Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Savoir - Page 158

  • 3 choses à savoir à propos de la Sécu

    SUIVI DE MA PROPRE EXPÉRIENCE DE SEPIANE

    Lorsqu’on a besoin d’elle, la Sécu tient-elle ses promesses? Retour sur quelques clichés.

    Par Phoebe Ann Moses.

    Toute personne qui travaille paye des cotisations qui alimentent la Sécurité sociale. Mais lorsqu’on a besoin d’elle, la Sécu tient-elle ses promesses?

    Il est agaçant de lire très régulièrement que la Sécurité sociale est indispensable, que sans elle les soins coûteraient si cher qu’on serait tous pratiquement morts, ou pire que seuls les riches pourraient se soigner. Alors revenons sur quelques-uns de ces clichés qui ont la peau dure.

    La Sécu, c’est vital: faux

    Sauf si vous considérerez qu’il est vital de se faire rembourser du paracétamol à 1,20 € la boîte. La Sécu rembourse tous les petits bobos. Les visites chez le généraliste pour le nez qui coule (franchement, avez-vous besoin d’aller contaminer toute une salle d’attente avec votre sale rhume, alors qu’un bon grog et du sommeil pendant une semaine produiront le même effet que du Stoprhume® ou du Nebiensek® pendant 7 jours); les consultations aux urgences pour avoir un arrêt de travail lundi parce que j’ai personne pour garder la petite; ou parce que j’ai pas envie d’aller bosser; ou parce que j’ai l’orteil qui me fait mal depuis 2 mois -ce qui revient au même-; ou sa variante plus expéditive: j’ai mal à la tête depuis 10 minutes il me faut un scanner1.

     La Sécu rembourse le confort. Cela permet d’entretenir les illusions d’une armada d’hypocondriaques qui iront un jour gaiement glisser un bulletin dans une urne.

    Parlons maintenant de ce qui ne fait pas plaisir: les vraies maladies, les tuiles de la vie.

    Seuls les riches pourront se soigner: vrai

    Si par malheur la vie vous fait croiser un de ces maudits machins, vous découvrirez à vos dépens que vous ne pouvez pas vous faire soigner où vous voulez et que la plupart du temps la Sécu ne rembourse pas "les" soins mais seulement une petite partie d’une partie d’entre eux.

    La Sécu prend en charge les soins qu’elle accepte de rembourser, et uniquement ceux-là. Ne pensez pas que ce sont toujours des traitements de pointe: vous aurez accès au traitement que la Sécu accepte de rembourser. Dit autrement, cela correspond au traitement le moins cher ou celui qui a le meilleur rapport qualité/prix dans son domaine. Mais puisqu’on vous dit qu’une Trabant ça roule aussi bien qu’une Porsche…

    Ainsi, puisqu’en France il est impossible de remplacer le système de cotisation Sécu par un système privé, vous avez droit à un système collectiviste, adapté au plus grand nombre (ce qui est déjà pas mal, certes), mais absolument pas personnalisé. À l’heure du séquençage de l’ADN tumoral pour certains types de cancers, il peut toujours être bon de se renseigner pour savoir si le traitement proposé est le meilleur qui soit sur le marché mondial des traitements efficaces. À moins de préférer rouler en Trabant…

    Au passage, il faut reconnaître que certaines spécialités étaient déjà à la pointe du progrès dans ce domaine: par exemple, l’hématologie, spécialité de notre ministre de la Santé.

    De même, si par malheur vous ou l’un de vos proches avez besoin de matériel médical, la Sécu n’en finance qu’une microscopique partie. Par exemple, un fauteuil roulant manuel de bonne qualité coûte aux alentours de 4000 euros. La Sécu rembourse entre 394,60 € et 558,99 €.

    Si vous devez subir une opération chirurgicale, dans le secteur public, l’opération est réalisée par celui qui travaille ce jour-là. Impossible de choisir le chirurgien avec lequel le patient a des affinités.

    Dans tous les cas, la Sécu ne rembourse que le tarif fixé par elle. Le reste est remboursé par la complémentaire.

    N’allez pas croire que le tarif Sécu représente le coût réel d’un acte médical ou chirurgical. Le coût est fixé par l’État et plafonné, il ne correspond à aucune réalité.

    Quelques exemples:

    Une suture d’une rupture de l’isthme de l’aorte, par thoracotomie avec CEC (en langage courant, cela signifie que le chirurgien ouvre le thorax et va recoudre l’artère qui sort de votre cœur, lequel est temporairement mis hors fonctionnement avec une circulation sanguine extra-corporelle).

