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santé - Page 21

  • Médicaments non utilisés: le palmarès des régions qui recyclent le plus

    Selon Cyclamed, 8 Français sur 10 participent au recyclage des médicaments en rapportant ceux qu'ils n'utilisent pas en pharmacie. Les Limousins sont les plus vertueux. 

    Rien que pour l'année 2015, ce sont 15 477 tonnes de déchets issus de médicaments qui ont été collectées par les pharmacies françaises et regroupées par les grossistes répartiteurs avant leur valorisation à des fins énergétiques. C'est le bilan de l’association Cyclamed qui a pour mission de collecter et de valoriser les Médicaments Non Utilisés (MNU) à usage humain, périmés ou non, rapportés par les patients dans les officines.

    Plus exactement, le tonnage réel des MNU, avec le poids des cartons et des produits de parapharmacie soustraits, atteint 12 108 tonnes, en progression de + 0,4 % par rapport à 2014. La moyenne nationale s'établit donc à 185 grammes par habitant. Et pour savoir à quoi sert ce comportement civique, Cyclamed explique que " la valorisation énergétique de ces MNU permet d’éclairer et de chauffer l’équivalent de 7 000 logements ". Un acte utile donc que les Français s'approprient de plus en plus.

    80% des Français recyclent les médicaments 

    L’étude menée par l’institut BVA en février 2016 révèle que 80 % de nos concitoyens déclarent rapporter leurs MNU chez le pharmacien, dont 74 % d’entre eux le font " toujours " (contre 69 % en 2015). " Cela montre une forte fidélisation de ce réflexe auprès d’une grande partie de la population ", se félicite l'association. Ce sont surtout les plus de 50 ans (86 %), les femmes (85 %), et les personnes habitant des communes rurales qui ont adopté ce geste éco-citoyen.

    Parmi ces gens, 24 % séparent déjà les boîtes en carton et les notices en papier des médicaments. Chez ces Français, la protection de l’environnement est très bien perçue (93 %), eux qui n'ignorent pas que le dispositif permet d’éviter les rejets médicamenteux dans la nature (décharge, eaux de surface et souterraines).

    Par ailleurs, l’adhésion à la valeur de la sécurité sanitaire est en croissance cette année (90 %). Elle permet de prévenir les risques d’intoxications ou de confusions médicamenteuses au sein du foyer.

    C'est donc logiquement que pour la troisième année consécutive, le poids des MNU baisse dans chaque foyer français de manière importante (-8 % en 2012, -18 % en 2014 et -10 % en 2016), "ce qui confirme la prise de conscience des citoyens sur la nécessité de préserver son environnement et sa sécurité sanitaire domestique", écrit l'association. Le gisement en masse annuel des MNU reste tout de même de 19 000 tonnes, soit 323 grammes par foyer et par an en 2016.

    Les Limousins meilleurs recycleurs

    Et face à cet enjeu, certaines régions se distinguent plus que d'autres. Les plus vertueuses sont, comme en 2014, le Limousin (340 g de médicaments non utilisés rapportés par personne) devant la Bourgogne (243 g) et le Picardie (242).

    Les meilleures progressions sont à mettre au crédit des D.O.M (+10 %), de la Bourgogne (+6 %), et enfin de la Corse (+3 %).

    Tant de pays dans le monde dont les gens meurent parce qu'il n'y a pas de médicament dans le pays!

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  • Résultats de l’enquête : votre MDPH respecte-t-elle la loi ?

    Notre enquête (« Votre MDPH respecte-t-elle la loi ? »), menée en partenariat avec Autisme France, Egalited et Dys nos Droits, auprès des usagers des MDPH, a eu un immense succès, avec plus de 1800 réponses. Merci à tous ceux d’entre vous qui y ont contribué ! Vous pouvez consulter notre rapport ici.

    Il en ressort que :

    * Les MDPH respectent très peu le délai de 4 mois prévu pour statuer (délai déjà très long car le droit commun est de 2 mois)

    * Les MDPH respectent très peu les procédures prévues pour assurer le dialogue avec l’usager : par exemple, 70% des usagers indiquent que la proposition de plan personnalisé de compensation n’est jamais transmise à l’usager 15 jours avant la commission décisionnaire

    De plus, ces résultats nous inquiètent quant à la mise en œuvre du nouveau « dispositif d’orientation permanent » instauré par la loi de modernisation du système de santé (article 21bis), dispositif qui consiste en l’élaboration d’un plan d’accompagnement global (PAG) lorsque la personne handicapée se trouve sans solution. Ce PAG est censé être élaboré avec l’accord de la personne ou de sa famille. Peut-on vraiment espérer que cela sera le cas vu la difficulté actuelle des MDPH à mettre en œuvre le dialogue avec l’usager prévu par les textes? Alors que démarre l’expérimentation par 23 MDPH de ce nouveau dispositif, la plus grande vigilance s’impose.

