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occitanie - Page 6

  • Envoyé par une amie qui pense comme moi,

     et des millions d'autres!

    “Qui ne s’est pas posé la question en regardant les images à la télé, samedi, et en lisant les journaux le lendemain : un million de personnes sur les Champs-Élysées et pas une seule vitrine brisée, pas une seule bagnole ou une poubelle brûlée, même pas un flic caillassé? Comment est-ce possible? Tous les ans pour la nuit de la St-Sylvestre, ou à chaque manif plus ou moins autorisée entre Bastille et République, on y a droit. Alors pourquoi pas cette fois-ci?

    Les médias ont rivalisé en superlatifs pour rendre compte de la mobilisation populaire lors des obsèques de l’idole des jeunes. Un million de personnes. Des Champs-Élysées à la rue Royale. Les caméras filment. Les images défilent. Et le constat s’impose. Brutal. Incroyable. Invraisemblable. La France de Johnny, celle qui suscite soudainement l’admiration des journalistes et de la classe politique, est celle qu’ils abhorrent habituellement.

    Ce 9 décembre 2017, Paris a rendez-vous avec la France des années 1960 et 1970. La France d’avant. La France moisie. La France du passé. La France repliée sur elle-même. Frileuse. Égoïste. La France des beaufs et des Dupont Lajoie. Celle de la Renault 12 et de la R 8 Gordini. Celle du paquet de Gauloises bleu et du vin qui rend heureux. La France qui s’est figée. La France qui doit disparaître. Le spectacle est saisissant. Pas de voiles. Pas de diversité. Pas de bandes qui cassent et qui pillent.

    Il n’y a que la France de l’entre-soi. Celle du vivre ensemble est restée à la porte. Quoi, ma gueule, qu’est-ce qu’elle a, ma gueule? Les micros se tendent. Et les témoignages se succèdent. René. Marc. Laurence. Jean-Paul. Lucienne. Éric. Chacun raconte son anecdote. Souvent tendre. Parfois naïve. Toujours rafraîchissante. Mais le constat reste le même. Aux abonnés absents les prénoms venus d’ailleurs… La jeunesse issue des quartiers, qui doit revivifier un pays à bout de souffle, ne vibre pas aux charmes de “Gabrielle".

    Intéressant, non, comme constat? Un million de "faces de craie" dans la rue et pas un problème. Les autres, les "chances pour la France", dès qu'il y en a une vingtaine sur un trottoir, c'est le bordel ! Comme quoi il y a deux civilisations inconciliables".

     

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  • Occitanie en deuil

    Pour avoir subi dans mon âme d'enfant de 7 ans, l'effroyable douleur de la disparition (dans un accident d'une jeune sœur qui jouait sur le trottoir à mes côtés), je puis vous assurer que, soixante ans plus tard, la plaie est toujours béante.... Et que ça fait mal!

    Que ça fait mal!

    C'est une effroyable douleur qui ne peut cesser que dans la tombe...

    Toute ma compassion douloureuse pour tous ceux et celles qui souffrent....

    Une pensée émue, toute particulière, pour cette femme conductrice: son enfer commence! Surtout, ne la quittez pas des yeux, gens de son entourage!

     

  • Moi, une yéyé

     

    La source du yé-yé: Lire Edgar Morin pour mieux comprendre le phénomène Hallyday

    Il y aura donc un "hommage national". Déjà, sur les ondes, on fait le parallèle entre ce que furent les obsèques, grandioses, de Victor Hugo (1er juin 1885) et celles, à venir, de Johnny Hallyday. Le Palais de l’Elysée décidera. On évoque un parcours sur les Champs Elysées. Au lendemain du décès la presse est toujours à l’unisson, qui prolonge et entretient l’émotion.

    Reste et restera à comprendre les raisons et l’ampleur d’un tel phénomène suscité par la mort d’un chanteur. Comment, à l’étranger, observe-t-on une telle ferveur, unanime et nationale? Dans quel terreau cet inconscient collectif prend-il racine? Le Monde peut fort heureusement nous aider.