    La Sécu considère que cet acte vaut 698,91 €.

    Le drainage d’une collection du péricarde, par thoracotomie ou par abord infraxiphoïdien (cela signifie qu’on draine le liquide qui s’est épanché autour du cœur).

    La Sécu considère que cet acte vaut 188,69 €.

    Terminons avec une petite opération pour une appendicite à 176,69 €.

    Ce qui amène très logiquement à l’idée reçue n°3: sans la Sécu on serait tous morts. Eh bien non. Ce qui précède montrerait même plutôt qu’elle est rétive au remboursement de ce qui coûte cher.

    " Chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins": faux

    Les indépendants et les professions libérales le savent bien: si par malheur ils tombent malades, s’ils ont un accident, ils ont un délai de 3 mois avant d’obtenir la moindre indemnité. Cela signifie que pendant 3 mois il n’y a aucune rémunération. Et pendant ce temps, ils sont obligés de continuer à cotiser à la Sécu, et à payer leur crédit, leurs factures, entretenir leur famille. S’ils étaient fonctionnaires, ils auraient une prise en charge immédiate.

    "Chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins"? Il n’y a pas un mot de vrai dans cette phrase.

    EXACT: j'ai été travailleur indépendant durant 34 ans... heureusement, je ne suis malade que depuis 2005!

    Les propos ont été recueillis in situ.

    Lu sur Contrepoints.org

     

    KAFKA PAS MORT

    Il existe un médicament UNIQUEMENT destiné aux personnes atteintes de sclérose en plaques que la sécu a voulu mettre en vignette orange. Et bien, si vous avez oublié de renouveler votre ALD (comme, j'ai fais hélas), ce médicament coûte 175,00 € les deux boîtes nécessaires au traitement mensuel… (pas pris en charge par la mutuelle)

    Il parait que ce médicament est “confort“… ben, merci pour elle, atteinte de sclérose en plaques primaire progressive pour laquelle IL N'Y A AUCUN TRAITEMENT A L'HEURE ACTUELLE!

    J'ai bien précisé: la primaire progressive.

    Parce que, quand on vous dit qu'il y a toute une palette de chimio pour les récurrente-rémittente, ce n'est pas la même SEP. Pour la Primaire Progressive: IL N'Y A RIEN.

    Donc, le confort de ce médicament, je suis obligée d'attendre que les ponctionnaires de la sécu rentrent de congés pour me ré-octroyer mon ALD.

    D'accord, j'aurais dû m'en méfier… faut refaire cette dernière tous les deux ans… j'ai oublié… quand on est attaqué par une SEP PP, on vit un peu au jour, le jour… croyez-moi.

    C'est pour les personnes atteintes de SEP qu'on réserve le médicament à base de cannabis... contre les douleurs... inimaginables.... et qu'à part des médocs qui attaquent les neurones et qui finiront par donner Parkinson ou Alzheimer...  et oui, c'est possible, il existe bel et bien un syndrome où la personne est -à la fois- atteinte de SEP, Alzheimer et Parkinson...

    Il faut bien que la sécu emmerde des malades dont elle sait pertinemment bien qu'ils n'existe aucun traitement et que cette maladie est, actuellement, incurable. Donc, pourquoi nous obliger de refaire un dossier tous les deux ans???

     

  • Maisons médicales: gaspillage à gogo!

    Les maisons de santé pluridisciplinaires, subventionnées, restent vides et ouvrent leurs portes à des spécialités non médicales très étonnantes…

    Par Phoebe Ann Moses.

    Les politiques n’ont que ce mot à la bouche pour repeupler les déserts médicaux: les maisons médicales. Vous en avez sûrement vu fleurir une près de chez vous, et c’est normal: elles ont été construites de façon pléthorique afin d’y accueillir les médecins généralistes qui font si cruellement défaut çà et là.

    Problème: il n’y a pas suffisamment de médecins pour venir y exercer (donc ils ne peuvent pas apparaître comme par magie dans ces locaux), et ces maisons médicales restent soit désespérément vides, soit fonctionnent à perte, soit se mettent à accueillir des spécialités variées et originales, pour ne pas dire folkloriques ou flirtant avec le charlatanisme.

