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santé - Page 43

  • Céramique et impression en 3D : un cocktail qui a de la gueule

     

    Parmi les nombreux champs de la médecine où l’impression 3D pourrait contribuer à des progrès prometteurs figure la chirurgie maxillo-faciale. Nous avons déjà évoqué il y a quelques mois l’initiative du CHU de Dijon, qui s’est doté d’une imprimante en 3D. L’appareil est utilisé dans le cadre des reconstructions faciales où des plaques en titane doivent être implantées, par exemple dans le cas de fractures de l’orbite. Classiquement, le modelage de la plaque en titane est réalisé au cours de l’intervention, ce qui peut s’avérer périlleux et ce qui accroit les risques d’infection et de complication. En réalisant une réplique parfaite de la structure osseuse de la partie de la face à opérer, l’impression en 3D permet de préparer à l’avance le modelage de ces plaques. A partir des images obtenues par scanner, l’imprimante réalise un modèle en 3D, grâce à la superposition des couches de plastique thermoformable. « L’opération » dure entre huit et quarante heures selon l’ampleur de la réplique à réaliser. Au bloc, le gain de temps est très important. « Les répliques réalisées sont très fidèles à la structure osseuse copiée. Cela nous permet d’élaborer des plaques utilisées pour la reconstruction opératoire, qui s’adapteront parfaitement au crâne du patient. On gagne ainsi plusieurs heures sur des opérations souvent complexes. C’est non seulement plus rapide, mais aussi plus précis », expliquait dans le journal régional le Bien public, le professeur Narcisse Zwetyenga, chef du service.

    Cette utilisation de l’impression en 3D  si elle permet de pallier la difficulté liée au modelage de l’implant n’apporte pas de réponse en ce qui concerne le matériau employé. Or, les produits aujourd’hui utilisés ne sont pas parfaitement optimaux et de nombreuses équipes recherchent des alternatives. A Limoges, le matériau qui s’est imposé sans surprise est la céramique ! Depuis dix ans en effet, le docteur Joël Brie, qui exerce au sein du service de chirurgie-maxilio-faciale du CHU de Limoges travaille en étroite collaboration avec l’entreprise 3D Céram à la mise au point de prothèses crâniennes sur mesure en céramique. La technique utilisée est proche de celle mise en œuvre à Dijon. En s’appuyant sur une technologie développée par le laboratoire SPCTS (Science des procédés céramiques et de traitements de surface), la première étape consiste en « une modélisation numérique en trois dimensions de la partie manquante du crâne ». Puis la prothèse est réalisée par l’imprimante en trois dimensions : « La machine crée l'objet par tranches de 25 microns, soit un quart de cheveu d'épaisseur, avec une telle précision que la découpe est pour ainsi dire sur mesure », détaille Christophe Chaput, cofondateur de 3D Ceram. Mais le docteur Brie et 3D Ceram ne se sont pas contentés de cet excellent résultat. Leur objectif est de concevoir une prothèse parfaitement acceptée par l’organisme. Pour ce faire, des centaines de micro-trous sont ajoutées en périphérie sur les prothèses, une prouesse rendue possible par la technologie de l’impression en 3D. « L'os est capable de s'agripper dans un matériau comme la céramique mais lorsqu'il est lésé, il ne repoussera pas sur plus d'un centimètre, mais on sait aussi qu'un pont osseux d'un centimètre est suffisant pour garantir la solidité de l'implant. Grâce à cette porosité, au bout de six mois, l'os a recolonisé environ 25 % des zones poreuses et la prothèse fait partie intégrante du patient », indique le docteur Brie.

    Et les résultats sont là. Depuis 2005, dix-sept patients opérés par le docteur Brie ont reçu une prothèse en céramique ainsi conçue et le taux d’infection a été nul. Plusieurs publications ont confirmé ces résultats et le docteur Joël Brie qui reçoit des patients de la France entière espère pouvoir encore développer cette technologie. Déjà d’autres services se sont déclarés intéressés.

  • Limoges : Une prothèse de crâne en céramique

     

    A Limoges, la coopération entre le service de chirurgie maxillo-faciale du CHU et une entreprise d’impression 3D a permis une avancée médicale majeure. Les deux groupes viennent de mettre au point des prothèses crâniennes en céramique, qui réduisent les risques d’infection.

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    En collaboration avec l’entreprise 3D Céram, Joël Brie, un médecin au service de chirurgie maxillo-faciale du CHU de Limoges, a développé une nouvelle génération de prothèse crânienne.