    Notre rapport a été transmis au Secrétariat d’Etat en charge des personnes handicapées, à la CNSA, à l’IGAS, au CIH ainsi qu’aux parlementaires des commissions des affaires sociales et du groupe « intégration des personnes handicapées ».

    Nous avons besoin de vous pour relayer cette étude auprès des MDPH. Si vous êtes un responsable associatif local et que vous souhaitez transmettre le rapport à votre MDPH, n’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez avoir les résultats détaillés correspondant à votre département (incluant les réponses textuelles).

    http://toupi.fr/resultats-de-lenquete-votre-mdph-respecte-telle-la-loi/

  • La France est devenue une république bananière!

    Tuberculose: silences sur l’importation en France d’un vaccin destiné au marché polonais

    Certes l’information n’est pas cachée. On la trouve sur un courrier "Sanofi Pasteur MSD" daté du 18 mars : " Information importante destinée aux professionnels de santé des PMI, CLAT et centres de vaccination " :" Vaccin contre la tuberculose BCG-SSI : rupture de stock et importation d’un vaccin polonais". On peut, en cherchant un peu, la retrouver depuis peu sur le site de l’ANSM. Elle est également présente sur " Actualités santé Vidal". Ou sur le site mesvaccins.net: "Le vaccin BCG contre la tuberculose du laboratoire BIOMED-LUBLIN remplace le vaccin BCG SS" (Elisabeth Nicand).

    Privatisation des productions

    En apparence c’est une information technique. C’est aussi un nouveau symptôme de l’incurie croissante qui, en France, prévaut dans le système de fabrication-distribution des vaccins. Une incurie d’autant plus inquiétante que le pouvoir politique a entrepris d’ouvrir un " débat national " sur la politique vaccinale – avec l’annonce d’une remise en question du système actuel des vaccins " obligatoires " et des vaccins " recommandés ".Que se passe-t-il sur le front tuberculeux ? Résumons à la lumière des informations disponibles sur la Toile:

    A la suite de la "rupture de stock" du vaccin contre la tuberculose BCG SSI®, le laboratoire SanofiPasteurMSD met à disposition à partir du 29 mars 2016 et à titre exceptionnel et transitoire un vaccin BCG fabriqué en Pologne par la société BIOMED-LUBLIN.Pourquoi une "rupture de stock"? On ne le sait pas. Le vaccin BCG SSI® était fabriqué par le Statens Serum Institut (d’où l’abréviation "SSI"), une entreprise publique internationale de recherche, de production et de services qui dépend du ministère de la santé du Danemark. L’Institut est confronté à des difficultés pour produire ce vaccin en quantité suffisante. Le Statens Serum Institut a engagé un processus de privatisation de sa production de vaccins.

    Marché polonais

    Le vaccin BCG SSI® était distribué en France par le laboratoire Sanofi Pasteur MSD. Du fait des "tensions d’approvisionnement", sa distribution était contingentée auprès des centres de Protection maternelle et infantile (PMI) et des Centres de Lutte Antituberculeuse (CLAT) depuis le 14 janvier 2015.

    La rupture de stock du vaccin BCG SSI est effective à compter du 31 mars 2016, les doses encore disponibles arrivant à péremption le 31 mars 2016. La remise à disposition du vaccin BCG SSI®, qui est importé en France par le laboratoire Sanofi Pasteur MSD, n’est pas déterminée à ce jour.

    En accord avec l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) Sanofi Pasteur MSD (seul laboratoire à distribuer le vaccin contre la tuberculose en France) va importer un vaccin BCG contre la tuberculose initialement destiné au marché polonais. Ce vaccin est fabriqué par la société BIOMED-LUBLIN. Il bénéficie d’une autorisation de mise sur le marché en France depuis le premier mars 1994, dont le dernier renouvellement date du 29 mai 2013 (renouvellement tous les 5 ans). Jusqu’à ce jour, il n’avait pas été distribué par le laboratoire Sanofi Pasteur MSD.

    Forme d’incurie

    Il existe toutefois de très nombreuses différences entre le vaccin BCG SSI® et le vaccin BCG contre la tuberculose BIOMED-LUBLIN sur les modalités de préparation et le volume à administrer. Tout comme pour le vaccin BCG SSI, les doses de vaccin BCG BIOMED-LUBLIN sont contingentées. La distribution de ce vaccin sera accessible dans les centres de Protection maternelle et infantile, les Centres de lutte antituberculeuse, les maternités et les centres de vaccination. De fait, les pharmacies n’auront pas avoir accès à cette spécialité.