    On ne compte plus les articles de presse qui évoquent la baisse inquiétante du nombre de médecins généralistes (dont le nombre est fixé par l’État, on le rappelle au cas où certains penseraient que les ministres de la Santé se trouvent devant une situation inattendue). Les médecins généralistes ne sont plus assez nombreux pour aller peupler les maisons médicales flambant neuves.

    Le Parisien évoque ce problème, dans le village de Doubs, où un énorme projet privé n’a servi à rien. Le maire du village déplore en plus que les médecins soient partis vers des horizons pas si lointains (la Suisse, pour ne pas la nommer): " On a beaucoup de médecins qui émigrent, assure-t-il. Ils y travaillent moitié moins, doublent leur salaire et ont nettement moins de paperasse“.

    Même problème à Trebeurden en Bretagne où malgré des locaux tout neufs, aucun médecin n’a semblé faire son apparition. À Crépy-en-Valois, dans l’Oise, la maison médicale est "menacée faute de médecins". Celle de Compiègne est "en mauvaise santé". À Louvigné-du-Désert (le bien nommé!) il n’y a qu’un seul médecin dans la belle maison médicale. Bref, on ne va pas vous les citer toutes, c’est un tour de France consternant.

    Maisons de santé: le piège pour les professionnels de santé

    Quant à ceux qui ont bien voulu s’installer dans ces merveilleuses maisons médicales, ils finissent malheureusement par rendre leur blouse. Là encore c’est la consternation partout..

    Alors bien sûr, on ne parle plus que de "gratuité" des locaux, d’ "attirer" les médecins, qui "veulent plus d’attractivité" ou pire "une vie plus confortable". C’est tellement facile de jeter la pierre dans le pré d’à côté pour expliquer sa propre incompétence: c’est l’État qui gère de A à Z la profession de médecin: formation, nombre de postes au concours, autorisations d’exercer, emplacement d’installation, permanence des soins, honoraires, tarification des actes quels qu’ils soient…

    Il faut surtout expliquer que plusieurs professionnels de santé (des infirmiers en particulier) se sont retrouvés coincés dans leur maison de santé pluridisciplinaire, ayant cru un peu vite au succès à venir et aux alléchantes propositions financières, sans réaliser qu’ils tombaient dans un piège.

    Il existe un tel imbroglio administratif dans ces maisons de santé que cela n’incite pas du tout à s’y installer. Il faut reconnaître que le type de fonctionnement imaginé a tout du collectivisme: mise en commun des revenus et des dettes, complexité pour défaire les contrats, paperasserie administrative et réunions en tout genre… Le tout explicité dans un jargon administratif en harmonie avec la situation.

    Des frais sont venus s’ajouter aux prévisions, soit de manière inattendue, soit par le biais d’augmentations de frais, rendant parfois la situation du professionnel très aléatoire.

    Comme le dit le docteur Jérôme Marty, président de l’UFML:

    C’est un outil de soviétisation du soin, ou la responsabilité est diluée dans le groupe, ou le médecin est aux ordres de l’administration, corvéable à merci, prisonnier de tâches déterminées par les ARS et non rémunérées, sous la menace d’arrêt de subventions, au modèle économique inapproprié à l’exercice libéral, ou la contractualisation avec ARS et tous ce que cela impose.

    La solution: s’ouvrir à d’autres spécialités… plus baroques?

    Vous l’aurez compris, ces maisons de santé pluridisciplinaires sont vides, trop étatisées pour attirer les professionnels. Alors on se demande bien qui a eu le premier l’idée assez croquignolette d’ouvrir ces établissements financés par l’argent public à des disciplines pour le moins… parallèles.

    C’est ainsi qu’à Selongey, en Bourgogne, un magnétiseur s’est installé dans la maison médicale. On peut aussi bénéficier de réflexologie faciale dans le Lot, toujours en maison médicale. Réflexologie qui se pratique aussi à Montierchaume, dans l’Indre. La réflexologie a décidément le vent en poupe puisqu’elle s’installe aussi à La Flèche.

    Une naturopathe s’est installée à la maison médicale à Feuquière-en-Vimieu… À Cressensac dans le Lot, la maison de santé compte: un hypnothérapeute, une énergéticienne-acupressure (faut-il dire acupresseuse?), une ostéopathe, un podologue, une orthoptiste. Et ah, oui, trois infirmières. Les professions sus-mentionnées disent travailler "en complémentarité avec les médecins". Quelle chance.