    "Avec cette prothèse, on est passé de la préhistoire à la chirurgie réparatrice 2.0"

    Cette prothèse crânienne en céramique révolutionne la chirurgie maxillo-faciale, grâce à une technologie de pointe si parfaite qu’elle dupe l’organisme lui-même.

    soigner des patients ayant perdu plus de 15% de la surface de leur crâne.

    Le pari est en passe d’être réussi. "Sur les 17 premiers patients opérés depuis 2005, nous avons zéro infection", assure le spécialiste.

    "La meilleure reconstruction est certes toujours celle faite avec l’os du patient, mais parfois celui-ci comporte un risque infectieux".

    Grâce à une machine développée à partir de la technologie mise au point par le laboratoire SPCTS (Science des procédés céramiques et de traitements de surface), 3D Ceram peut concevoir " une modélisation numérique en trois dimensions de la partie manquante du crâne ". En 48 heures maximum, l’objet est ensuite modelé au laser, avant cuisson.

     " La machine crée l’objet par tranches de 25 microns, soit un quart de cheveu d’épaisseur, avec une telle précision que la découpe est pour ainsi dire sur mesure ". 3D Céram a ajouté à sa prothèse des centaines de micro-trous en périphérie. C’est cette porosité de près de 60% qui en fait la véritable valeur ajoutée.

    Bien qu’une opération coûte entre 10.000 et 18.000 euros selon les implants, le créateur de la méthode argumente :

    "le surcoût induit est largement amorti par la réduction quasi-totale du risque infectieux, la rémission est moins risquée, le patient coûte donc moins cher à la sécurité sociale".

     

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  • La guerre...

    Lasers, canons électromagnétiques: le futur n'est pas si loin pour la Navy

    La marine de guerre américaine cherche depuis longtemps des alternatives futuristes à ses équipements de combat actuels. Lasers, canons électromagnétiques... des technologies impressionnantes qui seront pourtant mises en service très prochainement.

    L'US Navy vient d'annoncer qu'elle prévoit de déployer son premier laser opérationnel cet été, et qu'elle testera un prototype de canon électromagnétique (rail gun) à bord d'un navire d'ici à deux ans. Une progression logique, après l'essai d'un démonstrateur du LaWS (pour Laser Weapon System) à bord du destroyer USS Dewey en 2012.

    Le LaWS équipera cette fois l'USS Ponce pour une période de 12 mois lors de patrouilles en eaux potentiellement hostiles, afin de prouver qu'il est une alternative crédible aux technologies actuelles pour la défense contre les petits aéronefs et les embarcations légères. Il sera couplé au module de détection radar d'un Mk-15 Phalanx CIWS (Close-in Weapon System), un système de défense anti-missiles majoritairement utilisé par la marine américaine depuis 1980, et n'aura besoin d'être opéré que par un seul homme.

    OBJECTIF DE RÉDUCTION DES COÛTS

    Les recherches sur ces équipements, qui ont coûté 40 millions de dollars à la Navy les six dernières années, sont principalement pour des raisons économiques. En effet, les missiles et munitions d'artillerie utilisées par les navires sont très coûteux, plus d'un million de dollars par missile, tandis que les armes à énergie dirigée (DEW) ne coûtent presque rien à l'utilisation.

    Elles ne sont de plus pas soumises aux problématiques de stock de munitions, pouvant fonctionner indéfiniment tant qu'elles sont alimentées et refroidies. Enfin, elles présentent l'avantage d'une certaine polyvalence, avec un rayon d'action de 1,6 km, et pouvant s'attaquer à des drones (cf. vidéo), à plusieurs types d'embarcation, etc.

  • T'as de beaux yeux, tu sais!?

    L’amour ? C’est dans le regard

    Selon une étude, le premier regard est déterminant dans l’évaluation d’une relation amoureuse éventuellement durable ou au contraire d’une relation sexuelle spontanée et fugitive.

