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Savoir - Page 252

  • Ceci n'est pas un spermatozoïde. C'est un robot

     

    Le "MagnetoSperm" pourrait faciliter "l'administration ciblée de médicaments, la fécondation in vitro, le tri de cellules et le nettoyage des artères obstruées". Entre autres.

    Photo d'illustration. (DURAND FLORENCE/SIPA) Un spermatozoïde. Photo d'illustration. (DURAND FLORENCE/SIPA)

     

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    Qu'est-ce qui est très petit et se déplace particulièrement bien en milieu liquide ? L'intitulé pourrait être celui d'une blague (salace), mais la réponse est très sérieuse : les spermatozoïdes. Des chercheurs ont donc décidé de s'en inspirer pour créer un micro-robot, baptisé le MagnetoSperm.

    Créés par des scientifiques de l'université de Twente aux Pays-Bas, et de l'université allemande du Caire, en Egypte, les robots doivent leur nom à la fois à leur façon de se déplacer - en utilisant les champs magnétiques - et à leur forme, explique "Business Insider", relayé en France par "Slate.fr".

    "Ce système se compose d'une structure ressemblant à une cellule de sperme avec une tête magnétique et une queue souple de respectivement 42 micromètres et 280 micromètres de long. L'épaisseur, la longueur et la largeur de cette structure sont respectivement de 5,2 micromètres, 322 micromètres et 42 micromètres", détaille la revue "Applied Physics Letters".

    Pour avoir un ordre de grandeur, un cheveu mesure entre 50 et 100 micromètres de diamètre, rappelle "Slate". Les têtes sont recouvertes d'une couche de nickel-cobalt de 200 nanomètres, qui leur permet de réagir à un champ magnétique.

    Fécondation in vitro

    "Les applications de ce micro-robot sont diverses : l'administration ciblée de médicaments, la fécondation in vitro, le tri de cellules et le nettoyage des artères obstruées, assure Sarthak Misra, un des chercheurs, à "ITWorld".

    En effet, leur taille et leur capacité de déplacement pourraient permettre aux médecins d'accéder aux capillaires sanguins ou aux artères. Une "petite" révolution

  • Activité solaire : vers un refroidissement climatique?

    L’activité solaire des prochaines décennies va-t-elle conduire à un refroidissement ? Un aperçu des dernières publications scientifiques.

    Par le Dr Sebastian Lüning et le professeur Fritz Vahrenholt

    Rarement le soleil n’a été aussi fort qu’au cours des cinq dernières décennies. Est-ce juste une coïncidence que le plus grand réchauffement des 500 dernières années se soit produit pendant cette phase ?

    La tendance a changé il y a quelques années, quand le soleil a achevé sa phase hyperactive. Peu de gens l’avaient prévu, et ce fut une surprise pour beaucoup. Le physicien solaire Leif Svalgaard de l’Université de Stanford en Californie s’est exprimé comme suit à l’American Geophysical Union en décembre dernier : " Aucun d’entre nous encore vivant n’a jamais vu un cycle si faible. Donc, nous allons apprendre quelque chose. Ainsi la science commence à réfléchir et à examiner où tout cela pourrait nous conduire. Les derniers travaux sur le sujet sont de Qian et al. 2014 (" Changements séculaires de la thermosphère et de l’ionosphère entre deux périodes de soleil tranquille "), de Zhao et al. 2014 (" Modulation des rayons cosmiques galactiques pendant le minimum solaire inhabituel entre les cycles 23 et 24″) et de McCracken & Beer 2014 (" Comparaison du minimum solaire prolongé de 2006 à 2009 avec le Grand-Minima de l’activité solaire dans le passé par Dalton, Spoerer et Maunder ").

    Après un certain nombre d’études, la situation s’est éclaircie. Ce n’est qu’un début ! Il est prévu que le soleil continue à se calmer au cours des prochaines décennies. Cette conception est devenue le consensus parmi les physiciens solaires. Les dernières études sur le sujet proviennent de Roth & Joos 2013, qui supposent qu’une baisse à des niveaux normaux de l’activité solaire aura lieu au cours du 21e siècle. Salvador 2013 va plus loin et prévoit un minimum solaire pour les 30-100 prochaines années. En voici le résumé :