    Après avoir puisé dans ses archives en quête des premiers papiers parlant de Johnny Hallyday le quotidien né en 1944 poursuit son travail de mémoire en offrant à relire une série de deux tribunes remarquables: deux textes signés du sociologue Edgar Morin. Nous sommes alors en juillet 1963 et le sociologue baptise alors, dans ces colonnes, la jeune génération de génération " yé-yé ".  C’était au lendemain de la grand-messe organisée le 22 juin 1963 par Daniel Filipacci à la Nation pour fêter l’anniversaire du magazine Salut les copains". Dans deux tribunes, le sociologue donnait un sens à cette " nouvelle classe d’âge ", attirée par " un message d’extase sans religion, sans idéologie " véhiculé notamment par un ‘’très viril’’ Johnny " explique aujourd’hui Le Monde.

    Le premier texte est intitulé " Une nouvelle classe d’âge ".

    Edgar Morin y analyse notamment le cadre socio-économique dans lequel émerge et se développe alors un phénomène dont il pressent la nouveauté et l’importance. Extraits :

    " La vague de rock’n roll qui, avec les disques d’Elvis Presley, arriva en France ne suscita pas immédiatement un rock français. Il n’y eut qu’une tentative parodique, effectuée par Henri Salvador, du type Va te faire cuire un œuf, Mac. La vague sembla totalement refluer: mais en profondeur elle avait pénétré dans les faubourgs et les banlieues, régnant dans les juke-boxes des cafés fréquentés par les jeunes. Des petits ensembles sauvages de guitares électriques se formèrent. Ils émergèrent à la surface du golf Drouot, où la compétition sélectionna quelques formations. Celles-ci, comme Les Chats sauvages, Les Chaussettes noires, furent happées par les maisons de disques. Johnny Halliday (sic) monta au zénith. Il fut nommé " l’idole des jeunes ".

    " Car ce public rock, comme aux États-Unis quelques années plus tôt, était constitué par les garçons et filles de douze à vingt ans. L’industrie du disque, des appareils radio, comprit aux premiers succès que s’ouvrait à la consommation en France un public de sept millions de jeunes: les jeunes effectivement, poussés par le rock à la citoyenneté économique, s’équipèrent en tourne-disques, en radio, transistors, se fournirent régulièrement et massivement en 45 tours".

    " Le succès de Salut les copains ! est immense chez les décagénaires (comment traduire teenagers?). Les communications de masse s’emparent des idoles-copains. Elles triomphent à la T.V. (…)  Le music-hall exsangue renaît sous l’affluence des copains: les tournées se multiplient en province, sillonnées par les deux groupes leaders, le groupe Johnny-Sylvie et le groupe Richard-Françoise. Paris-Match consacre chez les " croulants " le triomphe des copains puisqu’il accorde aux amours supposées de Johnny et Sylvie la place d’honneur réservée aux Soraya et Margaret".

    " De quoi s’agit-il? " demande Edgar Morin. Il répond : de la promotion de nouveaux artistes de la chanson: de  l’irruption puis de la diffusion du rock et du twist français: d’un épisode important dans le développement du marché du transistor et du 45 tours: d’un épisode important dans l’extension du marché de consommation à un secteur jusqu’alors hors de circuit, celui des décagénaires". Ce phénomène, qui s’inscrit dans un développement économique, ne peut être dilué dans ce développement même, poursuit-il. La promotion économique des décagénaires s’inscrit elle-même dans la formation d’une nouvelle classe d’âge, que l’on peut appeler à son gré (les mots ne se recouvrent pas, mais la réalité est trop fluide pour pouvoir être saisie dans un concept précis) : le teen-âge, ou l’adolescence. J’opte pour ce dernier terme".