     

    Comme le raconte un médecin généraliste, cohabitant avec une de ces professions ni médicales ni paramédicales:

    Dans mon expérience, quand un naturopathe nous adresse un patient, c’est surtout pour qu’on fasse l’ordonnance pour qu’il soit remboursé des examens biologiques demandés par le naturopathe! Examens que le patient ne nous présente même pas dans la mesure où le naturopathe les a déjà interprétés! Ou pire, il nous demande de les commenter parce que "chez vous docteur, c’est quand même moins cher!". Encore une louche, ou une petite cuillère, et je dévisse ma plaque après 25 ans de bons et loyaux services en secteur 1! (témoignage recueilli par l’UFML).

    Ces pratiques (non reconnues par le Code de santé publique, non remboursées, mais autorisées à faire de la publicité, ce que ne peuvent faire les professions dites "de santé") deviennent de plus en plus fréquentes dans ces locaux payés par l’argent public. Et sont plus ou moins tolérées par les ARS, plus ou moins tacitement; elles qui pourtant sont si chatouilleuses en ce qui concerne les honoraires des médecins ou leur lieu d’installation.

    Les tarifs de tous ces professionnels ne sont pas mentionnés, mais on peut sans trop s’avancer supposer que ce n’est pas 25 euros la consultation.

    D’autres solutions tout aussi ésotériques sont envisagées, comme la location des locaux à la journée. Pour des praticiens. Médicaux, on le suppose…

    Elle serait donc là, la solution aux déserts médicaux? Dans des propositions plus ou moins farfelues faites aux patients avec de l’argent public, parce que l’État qui gère tout ne s’en sort plus, et ô surprise, propose de resserrer encore un peu plus le carcan en évoquant de nouvelles contraintes?

    Tout se passe comme si ces  maisons médicales pléthoriques allaient dorénavant laisser penser à la population que si elles restent vides alors qu’elles sont toutes neuves, c’est parce que les médecins font la fine bouche pour s’y installer. On fait donc semblant de ne pas voir la vraie cause du problème.

    La solution la plus simple est libérale

    La liberté des médecins de fixer eux-mêmes leurs honoraires leur permettrait de s’installer plus chèrement là où c’est désert, et d’être très concurrencés en zone dense, ce qui les pousserait à baisser leurs honoraires ou à partir s’installer ailleurs.

    Évidemment, encore une fois, on va hurler au profit, à la concurrence "déloyale" (puisque elle n’existe apparemment que sous cette forme en France) alors qu’il s’agirait de la seule solution viable pour tout le monde: le médecin gagnerait sa vie sans multiplier à volonté les actes à 25 euros et les consultations courtes (parce qu’à 25 euros ça ne peut pas durer 30 minutes). Les patients seraient ravis d’avoir des médecins venant peupler leur désert. Enfin, cette chère Sécu n’y perdrait pas non plus car aucun patient ne retournerait chez un médecin cher aux consultations courtes, donc l’abus serait vite circonscrit. Sans intervention de l’État. L’éternelle loi du marché qui a fait ses preuves.

    Les maisons de santé pluridisciplinaires, belle usine à gaz, illustrent à merveille ce qui arrive quand un professionnel se lie à l’État par un contrat. On rappelle tout de même que les cabinets médicaux de médecins libéraux existent déjà et fonctionnent (tant bien que mal) sans qu’on n’ait besoin d’en créer une nouvelle variété avec notre fameuse french touch: bureaucratie, subventions, planification… et gaspillage à gogo.

    Contrepoints.org

  • Ne tombez pas malade au mois d’août !

    Contrepoints.org

    Par Phoebe Ann Moses.

    Cela pourrait vous coûter la vie de tomber malade au mois d’août. Plus de lits d’hospitalisation, services entiers et blocs opératoires fermés, y compris dans notre cher service public…

    Une petite suractivité en août…

    La ministre de la Santé Agnès Buzyn a répété que tout était sous contrôle et qu’il n’y avait pas de dysfonctionnement lié à la canicule. Toujours cette même langue de bois: évidemment ce n’est pas lié à la canicule (horreur, ça supposerait que le gouvernement n’aurait pas fait ce qu’il fallait pour lutter contre la chaleur et le réchauffement climatique).

    Tout au plus, comme l’indique Le Monde, Agnès Buzyn concède-t-elle qu’il y a eu…

        une petite suractivité.

    Les urgentistes apprécieront. Récit d’une journée comme les autres, quand c’est le mois d’août à l’hôpital.