    En utilisant de nombreuses caractéristiques de la théorie du Couple des Marées d’Ian Wilson, un modèle mathématique du cycle des taches solaires a été créé. Il reproduit l’évolution des durées de cycle des taches solaires et a une corrélation de 85% avec le nombre de taches solaires de 1749 à 2013. Le modèle permet une représentation raisonnable du cycle des taches solaires sur les 1000 ans passés, en plaçant tous les minimums solaires à leurs périodes exactes. Plus important encore, je crois que le modèle peut être utilisé quantitativement pour prévoir les cycles solaires futurs pour les 30 ans à venir et pour les tendances sur 100 ans. Ces prévisions sont réalisées pour un soleil minimum et calme pour les 30 à 100 prochaines années. Le modèle est un système chaotique à évolution lente avec des phases qui ne sont jamais répétées exactement de la même façon. Les causes des cycles de taches solaires peuvent être trouvées en regardant les phases du modèle et en les reliant à des aspects de la théorie des Couples des Marées et, éventuellement aux interactions des champs magnétiques de Jupiter.

    Dans le Journal of Geophysical Research une étude par Goelzer et al. parue en décembre 2013 prévoit aussi une baisse de l’activité solaire.

    Quelles pourraient en être les conséquences climatiques ? Dans notre livre Die Kalte Sonne (" Le soleil froid "), nous pensons que les températures pourraient être deux dixièmes de degré plus basses en 2030, ce qui signifierait que le réchauffement serait reporté loin dans l’avenir. Les scientifiques russes prévoient une situation encore plus dramatique, comme décrit dans le premier quotidien national allemand Bild du 4 avril 2013

    ET MAINTENANT CECI ! Les scientifiques russes voient l’âge de glace approcher très bientôt.

    Il va faire plus froid au début de 2014: Une migration humaine ne peut pas être exclue.

    Juste un mois plus tôt le Stime Russlands  clamait :

    La planète est au seuil de l’âge de glace.

    Des scientifiques russes prédisent qu’un petit âge glaciaire débutera en 2014. Ils réfutent les allégations de réchauffement de la planète et les décrivent comme un artifice de marketing. Le réchauffement climatique est bien une réalité. La terre s’est continuellement réchauffée depuis la seconde moitié du 18e siècle, au début de la révolution industrielle. C’est pourquoi on a relié le processus à un impact anthropique. L’humanité a accru ses émissions de CO2, ce qui a provoqué un effet de serre. Mais le scientifique russe Vladimir Baschkin apporte un désaccord catégorique. Il affirme que les changements climatiques ont un caractère cyclique et ne sont pas du tout liés, en aucune façon, aux activités humaines. Avec son collègue, Rauf Galiullin, de l’Institut pour les Problèmes Fondamentaux de la Biologie de l’Académie des Sciences de Russie, il souligne que le réchauffement actuel n’est que l’après du Petit Age Glaciaire et que, mesurée sur une échelle géologique, l’apparition d’un nouvel âge de glace se rapproche.

    D’autres scientifiques partagent aussi ce point de vue, parmi eux le professeur Cliff Ollier de l’École d’Études de la Terre et de l’Environnement à l’Université de Western Australia :

    Le Professeur Cliff Ollier a récemment présenté une étude à Poznan, en Pologne, dans laquelle il décrit le soleil comme le principal responsable du climat, mais pas par effet de serre. " Il s’agit d’une très bonne corrélation entre les taches solaires et le climat. Les cycles solaires fournissent une base pour cette prévision. Le cycle solaire 24 a commencé et on peut s’attendre à un fort refroidissement. "

    H.S. Ahluwalia du Département de physique et d’astronomie de l’Université du Nouveau-Mexique voit ce refroidissement de façon similaire, comme il le décrit dans un article de la revue Advances in Space Research de février 2014. Ahluwalia s’attend à un minimum de températures de type Dalton et nous rappelle que le dernier minimum de ce genre, vers 1810, a donné lieu à une période froide.

    Sur le web. Traduction : Jean-Pierre C. pour Contrepoints à partir d’une version anglaise.