    Par Jacques Henry

    “ L’amour est dans le regard ", c’est le titre (" Love Is in the Gaze ") d’un article très sérieux paru dans le dernier numéro du périodique scientifique Psychological Science. Lire dans les yeux des autres est en quelque sorte une compétence précieuse pour explorer une interaction interpersonnelle. Quand on a rendez-vous avec quelqu’un qu’on connaît à peine ou pas du tout, une situation qui m’est arrivée il y a de nombreuses années quand je m’étais inscrit dans une agence matrimoniale pour tenter de retrouver une compagne que je n’ai d’ailleurs jamais trouvée, comment évalue-t-on par un simple regard les intentions de cette personne en termes de relation durable ou de courte durée ? Les belles envolées verbales romantiques pour séduire l’autre sont un classique d’une banalité affligeante quand une femme et un homme se rencontrent pour la première fois car il est tellement facile de dissimuler ses intentions ou de prendre le contrôle de l’autre dans la conversation que le jeu est faussé d’avance. Nous disposons de plusieurs sens nous permettant de communiquer avec l’environnement humain comme dans le cas d’un rendez-vous (galant ou non) et c’est surtout le regard qui importe, le toucher et l’odorat interviendront plus tard.

    Quelques études ont montré une différence entre l’amour et le désir sexuel, et cette distinction est en tout premier lieu effectuée par le regard, parfois un " cliché " n’ayant souvent duré qu’une fraction de seconde, enregistré dans le cerveau qui va effectuer le classement entre ces deux catégories d’approches entre deux individus, classement consistant à différencier l’" amour romantique " du simple et parfois banal " désir sexuel ".

    Il faut préciser que l’étude, réalisée à l’Université de Chicago sous la direction du Docteur Stephanie Cacioppo, comprenait 20 volontaires, 13 femmes et 7 hommes, tous hétérosexuels, d’une moyenne d’age de 22 ans, 18 droitiers et 2 gauchers pour plus de précisions, qui se sont pliés à l’observation de photographies sur un écran d’ordinateur, dans des conditions expérimentales telles qu’un système électronique permettait de calculer et enregistrer la direction précise de leur regard spontanément orienté vers ces photographies. L’étude a abouti à quelques précisions intéressantes.

    Toutes les analyses statistiques du mouvement des yeux ultérieures aux tests ont permis de confirmer quel était le regard porté sur ces illustrations, codifiées selon un protocole bien précis utilisé dans les études psychologiques (voir le lien). Les images présentées aux sujets participant à l’étude représentaient des personnes inconnues de ces derniers et issues d’une banque de données de photos variées. Les regards ont été classés en trois catégories : le premier coup d’œil, durant parfois moins d’une seconde, sa durée donc, et la durée totale de tous les parcours et fixations du regard sur les images. Dans la première partie de l’étude, les stimuli consistaient en 120 images de couples hétérosexuels présentés dans diverses attitudes, à l’exclusion de toute image explicite de nu ou à caractère érotique. On demandait aux participants de déterminer aussi vite que possible, tout en regardant les images, s’ils classaient ces dernières dans la catégorie érotique ou sexuelle ou au contraire dans la catégorie de l’amour romantique. Dans la deuxième partie de l’étude, les stimuli visuels étaient constitués de 80 prises de vues de visages ou de silhouettes d’hommes ou de femmes photographiés individuellement. Les femmes devaient regarder des photos d’hommes et vice versa.

    Au cours de l’étude 1, les sujets passaient plus de temps à regarder le visage plutôt que le reste du corps quand on leur demandait s’ils ressentaient un désir sexuel plutôt qu’un amour romantique en regardant ces photos de couples ; et les zones scrutées étaient très précises, essentiellement le visage et en particulier les bouches comme dans le cas d’un couple échangeant un baiser :

    Si l’image était classée comme entrant dans la catégorie de l’amour romantique, le regard se portait presque exclusivement vers les visages, alors qu’avec la même photographie classée dans la rubrique désir sexuel par un des participants à l’étude, le regard se répartissait entre visage et reste du corps. De plus la durée de fixation du regard sur un point donné des photographies était près de trois fois plus longue pour les clichés classés " amour romantique " que pour ceux classés " désir sexuel ", comme si l’évocation d’un amour romantique requérait l’accumulation d’une plus large information et d’une interprétation plus complexe, donc plus lente, par le cerveau.

    Dans la partie 2 de l’étude, aucune différence ne put être décelée de manière significative entre les " genres " – c’est-à-dire les sexes, pour parler concrètement – et la plupart des sujets, hommes ou femmes, dispersaient leur regard autant sur le visage que sur le reste du corps sans pouvoir décider de manière significative s’ils penchaient pour un amour romantique ou un simple désir sexuel.