    "À la précocité sociologique et psychologique s’associe une précocité amoureuse et sexuelle (accentuée par l’intensification des " stimuli " érotiques apportés par la culture de masse et l’affaiblissement continu des interdits) Ainsi le teen-age n’est pas la gaminerie constituée en classe d’âge, c’est la gaminerie se muant en adolescence précoce. Et cette adolescence est en mesure de consommer non seulement du rythme pur, mais de l’amour, valeur marchande numéro 1 et valeur suprême de l’individualisme moderne, comme elle est en mesure de consommer l’acte amoureux".

    Le titre du deuxième texte fera date: " Le yé-yé "

    " (…) Il y a une frénésie à vide, que déclenche le chant rythmé, le " yé-yé " du twist. Mais regardons de plus près. En fait, à travers le rythme, cette musique scandée, syncopée, ces cris de yé-yé, il y a une participation à quelque chose d’élémentaire, de biologique. Cela n’est-il pas l’expression, un peu plus forte seulement chez les adolescents, du retour de toute une civilisation vers un rapport plus primitif, plus essentiel avec la vie, afin de compenser l’accroissement continu du secteur abstrait et artificiel?

    "D’autre part les séances twisteuses, les rassemblements twistés sont des cérémonies de communion où le twist apparaît comme le médium de l’inter-communication: le rite qui permet aux jeunes d’exalter et adorer leur propre jeunesse. Une des significations du yé-yé est " nous sommes jeunes".

    " Par ailleurs, si l’on considère le texte des chansons, on y retrouvera les thèmes essentiels de la culture de masse. Ainsi le "yé-yé " s’accouple avec l’amour: "Avec toi je suis bien, Oh yé-yé" chante Petula Clark et Dany Logan: " Oh ! oui chéries on vous aime malgré tout, Oh ! yé-yé Oh ! Oh ! yé-yé " (Vous les filles).

    "Le yé-yé immerge dans les contenus de la culture de masse pour adultes, certes, mais nous ne devons pas dissoudre son caractère propre. Celui-ci nous introduit dans un jeu pur, dans une structure de vie qui se justifie essentiellement dans le sentiment du jeu et dans le plaisir du spectacle. Cette structure peut être dite nihiliste dans le sens où la valeur suprême est dans le jeu lui-même. (…)"

    Au final Edgar Morin suggère un ouvrage aux lecteurs du Monde : celui de  Georges Lapassade: " L’entrée dans la vie" (Coll. Arguments: Éditions de Minuit, 1963).

    https://jeanyvesnau.com/2017/12/07/a-la-source-du-ye-ye-lire-edgar-morin-pour-comprendre-le-phenomene-hallyday/

     

     

  • Le caca nerveux de Mélenchon

    Jean-Luc Mélenchon, qui semble avoir des aigreurs d’estomac, s’est cherché une bonne raison de râler. Le 112e anniversaire de la loi de 1905 lui semble incompatible avec l’hommage populaire rendu à Johnny Hallyday.

    Outre que l’on ne voit pas très bien le rapport, et que l’on ne se rappelle pas l’avoir vu marquer le coup les 9 décembre des années précédentes, il multiplie les approximations, les contresens et les procès d’intention.

    Macron n’a pas " participé à une messe "

    Dans l’ordre : il croit malin quoiqu’on se demande que ce que ça fout là de nous rappeler que le président de la République française est " chanoine de Latran ". Qu’est-ce que cette tradition folklorique peut bien lui faire? Eh bien, on va en profiter pour lui rappeler que le président de la République française est également un prince. Celui de la principauté d’Andorre, dont il est co-prince avec l’évêque d’Urgel (à bas la calotte!). Mon Dieu, quelle horreur un président–prince, ça rappelle le prince–président!

     

    Il reproche à Emmanuel Macron de "participer à une messe". Mauvaise pioche! C’était une simple bénédiction sans que se déroule ce que les chrétiens appellent " le sacrifice de la messe ". Et ensuite, Emmanuel Macron qui est assez malin, a prononcé son discours devant l’église, et n’a pas béni le cercueil avec le signe de croix à l’eau bénite à la fin de la cérémonie.