     [*] Le géologue Sebastian Lüning sera l’un des orateurs de la prochaine 9ème Conférence Internationale du Changement climatique à Las Vegas les 7 au 9 juillet.

    https://www.contrepoints.org/2014/05/13/165847-activite-solaire-vers-un-refroidissement-climatique

     

  • Coronavirus: des nouvelles du patient français

     

    un an après, le second malade est toujours hospitalisé

    Tout est allé très vite. Le 17 avril, l’Englefontainois rentre d’un séjour à Dubaï. Le 22 avril, il se rend à l’hôpital de Valenciennes, pensant souffrir de troubles digestifs. Des signes d’insuffisance respiratoire apparaissent six jours plus tard. Le coronavirus, susceptible de provoquer aussi bien des rhumes que des syndromes respiratoires aigus sévères (SRAS) prend ce temps pour incuber. Avant d’être placé en isolement, le malade avait partagé une nuit la chambre d’un autre patient. Un habitant d’Aulnoye-Aymeries, de 51 ans.

    Contagion par l’air, l’Avesnois contracte le coronavirus à son tour. Le 13 mai, il est placé sous assistance ventilatoire par respirateur. " Nous sommes très préoccupés car il n’est plus capable d’assurer ses besoins en oxygène sans l’aide d’un respirateur artificiel ", expliquait le professeur Daniel Mathieu, chef du pôle de réanimation du CHR de Lille.

    Le premier malade est décédé le 28 mai de " défaillance multiviscérale ". Le second restait dans un état sérieux. Il est toujours hospitalisé au CHRU de Lille. " Il est en soins de suite. Son état est stable ", nous dit l’agence régionale de santé. " Il n’est plus en réanimation, confirme le centre hospitalier. Il n’est plus en isolement depuis la fin de l’année dernière. Il n’est plus porteur du virus, ni même contagieux. Mais on ne sait pas encore si, à terme, il pourra quitter l’hôpital, ni recouvrer l’autonomie nécessaire pour rentrer chez lui.

  • PREPAREZ-VOUS: Le coronavirus MERS est mortel et il va être difficile à arrêter

    Le virus serait transmis à l'homme par le dromadaire. Problème: cet animal est chéri au Moyen-Orient.

    Voilà plus d'un an et demi que les experts des maladies infectieuses surveillent une nouvelle maladie avec inquiétude: le coronavirus MERS (MERS-CoV). Il s'agit de la dernière menace infectieuse mondiale en date –mais elle est encore ignorée du plus grand nombre d'entre nous.

    Cela pourrait vite changer. On a signalé de nouvelles infections en Malaisie, en Grèce, aux Philippines et en Egypte. Les Etats-Unis sont récemment devenus le seizième pays touché avec un cas de coronavirus MERS: un professionnel de santé américain qui avait précédemment vécu et travaillé à Riyad (Arabie saoudite).

    MERS est l'acronyme de "Middle East respiratory syndrome", ou syndrome respiratoire du Moyen-Orient. La maladie est provoquée par un virus cousin du Sras, coronavirus qui, en 2003, avait fait environ 900 morts et paralysé les systèmes hospitaliers de Chine, de Hong Kong, du Vietnam et du Canada, privant par là même l'économie mondiale de plusieurs milliards de dollars. L'épidémie canadienne s'était déclarée à Toronto, ma ville de résidence; j'ai couvert l'actualité du Sras, de son (inquiétant) commencement à son (épuisant) dénouement.

    Les informations parvenant d'Arabie saoudite sont limitées, et il est difficile de se prononcer avec certitude à distance; néanmoins, il me semble que l'épidémie de MERS qui frappe les hôpitaux saoudiens ressemble par bien des côtés à celle du Sras à Toronto. Le MERS ne semble certes pas se propager aussi facilement que le Sras, ce qui est une chance; précisons toutefois que le Sras ne se propageait pas particulièrement vite, et qu'il a néanmoins représenté un problème de taille.

    Faut-il avoir peur des dromadaires?

    Comme son nom l'indique, la majorité des cas de "syndrome respiratoire du Moyen-Orient" ont été observé dans cette région, dans des pays comme le Qatar, les Emirats Arabes Unis, la Jordanie et notamment l'Arabie saoudite, qui faisait état de 483 cas et de 142 morts lors du bilan du 11 mai 2014 –soit 80% des infections connues. Pour l'heure, l'ensemble des cas déclarés sont, directement ou non, associés à sept pays du Moyen-Orient.

    Chose étrange: si la majorité des cas ne semblent concerner qu'une poignée de pays, le virus en lui-même est beaucoup plus répandu. On a détecté la présence du coronavirus MERS chez des dromadaires sur de vastes zone géographiques –or on estime que ce virus pourrait être transmis à l'homme via cet animal. On a retrouvé des dromadaires présentant des signes d'infections anciennes jusque dans les îles Canaries, ainsi qu'en Tunisie, en Ethiopie, au Nigeria et au Kenya.

