'application de vinaigre sur le col utérin à l'aide d'un coton-tige, les tissus deviennent blancs, ils sont précancéreux; sinon leur couleur ne change pas.

    4 - Des chercheurs sont parvenus à aller détruire les stocks de virus "planqués" dans des cellules du système immunitaire, notamment les macrophages; un brevet français vient d'être déposé pour la molécule permettant d'y parvenir. C'est un espoir de venir définitivement à bout du redoutable HIV.

    5 - La radio-embolisation, qui consiste à injecter des billes radioactives dans les artères hépatiques pour une irradiation localisée, est à l'essai dans une vingtaine d'établissements français pour soigner des personnes atteintes d'un cancer du foie. Les résultats sont prometteurs.

    6 - Les paralysés pourraient bientôt à nouveau bouger grâce au Neurogel, une substance conçue pour être implantée dans la moelle épinière et qui permettrait de rétablir la connexion entre le cerveau et les membres inertes.

    7 - Des chercheurs ont montré que les bactéries intestinales viennent en renfort de la chimiothérapie pour l'aider à agir encore plus efficacement contre les cellules tumorales. L'importance du microbiote (les cent mille milliards de bactéries qui prospèrent dans nos entrailles) composé est encore confirmée.

    8 - Non seulement les cellules souches du sang assurent le renouvellement continu de nos cellules sanguines, mais elles sont en plus capables de produire, à la demande et en urgence, les globules blancs qui aident l'organisme à faire face à une inflammation ou une infection.

    9 - Un nouveau mécanisme de régulation de l'appétit vient d'être découvert. Il ouvre une piste aussi prometteuse pour le traitement de l'obésité que pour celui de l'anorexie.

    10 - Des chercheurs marseillais ont identifié un marqueur présent dans le sang qui permettra de prédire un accident vasculaire cérébral et peut-être aussi d'évaluer le risque d'infarctus. Il sera alors possible de les traiter préventivement.

     

  • En 2015, les voitures appelleront elles-mêmes les secours en cas d'accident

    En 2015, les voitures appelleront elles-mêmes les secours en cas d'accident

    En cas d'impossibilité pour le conducteur d'appuyer sur le bouton, l'alerte se fera automatiquement .

    À compter d'octobre 2015, tous les nouveaux modèles de voitures en Europe devront être équipés d'un bouton d'appel d'urgence. Ce système baptisé eCall a été validé, ce mardi, par la commission du Marché intérieur du Parlement européen. Le vote définitif devrait intervenir dans les mois prochains.

    À partir d'octobre 2015, tous les nouveaux modèles de voitures en Europe seront un peu plus intelligents. Ils devront être équipés d'un bouton qu'il suffira de presser pour alerter automatiquement les services de secours. En cas d'impossibilité pour le conducteur d'appuyer sur le bouton, l'alerte se fera automatiquement et le véhicule sera géolocalisé.

    Dans les cartons des autorités européennes depuis plusieurs années, ce système baptisé "eCall" vient de franchir une étape supplémentaire. La commission du marché intérieur du Parlement européen s'est prononcée ce mardi en faveur de cette technologie qui avait donné lieu à des désaccords tenaces entre pays. Cette dernière devrait donc être adoptée par le parlement européen en février ou mars prochain.

    Le temps d'intervention sera réduit

    Concrètement l'eCall qui sera connecté au 112, - un numéro réservé aux appels d'urgence et déjà en vigueur aujourd'hui dans l'Union européenne - permettra d'alerter plus rapidement les secours. Selon l'Europe, le temps d'intervention des pompiers et du Samu sera réduit "de 50% en zones rurales et de 40% en zones urbaines". Selon Bruxelles, quelque 2500 vies pourraient être ainsi sauvées chaque année

     

  • Passionnant!

    Perception, conscience et intelligence existent avant la naissance !

    Le 19 avril dernier, une équipe de recherche franco-danoise, dirigée par Sid Kouider, du Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique (ENS Paris, CNRS) publiait dans la prestigieuse revue " Science ", un article qui a eu un grand retentissement au sein de la communauté scientifique internationale.

    Cette étude, intitulée " Découverte d’un marqueur neuronal de la perception consciente chez le nouveau-né " (LSCP), a, pour la première fois, établi de manière rigoureuse l’existence chez le nourrisson d’une réponse cérébrale à des stimuli extérieurs, identique à celle des adultes.

    Les chercheurs sont parvenus à cette surprenante conclusion en analysant l’activité cérébrale de bébés de 5 à 15 mois. Au cours de ces expérimentations, ils ont pu montrer que l’enchaînement des événements neurologiques entraînés par la vision, même très brève, d’un visage, s’effectue de manière identique chez ces nourrissons et chez les adultes.

    Ces scientifiques savaient déjà que, chez l’adulte, ces marqueurs de la conscience montraient l’existence d’un mécanisme à double détente, aboutissant à la perception d’un évènement extérieur.  Dans un premier temps, la réponse du cerveau est non-consciente et se traduit par une activité cérébrale linéaire. Mais dans une deuxième phase, au bout d’environ 0,3 seconde, cette activité connaît une brusque rupture qui correspond, selon les scientifiques, à l’apparition de la conscience.