    Il ressort de cette étude que, contrairement à ce qu’affirmait la chanteuse de soul Betty Everett – " si vous voulez savoir s’il vous aime, c’est avec ses baisers " –, c’est plutôt le premier regard qui est déterminant dans l’évaluation d’une relation amoureuse éventuellement durable ou au contraire d’une relation sexuelle spontanée et fugitive. La science de l’amour ou du désir naissant au premier regard était inconnue jusqu’à cette étude, qui a le mérite de préciser le mécanisme visuel transmettant au cerveau les informations, qui sont d’ailleurs traitées très rapidement dans des régions distinctes du cortex, que ce soient les perceptions érotiques et sexuelles ou celles relatives à l’amour romantique. Ce résultat a été précisé par ailleurs par les mêmes auteurs de la présente étude par imagerie fonctionnelle.

    La classification visuelle " amour romantique " se concentre donc sur les visages et les lèvres alors que le même processus de classification dans le registre " désir sexuel " se disperse en partie sur le reste du corps. Il faut rappeler qu’il s’agit de réactions visuelles rapides durant souvent moins d’une seconde. On peut constater avec ces résultats, résumés par les deux illustrations tirées de l’article, que le désir sexuel est évoqué très rapidement puisqu’il entre dans une boucle de stimuli hormonaux eux-mêmes très rapides. A contrario, formuler que le cliché d’un couple évoque un amour romantique est plus complexe et plus abstrait car le processus de récompense au niveau du cerveau est alors plus aléatoire à atteindre. Les études relatives aux mécanismes de mise en place de l’amour, le coup de foudre par exemple, sont très limitées. Ce que l’on a pu prouver par le type d’étude relatée dans cet article est que l’échange de regards entre un homme et une femme, même très rapide, est suffisant comme élément déclenchant un coup de foudre et le début d’un amour romantique. Le regard que l’on porte sur l’autre est indubitablement analytique et effectue un classement en deux catégories de personnes dont les frontières ne sont pas clairement définies, car qui dit amour sous-entend sexe et la réciproque ne peut être exclue.

    Notre perception de l’autre semble donc en grande partie inconsciente et nous classons tout aussi inconsciemment dans les catégories amour éventuellement durable ou relation sexuelle fugitive et éphémère (un " quicky " comme disent les Australiens) les personnes que nous rencontrons fortuitement. L’amour est le résultat d’une chimie très sophistiquée que nous ne pouvons pas contrôler et le désir sexuel entre dans une catégorie du comportement sur laquelle nous avons encore moins d’emprise consciente. En définitive, nous sommes soumis à des processus complexes qui nous échappent totalement et qui sont initiés par la vision.

    Source : University of Chicago et DOI: 10.1177/0956797614539706. Article aimablement transmis par le Docteur Stephanie Cacioppo.

     

     

    La communication à l’intérieur du couple est prépondérante pour maintenir une intimité sexuelle

     

    Par Jacques Henry

    De plus en plus de couples déclarent n’avoir pratiquement plus de relations sexuelles ou seulement à de très rares occasions, quand ils ont bien picolé à l’issue d’une soirée entre amis. S’il existe de nombreuses raisons pour expliquer ce comportement, il est évident que la communication à l’intérieur du couple est prépondérante pour maintenir une intimité sexuelle. Et c’est cette communication " sur l’oreiller " qui est justement importante pour maintenir le désir sexuel dans un couple.

     

    Plusieurs études récentes classées dans le domaine gris de la " science postcoïtale " – comme c’est romantique ( ! ) – ont reconsidéré l’importance des conversations sur l’oreiller après un orgasme. On s’est rendu compte par exemple que les femmes qui avaient fait l’expérience d’un orgasme réussi étaient plus enclines à une communication relationnelle positive que les hommes, bien qu’ayant également atteint l’orgasme sexuel, ce qui est beaucoup plus aisé pour eux, et naturellement beaucoup plus que les femmes restées non satisfaites. De plus il est apparu que l’orgasme libère la communication relationnelle positive. Le Docteur Amanda Denes de l’Université du Connecticut, principal auteur d’une étude parue dans Communication Monograph n’emploie pas la langue de bois en déclarant : " la conversation sur l’oreiller après une relation sexuelle réussie joue un rôle primordial dans le maintien de l’intimité du couple ". Les médecins ont caractérisé la période suivant directement un rapport sexuel réussi comme étant un état mental altéré durant lequel les processus cognitifs sont profondément modifiés et favorisent la communication et la reconsidération des mécanismes de prise de décision et durant cette période particulière l’évaluation des risques et des bénéfices de se confier à son (sa) partenaire " sur l’oreiller " à ce moment précis est également altérée.