    Lorsque le Sras s'en est pris à l'homme, il a fait une entrée en fanfare; il se multipliait dans des hôpitaux aux quatre coins du monde avant même que l'on ait eu le temps de lui donner un nom. Le MERS prend son temps, lui. Le nouveau virus a été identifié par un médecin égyptien officiant en Arabie saoudite ainsi que par des chercheurs d'un laboratoire néerlandais qu'il avait sollicités pour en savoir plus; c'était en juin 2012. Mais ce n'est que plusieurs mois plus tard, en septembre, qu'un Qatari gravement malade a été admis dans un hôpital londonien. Le virus avait ravagé ses poumons. Faute de traitement efficace, il décéda après neuf mois d'hospitalisation.

    Une mortalité impressionnante

    Les premiers décès –qui faisaient suite à d'épouvantables tableaux cliniques– furent une source d'angoisse pour les responsables de santé publique et pour les chercheurs qui analysaient l'évolution de la situation. Il y a plus d'un an, un responsable qui avait suivi les premiers cas m'a ainsi donné ce conseil:

    "N'attrapez-pas ce virus. Il n'est pas tendre avec les humains."

    La plupart des premiers malades ont succombé à leur infection, mais durant l'année écoulée, plusieurs cas bénins –et parfois même sans symptômes– ont pu être observés. Reste qu'à ce jour, près de 30% des malades infectés par le coronavirus n'ont pas survécu. Une proportion qui serait ahurissante pour n'importe quelle maladie, et qui l'est d'autant plus lorsque cette maladie touche la fonction respiratoire et qu'elle se répand de la même manière que les virus du rhume et de la grippe (mais pas aussi facilement, heureusement, ces derniers s'étant complètement adaptés à l'homme). A titre de comparaison, le Sras avait en son temps emporté 11% des personnes infectées.

    Les cas bénins récemment observés tendent à confirmer l'intuition que les experts ont depuis longtemps: la véritable proportion des cas mortels serait plus basse qu'on ne le pense, et ce parce que les médecins ne demandaient jusqu'ici un dépistage du nouveau virus que chez les malades atteints d'une pneumonie aiguë. De fait, cette proportion est en baisse, passant de plus de 50% à 28,5% (estimation récente du Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies).

    D'un point de vue épidémiologique, le MERS ressemble sans doute à un iceberg –et les cas les plus graves font ici figure de partie émergée. Mais aucun des pays concernés ne mène des tests de dépistage à grande échelle pour prendre la mesure de l'infection; il est donc impossible de savoir à quel point la proportion exacte des décès parmi les personnes infectées est inférieure aux chiffres connus.

    Une progression inquiétante

    C'est l'une des nombreuses questions sans réponse du MERS. Une autre est plus urgente: comment expliquer l'extraordinaire recrudescence d'infections au cours des dernières semaines? Le nombre total des cas observés a plus que doublé au cours du mois dernier. L'Arabie saoudite a fait état de 250 nouveaux cas depuis le début du mois d'avril; avant cette date, seuls 207 cas avaient été signalés dans le monde. 

    Cette forte progression pourrait s'expliquer de diverses manières. Il pourrait s'agir d'une hausse saisonnière. Certaines des infections observées dans des hôpitaux d'Arabie saoudite et des Emirats Arabes Unis ont peut-être été transmises directement de personne à personne.

    Troisième explication potentielle: une hausse du nombre de demandes de dépistage.

    On observe également une recrudescence de cas exportés. Un Malaisien a contracté le virus en Arabie saoudite pendant un pèlerinage; il a succombé à la maladie après son retour. Un Grec résidant à Jeddah (Arabie saoudite) est parti pour Athènes après avoir été infecté; la maladie a été diagnostiquée en Grèce. La Jordanie et l'Egypte ont détecté des cas chez des personnes en demande de soins originaires d'Arabie saoudite. Un professionnel de la santé travaillant dans un hôpital de Riyad s'est rendu à Chicago via Londres avec un virus dans les poumons. Une fois arrivé à Chicago, il a pris un bus pour l'Indiana, où il a consulté un médecin.