    Les causes premières de toutes ces perturbations ne sont pas précisés par l’ANSM sur la fiche de rupture de stock du vaccin BCG-SSI. Elles ne le sont pas non plus par le laboratoire Sanofi pasteur MSD dans sa lettre aux professionnels de santé. Pourquoi ne pas dire la vérité sur ces ruptures de stocks à répétition? Sur cette incapacité chronique à fournir un vaccin dont on recommande l’usage?

    On peut voir là un simple oubli. Certains médecins commencent à y voir une forme de mépris. Cette situation les place dans de grandes difficultés vis-à-vis de parents inquiets demandant des explications. Le tout dans un contexte où la justification du maintien de la vaccination, en France en 2016, est de plus en plus contestée. Tous les symptômes réunis, en somme, d’une forme, grave, d’incurie.

    https://jeanyvesnau.com/2016/04/02/tuberculose-silences-autour-de-limportation-en-france-dun-vaccin-destine-au-marche-polonais/

     

  •  Jean-Pierre Coffe: dommages des hommages

    Quand la France d’avant se fait la malle

    Dans notre société où tout n’est plus que communicationnel, dès qu’un "pipeaule" casse sa pipe, ce qui leur arrive aussi et arrivera à la totalité de l’humaine espèce, tout le monde ou presque de sortir sa nécrologie ou son hommage toujours d’une mièvrerie appuyée, dégoulinante de bons sentiments marqués, et manquant singulièrement d’intelligence ou de nuances. Par le "miracle" de la technique et en particulier celui des "réseaux — dits — sociaux" n’importe quel pékin peut également déposer sa gerbe peu odoriférante au pied du piédestal en carton-pâte dressé par le grand barnum médiatique.

    On a le droit à des dizaines de milliers de "Salut l’artiste" se voulant à la fois familiers et respectueux, et larmoyants, à des "RIP un grand meussieur" et autres "il nous manque" et autres formules toutes faites sorties de la méthode Assimil du festivisme ambiant.

    Aujourd’hui, c’était le tour de Jean-Pierre Coffe dont la première intervention télévisuelle, dans "Le Petit rapporteur" de Jacques Martin, reste de loin la meilleure, car la plus vraie, la plus authentique. Il joua également dans quelques films des années 70 des crapules visqueuses avec une délectation évidente. Par la suite, de "La Grande famille" de Delarue sur Canal Pelu dans les années 80 aux "Grosses têtes" de Bouvard puis de Ruquier, les fausses colères de Coffe virèrent au procédé en somme de comédie. Ses fureurs entrèrent dans son "emploi" de scène.

    Coffe est bien vite devenu le Géronte faisant rire de la bouffe contre-balançant — un peu — l’hygiénisme à la noix d’une société de plus en plus repliée sur des petites certitudes rassurantes, une société de plus infantilisée par un "coaching" collectif lénifiant et au fond de plus en plus puritaine:

    Le tabac c’est très mal, le pauvre type au RSA, chômeur de longue durée, j’en passe et des pires, n’a même plus le droit de s’en "griller une" afin de se détendre ne serait-ce que quelques secondes sans qu’un curé du "bien vivre" improvisé ne lui sorte un sermon moralisateur.

    Le gras du jambon, c’est mauvais aussi, surtout pour les pauvres qui ne pensent qu’à bouffer les inconscients. On songe au personnage de l’alcoolique repenti dans un vieux "Lucky Luke" se lançant dans des conférences hygiénistes grotesques après avoir été "guéri" par le psy censé "guéri " également les Dalton de leurs mauvais penchants.

    Il faut absolument manger les fameux cinq fruits et légumes par jour, bio de préférence, cultivé selon des méthodes présentées comme nouvelles par leurs promoteurs ne faisant que redécouvrir l’eau tiède et l’agriculture traditionnelle, celle que leurs ancêtres pratiquaient…

    Le vin, c’est très mal aussi et l’alcool en général également. On est toujours étonné que les contempteurs du bon pinard pour lequel ils n’ont pas de mots assez durs soient souvent des partisans de la légalisation du cannabis pourtant bien plus nocif. Ou alors est-ce qu’ils estiment que les grands crus doivent rester un privilège de classe? Une manière d’ostentation sociale, de compétitions entre égos de "bourgeois pédagogues".