     

    Et pourquoi se trouve-t-on dans cet état second, tout simplement parce que notre cerveau est littéralement inondé d’oxytocine, l’hormone dite du plaisir mais aussi celle qui favorise la lactation et encore la construction de la relation intime mère-enfant. L’oxytocine a aussi un rôle prépondérant dans le comportement car elle inhibe l’agressivité et la perception du danger et donc aussi le développement de la peur. De plus l’oxytocine réduit la production du cortisol qui est l’un des éléments de déclenchement du stress. La conversation post-orgasmique sur l’oreiller est donc sous le contrôle de l’oxytocine et on n’y peut rien, on plane, on se confie, l’intimité du couple trouve là un moment privilégié pour s’affermir et se construire.

    L’étude conduite par le Docteur Denes a aussi considéré les effets de l’alcool sur les " conversations sur l’oreiller " car bien souvent les relations sexuelles sont également vécues sous l’emprise de l’alcool, des statistiques montrant qu’au moins 40% des relations sexuelles ont lieu après une consommation de boissons alcoolisées malgré le fait que l’alcool a tendance a diminuer les performances sexuelles conduisant à un orgasme réussi, au moins chez l’homme, selon une étude parue en 1993 et réalisée par B.C. Leigh et parue dans le Journal of Abnormal Psychology.

    L’étude récente a porté sur des interrogatoires strictement contrôlés de 253 personnes âgées de 18 à 45 ans, sexuellement actives et pour la plupart hétérosexuelles, à 7 exceptions près, réparties en 78% de femmes et 22% d’hommes. Toutes ces personnes ont déclaré avoir une activité sexuelle incluant pénétration vaginale, cunnilingus ou fellation et stimulations manuelles. Elles devaient rendre compte quotidiennement pendant deux semaines par internet à l’aide d’un questionnaire approprié dans les deux heures suivant leur rapport sexuel si elles avaient fait l’expérience d’un orgasme, si elles avaient consommé de l’alcool et enfin de décrire quelle avait été qualitativement leur conversation sur l’oreiller avec leur partenaire en tentant de classer l’intensité de cette conversation qui a ensuite été analysée à l’aide d’algorithmes statistiques. Les questions étaient du genre : " je ne voulais pas lui dire ce que je lui ai finalement dit " ou encore " j’ai dit à mon (ma) partenaire des choses que peu de personnes connaissent " ou enfin " après un orgasme je me confie plus facilement que dans la vie courante ". Ce genre de questionnaire est facile à intégrer car de toutes les façons on n’a plus vraiment le contrôle de nos comportements conscients quand nous sommes soumis à ces effets massifs de l’oxytocine sur l’ensemble du cerveau.

    Ce qui ressort de cette étude, certes entachée d’approximations puisque la majorité des sujets étudiés étaient des femmes hétérosexuelles qui vivaient au moins trois rapports sexuels réussis par semaine pour 57% d’entre elles, consommation d’alcool ou pas, est que la consommation d’alcool avant un rapport sexuel, que ce soit au sein d’un couple établi ou au cours d’une relation occasionnelle n’a que très peu d’incidence, selon cette étude, sur la libération de la parole, ou dit d’une autre manière, c’est le taux extravagant d’oxytocine qui éblouit ou obscurcit le cerveau, selon le côté où on se place, et une bonne partie de jambes en l’air libère la parole et l’ensemble de l’organisme pour son plus grand bien.

    Enfin, l’étude mentionne que les " conversations sur l’oreiller " après un bel orgasme partagé, ce qui reste malgré tout exceptionnel pour les couples non entrainés pour ce genre d’exercice, constituent une excellente thérapie pour l’équilibre du couple et les interactions physiologiques dont on ne mesure pas l’importance quand on se couche pour faire l’amour, la banalité de ce comportement étant souvent considérée comme une simple formalité alors que dans cet acte peut-être banal pour beaucoup d’entre nous, réside le secret de l’équilibre du couple, qu’on le veuille ou non, l’amour et faire l’amour n’étant finalement que le résultat de processus chimiques et hormonaux triviaux sur lesquels nous n’avons aucun pouvoir.

    Source : Communication Monograph

  • Le microbiome inexploité des plantes pourrait aider à nourrir des milliard d’habitants.

     

    Source Scientific American.