    Finalement, l'homme n'avait pas contracté le virus MERS-CoV et a pu sortir de l'hôpital le 9 mai. Mais les responsables de santé publique locaux ont dû partir à la recherche des personnes qui sont entrées en contact avec l'homme pendant son voyage, de manière à savoir si elles présentaient des symptômes; une tâche conséquente, réalisée avec l'aide des Centers for Disease Control and Prevention d'Atlanta. Une cinquantaine d'employés de l'hôpital ont été placés en isolement à domicile, seul moyen d'enrayer tout enchaînement des infections en cas d'apparition de symptômes du MERS. Autant de mesures particulièrement coûteuses –et tout cela parce qu'on soupçonnait qu'un homme avait contracté un virus en Arabie saoudite.

    La faute au lait de dromadaire? A l'urine de dromadaire?

    Ce type de situation va se répéter. L'Organisation mondiale de la santé l'a récemment annoncé en révisant son évaluation des risques liés au MERS. Le Dr Kamran Khan, spécialiste des maladies infectieuses à l'Université de Toronto, étudie la façon dont les maladies se propagent à travers le monde via les voyages en avion. Le MERS l'inquiète: d'innombrables travailleurs étrangers résident dans la région, et les millions de pèlerins musulmans affluent chaque année des quatre coins du monde pour se rendre dans les villes saintes de la Mecque et de Médine. Le nombre des pèlerins va d'ailleurs augmenter dans les prochaines semaines: le Ramadan approche (il commencera à la fin du mois de juin). Le Dr Khan explique:

     

    "Si l'on s'en tient aux probabilités, plus l'épidémie persiste, plus il y a de risques pour qu'elle touche d'autres régions du monde et qu'elle y provoque ce type de problèmes sanitaires et économiques."

    Les experts voudraient que le virus soit contenu, chassé de la population humaine et renvoyé dans la nature. Mais cela ne va pas être facile.

    S'il est clair aujourd'hui que les dromadaires sont l'une des principales composantes de l'épidémie, il est impossible d'affirmer que ce sont les seules sources de contamination chez l'homme. Par ailleurs, personne ne sait comment les dromadaires infectent les malades. La transmission est-elle imputable à la consommation de lait (ou de fromage) de dromadaire non pasteurisé? Ou à la consommation d'urine de dromadaire, à laquelle certains habitants du Moyen-Orient attribuent des vertus médicinales? A moins qu'il s'agisse de la consommation de viandes de cet animal? Et qu'en est-il des malades qui affirment ne pas être entrés en contact avec un dromadaire; comment ont-ils été infectés?

    Les dromadaires sont particulièrement importants et chéris au Moyen-Orient. Ils y sont des bêtes de somme, des sources de subsistance et même des animaux de compagnie. Cela signifie que dans ce cas précis, les méthodes généralement employées pour contenir la transmission à l'homme d'un virus présent chez l'animal seraient inenvisageables.

    En 1997, Hong Kong avait abattu tous les poulets de la ville pour enrayer la première épidémie humaine de la grippe aviaire H5N1. Pendant l'apparition de l'épidémie de Sras, la Chine a organisé un abattage massif de civettes, animaux proches du raton-laveur, qui étaient impliqués dans la transmission de ce virus vers l'homme.

    Mais personne ne pourrait autoriser un abattage massif de dromadaires –et c'est une bonne chose, si l'on en croit Ben Embarek, spécialiste de la sécurité alimentaire affecté au dossier MERS par l'OMS.

    Comprendre comment le virus se transmet

    "Abattre les dromadaires ne résoudrait pas le problème", explique-t-il. Selon lui, on ferait venir des dromadaires d'Afrique pour remplacer les animaux disparus, et ceux-ci finiraient certainement par contracter le virus à leur tour.

     "Cette solution ne serait donc ni sage, ni simple à mettre en place, et serait même insensée de bout en bout. Cette option n'est donc tout simplement pas envisageable."

    De la même manière, il sera assez difficile de convaincre les habitants de la région de prendre un peu de distance avec leurs dromadaires.

     "Il est toujours extrêmement difficile de bouleverser les habitudes, explique Ben Embarek. Il nous faut absolument comprendre et identifier l'ensemble des conditions qui exposent les gens au virus, alors nous ciblons les pratiques et les comportements les plus centraux et nous tentons de les modifier."  

    Il n'existe à ce jour aucun traitement médicamenteux pour lutter contre le MERS (et il n'existera visiblement pas de vaccin avant bien longtemps).