     " Il n’y a plus de lit d’hospitalisation. Un service sur deux est fermé à Lyon en moyenne " explique un médecin urgentiste. " Dans le public comme dans le privé " précise-t-il, au cas où il vous viendrait à l’idée, bêtement, que le service public soit toujours plus à l’écoute de la population…

    On ne peut certes pas reprocher aux médecins, comme aux infirmières, comme aux aides-soignants, comme aux administratifs, de souhaiter prendre des vacances en août, comme tout le monde. Mais alors quid de la permanence des soins ?

    Les médecins passent leur temps au téléphone pour chercher un service ouvert qui accepte la prise en charge du patient, pendant que l’attente aux urgences devient exponentielle.

    Tout est fermé en août

    Vous entendrez dire officiellement que personne n’est laissé de côté, que les soins – gratuits – sont toujours dispensés, a fortiori en cas d’urgence. C’est faux : les urgences ont besoin qu’en aval, on puisse opérer des patients. Or dans certains services, les chirurgiens découvrent de manière brutale qu’il a été décidé de fermer leur bloc opératoire la semaine du 15 août. Privés d’outil de travail. Dans ces conditions, ils refusent de prendre en charge des opérations qui ne pourront pas avoir un suivi en toute sécurité pour le patient (en cas de problème quand vous êtes opéré le 13 août, comment vous soigner s’il n’y a plus de bloc opératoire ouvert ?)

    Côté médecine, certains services déjà saturés acceptent de prendre des patients. Mais il n’y a pas de médecin. Vous risquez donc de passer le 15 août à l’hôpital sans qu’aucun examen ne soit pratiqué. "Normal, c’est le mois d’août."

    Oh vous verrez bien de temps à autre un tensiomètre, un plateau repas tiède et un balai venir perturber la douce torpeur de votre douillette chambre d’hôpital. Mais de scanner : point, il est fermé. Ou il y a trop de monde. Ou on verra demain. D’analyses : sous 3 jours, pas avant. De médicaments : certaines pharmacies d’hôpital public n’ont même pas le stock nécessaire et il faudra l’aide d’un de vos proches pour aller acheter en ville le médicament que vous a prescrit l’interne.

    Voilà qui explique pourquoi les services hospitaliers refusent de prendre les patients adressés par les urgences… qui finissent par " stocker " leurs malades dans les couloirs, sur des brancards, ou dans un service qui n’a rien à voir avec la pathologie en cause.

    Si c’était un jeu vidéo, ce serait Game Over en 5 minutes.

    Les médecins assument seuls les décisions des ministres

    Mais nous sommes dans la vraie vie. Comme en témoigne dans Var-Matin le Dr Vincent Carret, urgentiste à Toulon :

    Non, tout ne va pas bien aux urgences et au Samu cet été (…) Nos équipes d’urgence en charge et en responsabilité du plus grand département touristique de France, travaillent la peur au ventre et n’ont jamais vécu à ce point ce sentiment d’impuissance, de débordement et de limites permanentes.

    Cet urgentiste explique qu’à force de passer des messages de campagne de prévention indiquant d’appeler le 15, il y a un afflux supplémentaire de patients alors que les équipes ne sont pas plus nombreuses. Il faut gérer plus de patients avec moins de médecins. Et dans Var-Matin, il pointe les responsables au plus haut niveau :

    Nous assumons, seuls, les conséquences de vos décisions et non décisions.

    Alors, en haut lieu, on fera des brainstormings, des audits, des études, des accréditations, pour que août 2019 soit meilleur que août 2018 : promis, l’hôpital sera performant, aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain.

    La solution, elle, existe pourtant déjà : supprimer les 35 heures qui plafonnent le temps de travail quand il y a besoin de main d’oeuvre ; et libérer la tarification par la Sécu qui plafonne le prix mais aussi l’envie de travailler.

    Le plafonnement des tarifs explique pourquoi le personnel de santé part en congé au mois d’août : personne n’a envie de gâcher ses vacances (et celles de sa famille) pour un tarif imposé et des conditions de travail exécrables (pas de personnel, pas de services ouverts en nombre suffisant).

    Une libéralisation des tarifs entraînerait une concurrence des médecins qui devraient s’adapter au marché du soin. Le " marché " étant bien entendu une notion taboue en France ; mais si ce tabou sautait on n’en serait pas là. Pas pleurnicher, merci. Nous parlons ici de vies humaines, pas de théories sur la répartition du temps de travail, un concept fumeux auquel ne peuvent réfléchir que des esprits qui ont assez de temps libre.