    Manger de la viande, c’est pas gentil du tout pour les animaux car pour en manger forcément il faut les tuer et les abattoirs sont des abattoirs. Et tuer, c’est pas gentil car la mort c’est laid. Les amis des bêtes sont dans le slogan fort et l’engagement drôlement marqué, je suis même sûr qu’ils s’opposent aussi à la violence et qu’ils lui préfèrent la paix tel Renaud proclamant qu’il n’aime pas du tout le terrorisme ou Madame Hidalgo organisant un genre de "Love Parade" contre les islamistes. A coup sûr, ils seront terrifiés…

    Coffe est mort, caricature d’une France d’avant, plus rurale, bonne vivante. Avec lui s’en va encore un peu plus de ce vieux pays.

     

  • Suite de la note d'hier

    Obésité: Une piste épigénétique pour lutter contre la prise de poids et l’hypercholestérolémie

    Le nombre de cas d’obésité a doublé depuis 1980 : en 2014, plus de 600 millions d’adultes étaient touchés à l’échelle de la planète. Les causes de cette épidémie sont notamment environnementales et génétiques. Des chercheurs de l’Inra, en association avec des collègues de l’Institut Pasteur, de l’Inserm, du CNRS et de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni), révèlent qu’une protéine (BAHD1) participe aux mécanismes de régulation du taux de cholestérol et de la prise de poids, en contrôlant l’expression de certains gènes par des phénomènes épigénétiques. Ces résultats publiés le 3 Mars 2016 dans la revue PLoS Genetics pourraient ouvrir la voie à la recherche de nouvelles thérapies contre l’obésité, le diabète, et les maladies cardiovasculaires.

    Chez l’homme et les autres vertébrés, BAHD1 est une protéine contribuant à rendre certains gènes peu actifs, voire totalement inactifs, en compactant certaines régions des chromosomes. Jusqu’à présent, le rôle physiologique de BAHD1 était inconnu. Une équipe de chercheurs de l’Institut Micalis de l’Inra, en association avec l’Institut Pasteur, l’Inserm, le CNRS et l’Université de Cambridge (Royaume Uni), révèlent aujourd’hui que BAHD1 participe aux mécanismes de régulation du taux de cholestérol et de la prise de poids.

    Une déficience en protéine BAHD1 entraîne une baisse de la cholestérolémie et de la graisse corporelle

    Pour comprendre le rôle de cette protéine, les chercheurs ont produit des souris qui ne possèdent plus le gène BAHD1. A la naissance, les souris sans BAHD1 sont petites. Au cours de la croissance, ces animaux rattrapent la taille de leurs congénères chez lesquels la protéine s’exprime, mais restent plus maigres. Les chercheurs ont observé que les adultes sans BAHD1 avaient un taux de cholestérol sanguin, une glycémie et une masse graisseuse plus faibles que chez les souris témoins.

    L’ablation du gène BAHD1 provoque donc une diminution de la cholestérolémie et de la quantité de graisse corporelle chez les souris. Elle provoque aussi un mauvais fonctionnement du placenta et une réduction du poids des fœtus. BAHD1 est donc un élément clé des réseaux de régulation du développement du placenta pendant la phase embryonnaire, et du stockage de la graisse corporelle chez l’adulte.

    Les scientifiques ont également recherché les gènes dérégulés chez la souris par l’inactivation de BAHD1, ou in vitro par la surexpression de BAHD1 dans des cellules humaines. Ils ont découvert que, dans ces deux modèles, BAHD1 modifie l’expression de plusieurs gènes importants dans le contrôle du métabolisme du cholestérol, des hormones stéroïdiennes, des lipides et des sucres.

    La protéine BAHD1, élément clé d’un mécanisme épigénétique

    Les chercheurs ont aussi mis en évidence que BAHD1 agit avec d’autres protéines, comme des enzymes appelées histones déacétylases et méthyltransférases, pour déclencher des changements dits épigénétiques. Ce sont des variations dans l’activité des gènes qui interviennent non pas par des mutations dans la séquence de l’ADN, mais par des changements de son état de compaction, à la suite de modifications chimiques de l’ADN ou des protéines histones (dans lesquelles l’ADN est enroulé, formant une fibre appelée la chromatine). Ainsi par exemple, BAHD1 régule l’expression d’un gène codant pour un récepteur aux oestrogènes (des hormones sexuelles qui influencent le poids) en agissant sur la méthylation de l’ADN et des histones dans la région de ce gène.

    Les résultats de ces travaux montrent que ces mécanismes épigénétiques agissent comme une commande du stockage ou de la consommation d'énergie dans l'organisme, à différentes phases de la vie. Ils pourraient, par des approches ciblées sur BAHD1, ses partenaires ou ses gènes cibles dans certains tissus, ouvrir la voie à de nouvelles thérapies contre l’obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires.