    Pour connaître le niveau de perception et de conscience exacte de ces nourrissons, les chercheurs ont mesuré l’activité électrique du cerveau de 80 bébés, âgés de cinq à 15 mois, exposés à des visages qui leur étaient soumis plus ou moins brièvement.

    Les résultats sont étonnants puisque l’étude précise que " Pour tous les groupes d’âge, il a été observé la même réponse tardive et non-linéaire que chez les adultes, confirmant la présence de cette signature neuronale de la conscience chez ces nourrissons ".

    Ce mécanisme de la conscience perceptive chez les bébés fonctionne juste un peu plus lentement que chez les adultes, se déclenchant au bout d’une seconde, au lieu d’un tiers de seconde chez l’adulte. Mais il ne s’agit pas d’une différence de nature quant au mécanisme fondamental à l’œuvre dans le cerveau.

    Sid Kouider, le jeune et brillant chercheur qui a dirigé ces travaux, précise que la conscience dont il est question dans ces expériences est une conscience perceptive, une conscience primaire. Il ne s’agit pas de la conscience réflexive qui apparaît plus tard et permet au sujet de se concevoir comme séparé du monde qui l’entoure.

    Mais, comme le précise ce scientifique " Nous pouvons, à l’issue de ces expériences, affirmer que les bébés possèdent des mécanismes d’accès à la conscience".

    Cette découverte fondamentale confirme et prolonge de récentes recherches qui démontrent les étonnantes capacités de raisonnement abstrait et probabiliste des nouveau-nés et même des prématurés.

    Des chercheurs du CNRS dirigé par Vittorio Girotto ont par exemple montré (CNRS) dans une étude publiée en mai 2011 dans la revue " Science ", que les bébés sont capables, à partir d’un an, alors qu’ils ne savent pas encore parler, d’utiliser une faculté cognitive que l’on croyait réservée à des enfants beaucoup plus âgés : la prévision rationnelle, dans un environnement complexe et inconnu, d’événements possibles, en s’appuyant sur un calcul de probabilités.

    Pour parvenir à ce constat qui a beaucoup étonné la communauté scientifique, ces chercheurs ont montré de petits films à 60 bébés âgés d’environ un an.

    Dans ces vidéos, les bébés pouvaient voir un ensemble d’objets ayant différentes formes et différentes couleurs rebondir dans un récipient transparent dont le fond pouvait s’ouvrir. Ce récipient était ensuite masqué. Quand le fond s’ouvrait, les bébés pouvaient voir l’un des objets en sortir.

    Les chercheurs ont alors mesuré la durée de l’attention des enfants face aux différentes scènes, en supposant que ces bébés regarderaient plus longtemps un événement qu’ils considéraient comme inattendu et improbable.

    Et c’est exactement ce qui s’est passé puisque les différences de niveau d’attention constatées montraient clairement que ces enfants faisaient des prédictions probabilistes correctes et étaient surpris lorsqu’ils voyaient sortir du récipient des objets qui ne correspondaient pas à leurs prévisions.

    Ces travaux, comme ceux de Sid Kouider, ont fait l’effet d’une petite bombe dans le domaine des sciences cognitives car ils remettent en cause une partie du cadre théorique de référence concernant le développement cognitif de l’enfant, formulée par Jean Piaget, il y a plus d’un demi-siècle. Celui-ci, dans sa description des différentes phases de la construction cognitive chez l’enfant, considéraient en effet qu’une telle faculté n’était pas en place avant l’âge de sept ans.

    En avril 2012, une autre découverte étonnante, réalisé par des chercheurs du CNRS, dirigés par Édouard Gentaz, est venue également bousculer la conception généralement admise des capacités cognitives chez les bébés. (NCBI).

    Cette étude a en effet montré que les prématurés, dès la 31e semaine de grossesse, sont capables de reconnaître avec une main un objet déjà manipulé par l’autre main. Ces observations expérimentales montrent qu’une aire cérébrale impliquée dans le transfert d’informations, le corps calleux, est déjà opérationnelle chez ces enfants nés avant terme.

    Il y a trois ans, la même équipe de recherche avait déjà montré pour la première fois que les prématurés étaient capables de mémoriser la forme des objets à partir de l’information tactile que ces bébés parvenaient à en extraire…

    Il faut également évoquer une autre étude, publiée en février 2013 et réalisée par une équipe associant des chercheurs de l’Inserm, du CEA et du NeuroSpin. Ces recherches, dirigées par Fabrice Wallois et Ghislaine Dehaene-Lambertz, visaient à évaluer les capacités de discrimination auditive de nouveaux-nés prématurés, nés deux à trois mois avant le terme. (Voir " Capacités de discrimination syllabique chez les enfants prématurés " (INSERM)

    Certaines études avaient déjà montré que les nouveaux-nés étaient capables, à la naissance, de distinguer des syllabes proches, de reconnaître la voix de leur mère et même de différencier diverses langues humaines. Mais le débat se poursuivait au sein de la communauté scientifique pour savoir si ces capacités chez les bébés résultaient de mécanismes innés d’aptitude au langage, ou étaient le résultat d’un apprentissage des spécificités de la voix maternelle au cours des dernières semaines de grossesse

    Des expériences réalisées dans le cadre de cette étude ont montré que ces enfants prématurés possédaient déjà une capacité d’identification d’un changement de syllabe et de repérage d’un nouveau son, ce qui montre que les fœtus disposent bien, avant la naissance, de capacités intrinsèques d’acquisition du langage.