    Quant à vous, patient potentiel: partez en vacances et portez-vous bien!

     

  • Ouaip! ATTENTION:

    le mois de décembre risque d'être très, très frisquet!

    Une petite idée, comme cela! L'année de ma naissance (un scarabée est mort… Johnny), en 1950, il a fait partout en France 40° le 10 août surtout, mon jour d'arrivée et lorsque l'enfant paraît, ce jour-là, on a plus transpiré que tremblé… brèfle… sauf que, l'hiver suivant… brrrr… d'ailleurs, les 6 ou 8 années suivantes… brr… et re-brrrr…. rappelez-vous l'appel du curé… c'était en hiver 54… pi, quand j'ai eu 6 ans… il faisait dans les moins 12 à moins 15 à Toulouse… en février 1956… et que c'était très dur… et que je m'en rappelle… et que j'aurais des tas de trucs à vous raconter, si je ne l'avais déjà point fait.

    Bon… le volcan qui a sauté à Honolulu (il me semble)… il a envoyé des tonnes et des tonnes de poussières dans l'atmosphère et que croyez-vous qu'elle fera… elle formera un chapeau qui nous protègera du soleil et donc, sous le chapio, on aura plutôt froid.

    Pour être sur-e de ce que j'avance, vérifier la chute des feuilles en automne: s'il vous semble qu'elles tombent plus tôt, rentrez du mazout et du bois pour  l'hiver….

    Ceci dit, cet après-midi, je dois balayer devant ma porte car mes jasmins ont perdus une quantité astronomique de feuilles…. ça craque sous ma semelle… bon, j'aime entendre ce bruit, d'accord

    sur ma chaîne Youtube, regardez le film-textes qui parle de l'ASMR, l'orgasme cérébral (vi).

     

     

  • La canicule d’ici et l’hiver de là

    S’exprimer, sans recul, sur une canicule localisée à l’échelle du climat mondial constitue une erreur déontologique.

    Par la rédaction de Contrepoints.

    Il est regrettable que certains utilisent la vague de chaleur actuelle — qui au demeurant n’a rien d’anormal — afin de faire de nouveau miroiter la catastrophe climatique annoncée depuis 1992.

    Le livre es changements dans le climat de la France: histoire de ses révolutions météorologiques“, du Dr Fuster, est sorti en 1845, alors qu’on ne produisait pas encore de pétrole. Dans ces 500 pages richement documentées, l’auteur passe en revue les aléas du climat en France depuis la conquête de la Gaule par Jules César jusqu’à son époque.

    Voici quelques exemples tirés de ce livre, afin de montrer que la canicule que nous vivons n’a absolument rien d’anormal.

    En 584, les roses fleurirent au mois de janvier. Les arbres qui avaient porté des fruits en juillet en portèrent de nouveau en septembre. En 921, il y eut une chaleur intense et une sécheresse extrême presque sans interruption pendant les mois de juillet, août et septembre, détruisant beaucoup de récoltes. L’été 1078 fut très chaud au point qu’on vendangeât abondamment au moins d’août. Les chaleurs intenses de 1183 et 1188 tarirent les fleuves et les puits. En 1384, une chaleur sèche et insupportable régna dans toute la France depuis le printemps jusqu’au milieu du mois d’août.

    Il y eut de grandes chaleurs bien documentées en 1473, 1540, 1553, etc. En 1684 à Paris, la température afficha, durant 68 jours, 25°C, 16 jours de 31°C et trois jours de 35°C. En 1701, ce fut semblable et le fameux astronome Jacques Cassini mesura le 17 août une température de 40°C. Les années 1718 et 1719 furent des années de chaleur violente: Cassini rapporte qu’il y eut durant 42 jours une température de 31°C. Fuster poursuivit ainsi jusqu’à sa période contemporaine.

    Bref, le lecteur comprendra que les canicules sont nombreuses et qu’elles ne sont pas liées aux émissions de CO2 produites par les SUV. Ce n’est pas l’objet de cet article, mais Fuster rapporte également de nombreux exemples sur les avancées et le recul des glaciers qui constituent un autre épouvantail des réchauffistes.