    Source

     Role of the BAHD1 Chromatin-Repressive Complex in Placental Development and Regulation of Steroid Metabolism, PLoS Genetics, 3 mars 2016

    Goran Lakisic, Alice Lebreton, Renaud Pourpre, Olivia Wendling, Emanuele Libertini, Elizabeth J. Radford, Morwenna Le Guillou, Marie-France Champy, Marie Wattenhofer-Donzé, Guillaume Soubigou, Slimane Ait-Si-Ali, Jean Feunteun, Tania Sorg, Jean-Yves Coppée, Anne C. Ferguson-Smith, Pascale Cossart, Hélène Bierne

  • Vous êtes ce que vos parents ont mangé !

    Des scientifiques de Helmholtz Zentrum de Munich, en collaboration avec des chercheurs de l’Université technique de Munich et du Centre allemand de recherche sur le diabète (DZD), ont montré que l’obésité induite par l’alimentation et le diabète peut être épigénétique*, héritée par la descendance. via les ovocytes et les spermatozoïdes. Les résultats ont été publiés récemment dans la revue Nature Genetics.

    Pour son étude, l’équipe de l’Institut de génétique expérimentale (IEG) a utilisé des souris qui étaient devenues obèses et qui ont développé un diabète de type 2 en raison d’un régime alimentaire riche en matières grasses. Leur progéniture a été obtenue uniquement par fécondation in vitro (FIV) à partir d’ovocytes et de spermatozoïdes isolés, de sorte que les changements dans la progéniture ne pouvaient être transmis par l’intermédiaire de ces cellules. Les descendants ont été portés et sont nés via des mères porteuses saines. Cela a permis aux chercheurs de se prononcer sur d’autres facteurs tels que le comportement des parents et des influences de la mère pendant la grossesse et l’allaitement.

    "Les résultats ont montré qu’ensemble les ovocytes et les spermatozoïdes ont transmis l’information épigénétique, qui en particulier dans la progéniture femelle a conduit à une obésité sévère", a déclaré le professeur Johannes Beckers, qui a dirigé l’étude. Dans la descendance mâle, en revanche, le taux de glucose sanguin est plus affecté que dans la fratrie féminine. Les données montrent également que – comme chez les humains – la contribution maternelle au changement dans le métabolisme de la progéniture est supérieure à la contribution paternelle.

    Ceci peut être une explication possible de la propagation rapide du diabète dans le monde entier.

    " Ce genre d’hérédité épigénétique d’un trouble métabolique due à une mauvaise alimentation pourrait être une autre cause majeure de l’augmentation globale spectaculaire de la prévalence du diabète depuis les années 1960 ", a déclaré le professeur Martin Hrabe de Angelis, directeur de l’IEG et initiateur de l’étude. L’augmentation observée de patients diabétiques dans le monde entier peut difficilement être expliquée par des mutations dans les gènes eux-mêmes (ADN) parce que l’augmentation a été trop rapide. L’hérédité épigénétique – par opposition à l’héritage génétique – est en principe réversible, et de nouvelles possibilités d’influer sur le développement de l’obésité et le diabète se produisent à partir de ces observations, selon les scientifiques.

    Dans leurs théories sur l’hérédité et l’évolution, Jean-Baptiste Lamarck et Charles Darwin ont explicitement établi que les caractéristiques et les traits que les parents acquièrent au cours de leur vie grâce à l’interaction avec l’environnement pourraient être transmis à leur progéniture. Ce n’était pas jusqu’à la néo-darwiniste " Théorie synthétique de l’évolution ", qui a combiné les théories de la sélection naturelle de Darwin et la génétique de Gregor Mendel, que l’hérédité des caractères acquis a été rejetée. " Du point de vue de la recherche fondamentale, cette étude est importante car elle prouve pour la première fois qu’un trouble métabolique acquis peut être transmis de façon épigénétique à la descendance via les ovocytes et les spermatozoïdes semblable aux idées de Lamarck et de Darwin ", a déclaré le professeur. Johannes Beckers.

    * Épigénétique : Contrairement à la génétique, le terme ‘épigénétique’ se réfère à l’héritage des traits qui ne sont pas déterminées dans la séquence primaire de l’ADN (les gènes). Jusqu’à présent, les transcrits d’ARN et les modifications chimiques de la chromatine (par exemple, sur l’ADN ou des histones) ont été considérés comme des porteurs de cette information épigénétique.

    Un colloque scientifique: épigénétique et évaluation des risques se tiendra les 14 et 15 juin prochain à Valence, en Espagne, source EFSA.

    A suivre