    Pour parvenir à ces conclusions étonnantes, les chercheurs ont stimulé auditivement les nouveau-nés prématurés, en les exposant à deux sons de syllabes proches, prononcées, soit par un homme, soit par une femme. Les réactions cérébrales de ces enfants ont ensuite été analysées à l’aide d’un système d’imagerie optique utilisant la spectroscopie. C’est cette analyse qui a permis de montrer qu’en dépit d’un cerveau immature, les prématurés sont à la fois réceptifs aux changements de voix (homme ou femme) et aux changements de phonèmes.

    Ces travaux ont également montré que les réseaux de neurones mobilisés par ces aptitudes chez le prématuré sont très proches de ceux à l’œuvre chez le sujet adulte.

    Il semble donc, à la lumière de ces récentes expériences, qu’avant même qu’un apprentissage quelconque ait pu produire ses effets, le cerveau du fœtus est déjà équipé pour pouvoir " décoder " et traiter le type d’information correspondant à la parole humaine.

    Ces travaux passionnants et ces avancées majeures dans la connaissance de la construction cognitive chez le jeune enfant tendent à confirmer la théorie d’une grammaire générative, innée et universelle formulée par le philosophe et linguiste américain Noam Chomsky, il y a plus de 50 ans.

    Dans cette hypothèse, que Chomsky n’a cessé d’enrichir et de compléter au fil des décennies, la grammaire générative est conçue comme un système de règles grammaticales permettant de générer toutes les phrases de la langue.

    Les travaux de Chomsky ont non seulement bouleversé la linguistique mais également l’ensemble des sciences cognitives et partent d’un constat empirique : comment se fait-il qu’un très jeune enfant puisse produire et comprendre instantanément de nouvelles phrases qui sont différentes de toutes celles qu’il a déjà entendues, à la fois en termes de prononciation et d’intonation et sur le plan de la structure et de l’organisation.

    L’idée maîtresse de Chomsky est que cette remarquable capacité d’acquisition linguistique repose sur l’utilisation par l’enfant d’une " grammaire générative " innée et génétiquement programmée qui va permettre à l’enfant de développer très précocement et même in utero des capacités linguistiques inexplicables dans le seul cadre de l’apprentissage et de l’environnement.

    Pour autant, cette approche " nativiste ", qui semble confortée par les récentes découvertes des sciences cognitives, rend-elle caduque et inopérante l’approche constructiviste chère à Jean Piaget.

    La réponse est non car un nombre croissant de chercheurs considèrent aujourd’hui que cette opposition scientifique, épistémologique et philosophique entre " constructivistes " et " nativistes " doit être dépassée.

    Il n’est en effet pas contradictoire, ni incohérent d’admettre que le nouveau-né dispose déjà d’un extraordinaire outil d’analyse cognitive, sans doute génétiquement programmé, qui lui permet déjà de réaliser des opérations de calcul et d’évaluation abstraite et d’accéder très tôt au sens du langage  et qu’il va ensuite développer et modifier tout au long de sa vie, son propre système d’appréhension mental, cognitif et symbolique du monde, en fonction de son histoire affective, corporelle, sociale et culturelle singulière.

    C’est bien pourquoi, en dépit de l’extraordinaire viatique cérébral et cognitif dont nous disposons, avant même notre naissance, nous ne cessons de commettre au cours de notre vie des erreurs de raisonnement, de prendre des décisions illogiques et de faire des choix non prévisibles.

    En effet, comme l’avait bien vu Piaget et comme l’ont développé depuis de grands scientifiques comme Antonio Damasio, qui refusent une vision neurobiologique réductrice de l’homme, notre esprit s’inscrit dans un corps et son fonctionnement, même dans les domaines les plus abstraits et les plus logiques, n’est jamais séparable du monde infini de perception, d’émotions et de sensations qui nous entoure et des liens affectifs que nous ne cessons de tisser avec les autres.

    Loin de nous réduire à des êtres qui seraient essentiellement déterminés par leurs gènes, ou au contraire de faire de l’homme, une entité désincarnée, dont la dimension biologique serait effacée, ces découvertes majeures et convergentes dans le domaine des sciences cognitives montrent que notre extraordinaire capacité à penser et à construire notre représentation du monde est inséparable de cette unité retrouvée entre corps et esprit et de cette spirale ascendante qui va de la vie à la conscience et par laquelle nous construisons notre irréductible liberté.