    De régulières canicules

    Le site Belgotopia répertorie de nombreux accidents climatiques survenus alors qu’on n’utilisait pas d’énergie fossile. Voici son introduction:

    Désormais, chaque inondation quelque peu catastrophique, chaque tornade, chaque anomalie météorologique est rattachée au réchauffement climatique qui, paraît-il, nous menace, mais dont en plus nous serions responsables ! Et ceux qui avalisent aveuglément les conclusions du GIEC font des déclarations péremptoires à ce sujet, qualifiant souvent ces événements de " sans précédent ". Pourtant, la consultation de chroniques ou récits anciens est révélatrice de précédents tout aussi apocalyptiques.

    Plus proche de nous, en l’espace de 3 mois en 1911, une vague de chaleur fit 40 000 morts en France. Dans l’immédiat après-guerre, les années 1945, 1947, 1949, 1950 et 1952 ont été très chaudes. Le 28 juillet 1947 les 40,4 °C sont atteints. Ce record ne sera jamais égalé. À l’époque, il se disait que ces vagues de chaleur étaient causées par les essais militaires de bombes atomiques dans le Pacifique (ce n’est qu’en 1983 qu’une étude évoqua " l’hiver nucléaire " provoqué par les poussières dispersées dans l’atmosphère par les explosions atomiques). Si ces dates nous paraissent éloignées, souvenons-nous de celles de 1976 et 2003.

    "Canicule" signifie en latin "petite chienne", nom qui était donné dans l’antiquité à l’étoile très lumineuse Sirius, la principale étoile de la constellation du Grand Chien. En Europe, du 24 juillet au 24 août, Sirius se lève et se couche en même temps que le Soleil.

    C’est pourquoi dans l’antiquité on avait attribué à cette étoile les grandes chaleurs de l’été. Pline l’Ancien dans L’Histoire naturelle, livre II, Chapitre 40 explique que "les effets de cet astre sont les plus puissants sur la terre: les mers bouillonnent à son lever, les vins fermentent dans les celliers, les eaux stagnantes s’agitent". Il n’y avait pourtant pas d’émission de CO2 dues aux énergies fossiles à l’époque…

    Non, les canicules ne sont pas plus fréquentes que par le passé! C’est un fait.

    Il y a quelques années, les ouragans incarnaient la preuve médiatique et politique de la réalité du changement climatique dû au CO2: le dernier en date était Sandy de 2012. Depuis, les émissions continuent à croître allègrement (y compris dans l’UE l’an dernier), mais on ne parle plus de vagues de tempêtes. La lettre ouverte au Secrétaire Général de l’ONU, rédigée par 125 scientifiques, dénonçait cette mascarade.

    Tous les climatologues dignes de ce nom répètent qu’il ne faut pas confondre météorologie et climatologie, cette dernière ayant une unité de temps de trente années. S’exprimer, sans recul, sur une canicule localisée à l’échelle du climat mondial constitue une erreur déontologique. Surtout lorsqu’on omet de dire que, dans le même temps, les kangourous meurent de faim en Australie et que l’Antarctique vient de battre un record mondial de froid.

    Près de -100°. Brrr…

     

     

  • La sécu, c'est pas triste!

    Quelles ont été les conséquences sur le système de santé de la politique menée ces 30 dernières années?

    Par Edward Meztger.

    Une tribune de l’Alliance des Professions de Santé

    Quand les professionnels de santé vont-ils mettre un terme à la dérive administrative de la Santé et de la protection sociale?

    Quand vont-ils reconquérir le Droit de soigner et d’être soigné dans une véritable Démocratie sanitaire et sociale?

    En 30 ans, j’ai vu le nombre d’administrations, d’administratifs et de réglementations augmenter.

    J’ai vu les médecins, les infirmières de moins en moins motivés.

    J’ai vu les hôpitaux s’endetter de plus en plus.

    J’ai vu le personnel soignant connaître de plus en plus le harcèlement administratif.

    J’ai vu les burn-out, les dépressions et les suicides de soignants augmenter.

    J’ai vu la médecine de ville se désertifier.

    J’ai vu la dégradation de la qualité des soins.

    J’ai vu la France chuter dans les classements internationaux de son système de soins.

    J’ai vu avec le parcours de soins des pertes de chances, ou pire…

    Et depuis 2015, j’ai vu pour la première fois l’espérance de vie baisser en France, ce qui n’était pas arrivé depuis 1945.

    Comme s’ il n’y avait pas assez de ces administrations publiques, j’ai vu mettre en place des "Sécu bis", complémentaires santé obligatoires taxées et partiellement fiscalisées, pour  "améliorer" l’accès aux soins alors que 95% de la population avait déjà une complémentaire souvent meilleure, et que pour la solidarité nationale on avait déjà la CMU et l’AME.