    Aussi les autorités sanitaires suivent-elles la situation de près. Elles espèrent que les nouveaux cas d'infections vont diminuer après la fin du printemps –qui pourrait bien être la saison préférée du MERS. Et redoutent de voir le virus se transmettre plus facilement de personne à personne, ce qui conduirait à une accélération rapide et à une extension du mal.

    La vérité, c'est que nous n'avons aucun moyen de savoir ce que nous réserve le syndrome respiratoire du Moyen-Orient. Restons vigilants.

    Helen Branswell

    Traduit par Jean-Clément Nau

    http://www.slate.fr/monde/86937/coronavirus-mersmortel-difficile-arreter

     

     

     

  • Les nanomatériaux et la santé

    Prend-t-on assez de précaution en matière d’usage des nanomatériaux ?

    L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient de publier un rapport sur " L’évaluation des risques liés aux nanomatériaux ".

    Globalement ce rapport met en garde contre les dangers potentiels mais encore largement inexplorés des matériaux de l’infiniment petit, les nanomatériaux, et réclamé une réglementation européenne plus stricte à leur égard.

    Les nanomatériaux sont des matériaux invisibles, naturels ou manufacturés, constitués de particules dont la taille se situe entre 1 et 100 nanomètres, soit 1 à 100 milliardièmes de mètre. Pour s’en faire une idée concrète, un milliardième de mètre équivaut à une taille 50 000 fois plus petite que l’épaisseur d’un cheveu.

    Cette dimension intermédiaire entre celle des atomes et molécules et celle des matériaux classiques leur confère des propriétés physiques, chimiques et biologiques particulières. " Les nanomatériaux représentent un domaine de la recherche scientifique et technique en pleine expansion " en raison de ces propriétés et de leurs applications industrielles, explique l'Anses dans son rapport de 180 pages présidé par Eric Gaffet, physico-chimiste (CNRS-université de Lorraine).

    Pas d’étude toxicologique

    " L'utilisation des nanomatériaux est en plein essor et désormais, ils entrent dans la composition de nombreux produits de la vie courante disponibles sur le marché : cosmétiques, textiles, aliments, peintures…, indique l'agence. Mais leurs effets sur l'homme restent encore largement méconnus, faute d'étude.

    " Il n'existe pas à l'heure actuelle de données " sur la toxicité directe de ces produits sur l'homme " en raison de l'absence d'études épidémiologiques ". Or plusieurs éléments plaident pour la prudence vis-à-vis de ces nouveaux matériaux.

    En premier lieu, la petitesse de leurs particules leur permet de franchir les barrières physiologiques, comme la peau ou les muqueuses qui constituent les protections naturelles du corps. De plus, des tests in vitro et in vivo sur l'animal indiquent une toxicité pour certains d'entre eux.

    Une dangerosité différente selon les matériaux

    En particulier, des nanotubes de carbone, utilisés comme additifs ou revêtements dans l'industrie, peuvent entraîner le développement anormal d'embryons, causer des cancers ou bien des maladies respiratoires.

    Moins connu, ils peuvent aussi avoir des effets toxiques sur l'environnement avec par exemple un effet antimicrobien lorsqu'ils sont dispersés dans le sol. Des études plus approfondies sur ces nanotubes de carbone et sur leurs effets à long terme seraient donc nécessaires.

    Des recommandations insistantes

    De manière générale, l'Anses " recommande la mise en oeuvre de projets pluridisciplinaires permettant de développer les connaissances sur les caractéristiques des nanomatériaux et de leurs dangers, tout au long du cycle de vie des produits ".

    En attendant, l'Agence recommande la prudence et " appelle, dès à présent, à un encadrement réglementaire renforcé des nanomatériaux manufacturés au niveau européen, afin de mieux caractériser chaque substance et ses usages, en prenant en compte l'ensemble du cycle de vie des produits ".

    La réglementation européenne en matière de classification et d'étiquetage (CLP) et celle sur les produits chimiques (REACh) devrait s'appliquer aux nanomatériaux afin d'en " renforcer la traçabilité " et de mieux contrôler l'exposition de la population.

    Selon un premier recensement officiel pour ce type de matériaux, publié en novembre, 282 000 tonnes de nanomatériaux ont été produites en France en 2012 et 222 000 tonnes ont été importées.