    Les pavés de Paris sont-ils antirépublicains?

    Il nous dit ensuite que l’église de la Madeleine est un " monument religieux contre-républicain "et ajoute élégamment, ce qui tombe comme un cheveu sur la soupe, que la Madeleine en question était une pute. Et que cette église de perdition serait en face de l’Assemblée nationale. En face? Il y a pas loin de deux bornes, il faut emprunter toute la rue Royale, traverser entièrement la place de la Concorde, arpenter le pont du même nom car l’Assemblée est de l’autre côté de la Seine!

    Ah, mais ce qui contrarie aussi Jean-Luc Mélenchon dans le choix de l’église de la Madeleine par la famille de Johnny Hallyday de confession catholique, c’est que les rues qui y mènent, portent le nom d’avocats. Et pas n’importe lesquels, ceux qui ont fait leur devoir républicain en défendant Louis XVI et Marie-Antoinette et qui, pour solde d’honoraires, sont passés sous la guillotine. Un bon républicain doit donc, pour Jean-Luc Mélenchon, se garder de marcher dans ces rues? C’est original.

    Les accommodements laïcistes de Jean-Luc Mélenchon

    Enfin, on a droit à la référence ultime, Clémenceau le Père la Victoire, aussi appelé le " perd la Victoire ", qui avait refusé de rentrer dans Notre-Dame pour le Te Deum de cette victoire en 1918. On profitera de l’occasion pour rappeler à Jean-Luc Mélenchon que son cher Clémenceau fut également un fusilleur d’ouvriers sur le carreau des mines et que, comme héros socialiste, on fait mieux. On lui rappellera également que Charles de Gaulle, qui a aussi quelques titres républicains à faire valoir, est rentré dans Notre-Dame en août 1944 pour le Te Deum de la libération de Paris. Et que le même, d’ailleurs catholique pratiquant, allait en général à la messe où, président de la République, il veillait à ne pas aller communier.

    Jean-Luc Mélenchon ayant été singulièrement discret sur la question des prières de rue de Clichy, ce message Facebook sévèrement à côté de la plaque serait-il le signe que son laïcisme serait à géométrie variable?

    Au rendez-vous raté de la France d’en bas

    Il est incontestable que la France d’en haut était à l’intérieur de l’église de la Madeleine, Emmanuel Macron ayant compris qu’il ne fallait pas rater l’occasion d’envoyer un message à cette France d’en bas qui ne l’aime pas. La récupération est évidente, elle a été habile, mais il n’est pas sûr du tout qu’elle laisse beaucoup de traces. Johnny Hallyday parti, la vie va continuer et elle ne sera toujours pas facile.

     

    La France d’en bas qui était d’ailleurs dans la rue pour saluer le départ de celui qu’elle considérait comme l’un des siens.

    "Le public qui prend le faux pour du vrai, a le sens du vrai et il réagit toujours devant lui quand il se manifeste. Pourtant ce n’est pas sur la scène qu’il faut le chercher aujourd’hui, mais dans la rue ; et qu’on offre à la foule des rues une occasion de montrer sa dignité humaine, elle la montrera toujours."

    Et c’est à ces gens-là qu’il faut parler : une partie d’entre eux a fait le score de Mélenchon au premier tour de la présidentielle. L’échec du FN et son recentrage sur son héritage d’extrême droite leur impose d’aller vers Mélenchon. Et ce n’est pas en tentant de les mobiliser autour d’un anticléricalisme suranné et inutile dans un pays en voie de déchristianisation ou avec des mots d’ordre qui ne les concernent pas, quand ils ne sont pas carrément absurdes, qu’il réussira à les rallier. Les insoumis me rappellent ma jeunesse quand les groupuscules trotskistes " lambertistes " AJS, OCI, PCI et autres nous délivraient forces injonctions ineptes.

    https://www.causeur.fr/melenchon-hommage-johnny-macron-laicite-148308