    J’ai vu ces complémentaires plafonner les remboursements par des contrats  "responsables" ou, cotiser PLUS pour être remboursé MOINS, obligeant à une SÉCU sur-complémentaire, sur-taxée et fiscalisée.

    J’ai vu l’instauration du tiers payant déresponsabilisant, qui va être étendu.

    Je verrai bientôt le reste à charge zéro, qui ne fera qu’accentuer les dépenses des ménages en enrichissant les intermédiaires. Comme si 100% des citoyens avaient besoin de L’État pour la solidarité!

    J’ai vu depuis 30 ans les professionnels de santé être la variable d’ajustement des déficits de la Sécu. Il faut bien rémunérer tous ces administratifs qui justifient leurs salaires en empêchant les soignants de travailler!

    J’ai vu des libéraux de santé malades, en arrêt de travail, déclarés par la CARMF: "Aptes à exercer une QUELCONQUE activité professionnelle non médicale", en attendant qu’ils puissent ré-exercer leurs professions de soignants, pour ne pas avoir à leur verser d’indemnités journalières, pas plus qu’une rente d’invalidité. Autrement dit, pour les obliger à reprendre leur travail alors qu’ils étaient inaptes, mettant ainsi en danger leur santé, leur vie et donc celles de leurs patients. En réalité cotiser sans contrepartie à des caisses d’insécurité sociale! Une véritable escroquerie aux cotisations.

    J’ai vu institutionnaliser les discriminations entre médecins libéraux par des secteurs d’activité non basés sur des critères médicaux, mais des critères administratifs; j’ai vu ainsi des plus utiles que d’autres.

    J’ai vu ceux du secteur 1 conventionnés, les plus sociaux ou les plus vertueux, être punis depuis 30 ans par les honoraires les plus bas de l’OCDE.

     J’ai vu de vrais libéraux non conventionnés punis du tarif d’autorité et leurs patients subissant une escroquerie aux cotisations sociales sans contrepartie.

    J’ai vu naître des maisons médicales ou personne ne veut aller mais des guérisseurs ou autres occuper ces maisons.

    Je vois venir les réseaux de soins obligatoires sous peine de non remboursement.

    Je vois venir les installations obligées sous peine de déconventionnement,.

    J’ai relu la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen et constaté ses viols et des citoyens ne demeurant plus libres et égaux en Droits, des distinctions sociales avec des plus utiles que d’autres!

    J’ai vu la Justice dire le Droit mais ne plus appliquer la Loi.

    J’ai vu les  "avantages conventionnels" se réduire au fil du temps.

    J’ai vu la suppression du cumul abattements conventionnels et AGA.

    J’ai vu des conventions non respectées, les unes après les autres.

    J’ai vu des actes techniques perdre leur valeur à maintes reprises alors que l’on n’avait promis aucun acte perdant.

    Je n’ai jamais vu la convergence promise des revenus des différentes spécialités médicales…

    J’ai vu les retraites ou  "honoraires différés"  fondre dans un système Madoff.

    Je vois des confrères cumuler emploi et retraite par insuffisance de leur retraite.

    J’ai vu les cabinets ne plus trouver de repreneurs.

    J’ai vu des pays que l’on a privés de promotions entières de médecins pour pallier le MICA, numerus clausus.

    Je vois des médecins s’expatrier du fait du poids des charges et des horaires pour les couvrir.

    Je vois un exercice médical devenu liberticide ou les administratifs ont pris le pouvoir et dictent leurs lois, un système de protection sociale inéquitable ou la Solidarité nationale ne s’applique qu’entre décideurs et intermédiaires et quelques régimes spéciaux pour préserver la paix sociale.

    Je n’ai pas vu la République irréprochable, exemplaire, ni même la vie publique moralisée, moins encore une démocratie sanitaire et sociale, je ne vois qu’une République bananière où, sous prétexte de Solidarité nationale et de Justice sociale, la pauvreté et l’exclusion augmentent. Où le système de santé, comme les retraites, s’effondrent sous les mensonges électoralistes de nos décideurs depuis 40 ans.

    "Les médecins sont les seuls à pouvoir provoquer une révolution" disait Georges Pompidou.

    Aujourd’hui patient, j’aimerais voir une véritable Démocratie sanitaire et sociale des médecins et autres, soignants ou non, se lever pour retrouver la Liberté de soigner et d’être soigné, et revoir la meilleure médecine du monde, place que la France occupait auparavant.