    Des réactions de citoyens en accord avec le ton du rapport de l’Anses

    "Il est absolument nécessaire de mesurer les risques que font courrir les nanomatériaux sur la santé humaine et l’environnement, du fait de la variété des modes d’absorption (ingestion, inhalation, contact cutané) et la diversité des composés auxquels ils sont intégrés. Or l’industrie n’est absolument pas disposée à réaliser ces travaux préventifs ", explique André Cotton, physicien à la retraite et membre de l’Association de veille et d'information civique sur les enjeux des nanosciences et des nanotechnologies (Avicenn) (1).

    "Certes, poursuit André Cotton, tous les nanomatériaux ne sont probablement pas délétères, ou du moins ils ne le sont pas au même niveau. En gros, face à ces nouveaux matériaux fabriqués par l’homme, il nous faut choisir d’utiliser que ceux qui ont exercent un bénéfice réel et essentiel. Autant l’usage de nanoparticules d’argent en milieu hospitalier pour traiter les personnes brûlées me semble justifier, autant leur utilisation dans des chaussettes ou des maillots de bain est à la fois une prise de risque inutile et un gâchis de matière première. Idem pour les nanotubes de carbone ou de titane, ce dernier métal faisant partie des ressources limitées."

    Faire preuve de discernement

    "En d’autres termes, conclut André Cotton, on ne doit utiliser ces nouveaux matériaux à risque que lorsqu’on ne peut faire autrement. A ceux qui disent que, de tout temps, il a existé de microscopiques matériaux, des poussières, des aérosols (poussière de volcan, de désert, micropollens), on peut leur rétorquer qu’avec l’évolution de l’homme vieille de plusieurs millions d’années, ce dernier s’est adapté à résister à ces nanomatériaux naturels. Ici, il s’agit bel et bien de nouvelles particules contre lesquelles l’homme n’a, a priori, aucune défense. Aujourd’hui, avec ces nanomatériaux non évalués, nous nous retrouvons dans la situation des Indiens d’Amérique du nord qui ont été contaminés par les virus apportés par les colons européens. "

     (1) www.veillenanos.fr

  • Ouf: je ne suis pas la seule à crier!

    Si je crains cette terrible catastrophe pour l'humain et les sociétés humaines en devenir, c'est parce que, en tant que voyante transgénérationnelle, j'ai vu cette terrible menace pour nos arrières-petits enfants...

    Peu à peu, je m'aperçois que d'autres aussi le sentent venir....

     

    www.legende-des-siecles.com

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    Stephen Hawking: Sous-estimer l’intelligence artificielle serait "la plus grave erreur de notre histoire"

    SCIENCE - Le scientifique britannique co-signe une tribune dans laquelle il alerte sur la potentielle menace pour l’humanité que constituerait l’invention de l’IA…

    L’intelligence artificielle fait fantasmer et trembler. D’Isaac Asimov à Transcendence avec Johnny Depp et Morgan Freeman, en passant par la série "Battlestar Galactica", les possibles dangers pour l’homme d’une machine intelligente ont déjà été explorés dans d’innombrables variations. Mais quand Stephen Hawking prend la plume pour alerter des dangers de l’intelligence artificielle, la science rejoint la science-fiction.

     "Nous sommes face à la meilleure, ou la pire chose qui puisse arriver à l’humanité"

     "Réussir à créer une intelligence artificielle serait le plus grand événement dans l’histoire de l’homme, écrit l’éminent physicien britannique, connu pour sa recherche sur les trous noirs. Mais ce pourrait aussi être le dernier, prévient-il dans une tribune cosignée dans le journal The Independent." Citant les voitures auto-pilotées, les assistants personnels comme Siri ou les armes autonomes qui décideraient de tuer sur un champ de bataille sans intervention humaine, Stephen Hawking avertit que ne pas prendre au sérieux ce qui est encore de la science-fiction pourrait être "la plus grave erreur de notre histoire".

     "On peut imaginer que cette technologie déjoue les marchés financiers, dépasse les chercheurs humains, manipule les dirigeants humains et développe des armes qu’on ne peut pas même comprendre", poursuit le scientifique. "L’incidence à court-terme de l’intelligence artificielle dépend de qui la contrôle, mais l’impact à long-terme dépend de la possibilité réelle de la contrôler." Stephen Hawking déplore le manque de recherche sérieuse sur ces questions, "alors que nous sommes face à la meilleure, ou la pire chose qui puisse arriver à l’humanité".