    Le projet sur le microbiome humain a révélé des dizaines de milliers de milliards de microbes vivants dans et sur les êtres humains. Les scientifiques sont en train de faire un recensement des microbes des plantes – et pas seulement les centaines de milliards retrouvés dans le sol. Des communautés microbiennes distinctes vivent à l’intérieur des racines, des feuilles et des fleurs, et dans l’ensemble, elles ont une diversité génétique estimée être de trois à six ordres plus grande que les plantes hôtes. Ce deuxième génome, tout comme le microbiome humain, fournit à la plante les éléments nutritifs et l’aide à supprimer la maladie. Les scientifiques et les agriculteurs aussi pensent qu’elle représente la prochaine grande chose dans l’agriculture.

    Les travaux ont été publiés dans le numéro de juin 2014 de la revue Ecology Letters.

     

     

  • Les voyages forment la jeunesse, déforment les valises et vous rendent gaga!

    Psychologie: Quand les voyages rendent fous

    Si vous partez cet été, méfiez-vous des syndromes de Stendhal, de Paris, de Jérusalem, indien, insulaire…

    Il n’y a pas que les coups de soleil et les piqûres d’insectes qui peuvent vous gâcher les vacances. Les médecins reçoivent régulièrement des patients touchés par des syndromes directement liés au voyage, alors que ceux-ci n’avaient aucun antécédent psychiatrique. Dans ce cas, le voyage est considéré comme pathogène. Le meilleur remède étant le rapatriement. Régis Airault, ancien psychiatre installé en Inde, auteur de plusieurs livres sur le sujet, fait le tour des différents syndromes du voyageur.

    Syndrome indien: Il touche spécifiquement les Européens portés vers l’Orient. Une fois sur place, notamment en Inde, le choc culturel est trop violent et se traduit par l’apparition de symptômes délirants. Le psychiatre évoque le cas d’une "jeune fille à qui on a confié un bébé quasiment mort dans les bras. Elle n’y était pas préparée."

    Ou d’une personne, prise d’hallucinations, qui avait décidé de quitter le pays à la nage, "pour rejoindre ses parents". Beaucoup ont aussi le sentiment d’être persécutés, suivis. A l’origine, les troubles ont été mis sur le compte de prise de drogues. Mais les médecins ont très vite mis en évidence un "déformatage" de la personnalité justifiant un suivi psychiatrique.

    Syndrome de Jérusalem: Il s’agit d’un épisode psychotique aigu déclenché par un séjour dans la ville sainte. "Portées par une recherche mystique, les personnes partent dans un trip d’identification au Christ", observe Régis Airault. Les croyants se sentent alors investis d’une mission évangélique en se prenant pour le Messie. L’importante charge émotionnelle ressentie lors de ces pèlerinages explique l’apparition du délire.

    Syndrome de Stendhal: Cette fois, c’est au contact d’œuvres d’art que les sujets vacillent. La ville de Florence connaît de nombreux cas de visiteurs anormalement exaltés, pris de vertiges face à la beauté des œuvres, comme Stendhal l’a décrit lors de sa visite de l’église de Santa Croce. "Il y a une perte de contrôle, mais il ne faut pas en avoir peur. Sauf s’il devient vraiment fou. Là, les amis ont plutôt intérêt à les raccompagner et raccourcir le voyage", prévient le spécialiste.

    Syndrome de Paris: Ou plus précisément syndrome des Japonais à Paris puisque cette population est spécifiquement ciblée. Leur idée préconçue de la capitale -modèle de ville romantique comme dans Amélie Poulain- vole en éclat dès qu’ils posent un pied dans un métro bondé et puant. Derrière leurs masques antipollution, ils déchantent et sombrent dans un mal-être qui peut aller jusqu’à la dépression. Désormais, certains guides touristiques déconseillent certains quartiers qui ne correspondent pas au fantasme culturel des Japonais.

    Syndrome insulaire: Les papayes fraîches et les colliers de fleurs s’accompagnent parfois d’un sentiment d‘enferment chez ceux qui rêvent d’une escapade, parfois d’une expatriation, sur une île. "A Mayotte, j’ai récemment dû rapatrier dix personnes, confrontée à leurs limites, témoigne Régis Airault. On est dans le fantasme mais au bout d’un moment il y a une réalité qui est différente." Rattrapés par l’ennui, le climat, les personnes sombrent alors dans la déprime.

    Syndrome d’Ulysse: Il en fallait bien un qui touche les voyageurs épargnés sur place. Voilà le syndrome qui touche les personnes une fois rentrées chez elles. Généralement d’anciens expatriés. Ils connaissent des difficultés de réadaptation à leur culture d’origine. Déconnectés, ils ne reconnaissent plus les lieux qui leur étaient familiers.